‹ Sahara algérienChapitre 26 sur 119 · I. Pomel, /. c Bubalus untiquus, Pl. X, p · texte numérisé non relu

I. Pomel, /. c Bubalus untiquus, Pl. X, p

SAHARA ALOKM1ES

une figuration de chameau (8), une gravure tout à fait indéchiffrable (13), et enfin des cavaliers porteurs du bouclier rond et des trois sagdies. C'est l'ornement classique des Libyens sur les stèles d'Alger

J'ai reproduit ci-contre une de ces stèles provenant de la Grande- Kabylie. L'analogie saute aux yeux. Il est clair que nous avons dans ces trois gravures 9, 10 et 12 une représentation grossière dn « cavalier numide » ou « gétule ».

Ce sont les seules figures humaines que j'aie notées dans la station avec une toute petite figure à phallus dressé entre les cornes du Bubalus antiquus.

Station d'Ain Memnouna. — Je n'ai pas vu la station d'Aïn Memnouna. Mais M. le lieutenant Voinot a bien voulu m'adresser à son sujet des dessins et des notes détaillées.

Elle est relativement voisine de Barrebi, dans une région qu'on peut encore considérer comme une dépendance de l'Atlas, entre la Zousfana et le Guir, mais plus près du Guir. « La station, dit le lieutenant Voinot, est à environ 1 oOO mètres au sud de la source, en dehors de la gorge et à l'est du medjbed allant du Guir à l'Ain Memnouna. Les dessins sont gravés sur les pierres de la hammada.

« Les dessins de la station de l'Aïn Memnouna présentent les mêmes caractères que ceux attribués à l'époque préhistorique par M. Flamand. La gravure est faite en creux au simple trait de 1 à 2 mm. de largeur et de faible profondeur, surtout dans quelques parties fort usées. Le trait est patiné dans le même ton que le grès. Les lignes des gravures ont été tracées avec une grande sûreté de main. Les allures générales des animaux représentés dénotent un réel essai d'observation de la nature, et la plupart des dessins ne manquent pas de grâce malgré la simplicité de leur exécution. »

En somme, la station est à plat, à même la hammada, sous les pieds des passants, sur des plaques de grès horizontales. Le cas n'est pas isolé quoique, en général, le graveur utilise une paroi verticale.

Les gravures sont incontestablement anciennes.

M. Voinot ne dit pas qu'il ait estampé ou calqué; ses reproductions sont, je crois, de simples dessins, ne visant pas à une exactitude rigoureuse. La station d'ailleurs est très éloignée de nos postas actuels, elle n'a été vue qu'en passant au cours d'une randonnée rapide.

1 . Instructions adressées par le Comité des travaux historiques. — Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique, p. 00, llg. 21.

Ces dessins de M. Voinot sont au nombre de sept (fig. 48). Dans le 1 il reconnaît une antilope adax: dans le n" 3 une gazelle (le dessin géométrique à côté de la gazelle restant indéterminable) 1 ; dans le n° 5 M. Voinot croit reconnaître un demman, mouton à poil; mais, sous cette réserve qu'il a vu la gravure elle-même, il me semble que le dessin, à tout le moins, suggérerait plutôt l'idée d'un Dos ibericus,

Fijr. 18. — Gravures rupestres de In station d'Ain Memnonnn. — Dessins de M. le

lieutenant Voinot.

1. Antilope adax. — ± Ane? — 3. Gaxelle. — 5. Mouton ou b<ruf ? — 6 et 7. Taureau.

(Finuro cilndtc de L'Anlhro^loaie. Mai.on cl O, ^dlt.)

bœuf à cornes recourbées devant les yeux (?) Pour M. Voinot, 2 est un âne, 6 un taureau, 4 une figure cabalistique, et 7 derechef un taureau. « C'est la plus belle gravure de la station sans contredit; les longs poils du mufle et de l'organe sexuel sont nettement représentés. Ce bœuf a l'air de porter une selle. »

1. On le retrouve dans une inscription du Gourara copiée par le commandant Deleuze (Flamand, Note sur quelques stations nouvelles, etc., pl. Vj.

Station de Hadjra Mektouba. — A mi-chemin entre Beni Abbès et Kerzaz, sur la rive droite de la Saoura, à 4 ou 5 kilomètres de l'oued une couche de calcaire mésodévonien affleure au milieu des dépôts continentaux mio-pliocènes et forme une sorte de trottoir large à peine d'une dizaine de mètres et long de plusieurs kilomètres. (Voir pl. XXXII, phot. 61.) Cet affleurement est couvert de dessins rupestres et porte en conséquence le nom de Hadjra Mektouba (les pierres écrites)

Il n'est pas tout à fait sans exemple que des dessins rupestres soient gravés sur le calcaire. M. Flamand signale une station de ce genre dans le Tadinaït*. Elles sont très rares.

A la station de Hadjra Mektouba, ce qui frappe d'abord ce sont

Fiff. 19. — Gravures- rupestres de la station de Hadjra Mektouba. Réfaction au vingtième d'après calques.

des inscriptions arabes récentes; on reconnaît facilement des actes de foi (il n'y a de Dieu que Dieu, etc.). La station se trouve, en effet, sur le chemin des pèlerins qui vont ii la zaouia très vénérée de Kerzaz.

J'ai relevé (tig. 11), n° I) une inscription arabe, d'ailleurs indéchiffrable, encadrée dans une ligure géométrique, dont M. Basset, l'arabisant éminent, directeur de l'École des Lettres, ignore la signification. A titre d'hypothèse il suggère l'idée que ce pourrait être un mekkam (souvenir d'un marabout quelconque qui aurait séjourné, prié, etc., sur ce point précis). A coup sûr la station de Hadjra Mektouba est au point de vue islamique une sorte de lieu saint.

On distingue aussi quelques lettres tiiinar', mais en petit nombre, et de mauvaises gravures libyco-berbères ; j'ai noté un méhariste à bouclier rond.

1. Celte station est la même que « elle qui a été étudiée par ouï-dire par M. Flamand sous le titre Gravures et inscriptions rupestres relevées entre lieni Abb'es et te Usar d'el <ht.jarta (Note sur quelques stations nouvelles, etc., lititletin de <jèo<prnphie historique et descriptive, n" 2, 11)05). El Otipirlu est une leelure fautive pour ef Ouata.

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