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2. I.e sergent Fremigacci avait vu H. Boura et H. Rezegallah, et fait dit-on à ses supérieurs sur l'O. Messaoud des rapports oraux qui n'ont pas réussi à forcer l'attention. (Cf. Mussel dans Bulletin du Comité de CAfr.fr., août 1007, p. 311.)

utilisables pour déterminer le sens général de la pente. L'équilibre barométrique est très instable, le Sahara est le pays du vent, des orages secs, brusques et violents; le passage d'une dépression entraîne des oscillations qui vont facilement à une dizaine de millimètres, et qui masquent tout à fait les oscillations faibles et graduelles déterminées par le changement de niveau. L'existence et l'allure de l v O. Messaoud à H. Boura est donc une indication très précieuse que la grande plaine se draine au sud-ouest. Le chapelet des oasis du Touat ne jalonne pas le moins du monde, comme I on Ta cru d'abord le fond d'une cuvette; c'est un accident très important sans doute au point de vue humain, comme aussi au point de vue géologique, mais insignifiant comme dénivellation dans une grande plaine doucement inclinée au sud-ouest.

Et que dans cette direction il ait existé très anciennement une tendance à la dépression dans les compartiments de l'écorce terrestre c'est ce que semblerait indiquer la composition géologique du sol. La continuité des dépôts infra-crétacés est simplement interrompue par des horsts primaires médiocrement étendus, et, dans l'état actuel de nos connaissances, rien n'empêche de croire que les grès albiens du Touat ne rejoignent, à titre de formation à peu près synchroniquejes grès analogues du Djouf et du Soudan. L'idée que nous nous faisions de cette partie du Sahara se trouve donc modiliée.

Si l'on peut être afGrmatif sur l'existence même de l'O. Messaoud, on ne peut pas indiquer avec précision son tracé au sud et au nord d'Haci Boura.

Haci Rezegallah. — Tout d'abord, Ilaci Hezegallah, le point le plus occidental de l'itinéraire est lui aussi un puits creusé dans le lit d'un oued quaternaire. Le lit est bien marqué entre ses falaises, et tapissé d'une maigre végétation partout où il n'est pas ensablé. Malgré cet ensablement, qui va fréquemment jusqu'à l'enfouissement sous des dunes puissantes, il n'est pas douteux que ce lit, après des méandres répétés, n'aille rejoindre celui de l'O. Messaoud, avec lequel il fait un angle prononcé; — mais est-ce à titre de continuation, ou d'aflluent? En un point situé à peu près au coude formé par la réunion des deux oueds, on se trouve au sommet d'une falaise de calcaire carboniférien violet, pétri de fossiles clairs, à l'assaut de laquelle des dunes montent à droite ou à gauche, ce qui restreint malheureusement la vue d'ensemble. Cette falaise est la continuation indubitable de celle qui borde au nord le lit de l'O. Bezegallah, comme aussi de celle qui borde a l'ouest le lit de l'O. Messaoud. Mais droit devant soi, au sud, on n'aper

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çoit plus la contre-partie attendue, l'autre rive. En contre-bas, très loin à perte de vue, on a sous ses pieds un paysage un peu indistinct, brouillé par l'entre-croisement et le poudroiement de petites dune3, mais qui semble bien être une immense plaine et peut-être une sebkha. Tout se passe donc comme si 1*0. Messaoud et l'O. Kezegallah se rejoignaient dans une sebkba. Mais de cette sebkba, d'ailleurs hypothétique, 1*0. Rezegallah est-il un affluent ou un effluent? Autant de questions qui naturellement ne peuvent pas se trancher a priori.

Ce qui est certain, c'est que, dans la région de H. Boura et de H. Rezegallah, l'oued Messaoud, sinon l'actuel du moins son prédécesseur quaternaire, n'est pas le moins du monde au bout de sa course ; l'intensité de ses érosions l'atteste; il serait absurde de supposer qu'il finisse là; il continue, au contraire, dans une direction qui semble le conduire au Djnuf et à Taoudéni. Aussi bien nous sommes ici, à Itezegallah, sur la route indigène de Taoudéni.

Haci Sefiat. — Au nord de Haci Boura, le lit de l'oued Messaoud est barré par un sif d'erg que je n'ai pas franchi. D'autre part, au nord du Touat, le cours de ce même oued a été relevé soigneusement par les officiers des oasis, depuis Fou m et Kheneg jusqu'à la hauteur de Tesfaout. Son lit très net, mais quelquefois bi et trifide, est jalonné de puits. La route directe de Bouda à Ksabi ne s'en écarte guère. (Voir cartes Niéger et Prudhomme.) La zone d'incertitudes sur le tracé exact du fleuve va donc de Tesfaout à Haci Boura.

Entre ces deux points, l'itinéraire de Haci Sefiat nous fournit pourtant un jalon. Il recoupe deux grands lits quaternaires, tous deux orientés N.-S. Le plus oriental est un grand cirque d'érosion, très profondément gravé (une dizaine de mètres au moins), semé de garas, largement ouvert au sud ; il est clair qu'une rivière puissante a été à l'œuvre ici, mais on ne reconnaît plus son passage qu'à son travail d'érosion; tout est desséché et parfaitement nu. L'oued, dans le lit duquel se trouve le puits de Sefiat, a conservé au contraire un reste de vie; il est vrai que l'eau du puits est saumàtre au point d'être imbuvable; les touffes vertes de hàd qui tapissent le lit sont si amères, si chargées de sel, que les chameaux n'en veulent pas, quoique le hàd passe pour leur friandise favorite. Ce n'en est pas moins la seule trace de verdure et le seul puits qu'on rencontre depuis le Touat. Apparemment c'est l'oued Messaoud, et on serait tenté de croire que le grand cirque d'érosion desséché représente un bras mort. Autour de Haci Sefiat le lit est très large et très puissamment érodé, il ressort avec

LES OUEDS ET LES DUNES 2b

netteté malgré l'envahissement des dunes. Il semble d'ailleurs qu'on ait affaire à un conlluent.

Le réseau des affluents. — Autour de l'artère principale le réseau des affluents commence à se dessiner sur la carte.

0. Djar'et'. — Les vieilles cartes par renseignements font de l'O. Djar'et un affluent de l'O. Messaoud, et placent le confluent dans le Bas-Touat au voisinage de Taourirt. C'est aujourd'hui un des oueds les mieux connus du Sahara; les officiers des oasis ont reporté sur la carte le réseau compliqué des oueds du Mouidir, dont la réunion constitue FO. Bota, qui prend plus bas le nom d'O. Djar'et. Qu'il aille rejoindre FO. Messaoud, ce n'est pas douteux, mais la jonction n'a certainement pas lieu au Touat; cela ressort avec évidence de l'itinéraire Taourirt-Ouallen (en. compagnie du lieutenant Mussel) *.

Il y a bien au sud, et à proximité de Taourirt, un point d'eau, Hacian Taibin, sur le bord d'une petite sebkha, mais la seule rivière qui y aboutisse est FO. Chebbi, descendue du Tadmaït. Le bassin de FO. Chebbi reste séparé de celui du Djar'et par une apophyse hercynienne dj. Aberraz) et par un horst calédonien (Bled el Mass). En arrière de cet obstacle puissant, l'O. Djar'et s'est étalé en une immense sebkha, qui porte le nom de Mekhergan, et qui ne se trouve encore portée sur aucune carte, mais sur laquelle un certain nombre de détails précis ont été réunis.

La sebkha commence déjà sous le méridien d'Akabli (itinéraire Laperrine-Villatte); l'itinéraire Taourirt-Ouallen la rencontre à, 80 kilomètres sud-est de Taourirt à vol d'oiseau, précisément au pied d'une butte de calcaire rccifal dévonien, qui s'appelle Garet-ed-diab. Avec des étranglements et une allure en chapelet, on la voit se continuer vers le sud pendant une soixantaine de kilomètres au moins et peut-être une centaine jusque sous le parallèle du puits deTikeidi*, au voisinage duquel FO. Meraguen venu de FAçedjerad se perd dans une sebkha qui semblerait un prolongement de la sebkha Mekhergan. Elle a donc des dimensions énormes, 150 kilomètres de long peutêtre, et la plupart du temps elle s'élargit à perte de vue. C'est un trait tout à fait essentiel de la géographie quaternaire, le réceptacle commun de l'oued Djar'et et de toutes les rivières de l'Ahnet.

Au voisinage d'Akabli, c'est-à-dire à l'embouchure de FO. Djar'et, on signale des fondrières dangereuses, et l'on peut supposer par

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