I». 1071. flg
106 SAUAHA ALGÉRIEN
En somme, toutes les figures reproduites, moins une ou deux douteuses, sont indubitablement récentes. Et d'abord la faune reproduite
ŒDJV
Fig. 22. — Aguclmun Tamana.
A, 0 m. 50 de la trto à la qnouc. D, hauteur moyenne 0 m. 10 à 0 m. 15. r, 0 m. 20 à 0 m. 30 < la tête a la queue. D, 1 mètre do droite à trauclio. K, 0 m. :>0 de la têto à la queue. F, dessint » gauche o m. 10 en moyenne, celui de drotto 0 m. 3 ».
if ipirc extraite <le i:AnthTo,,olo.jit. Va» MD et O». rdit )
n'est plus du tout cello du col de Zenaga. La présence du chameau est à elle seule significative. On est généralement d'accord pour
ETHNOGRAPHIE SAHARIENNE 107 admettre que le chameau n'a été introduit ou réintroduit dans
Fiir. 2*1. — Tin Sennsset.
A a 0 m. 15. B, 0 ni. 08 à 0 m. 10. C. 0 in. 30. I). 1 mètre Je la tote à la queue.
;Flgiir<- c\lm(l(> île L'AnthTo)>ot >i" Ma«»mi <-i I'.". « s dll.!
l'Afrique nord-occidentale que dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, il ne semble y être abondant que vers l'époque de Justi-
nien'. Sans entrer dans la question, c'est un fait positif qu'on ne connaît aucune figuration de cet animal dans les nombreuses stations déjà connues de vieilles gravures ; elles abondent au contraire dans les graffitli libyco-berbèrcs.
Tous les autres animaux qui accompagnent le dromadaire', dans les ligures ci-jointes sont contemporains : le cheval (fig. 23, A) et l'Ane (fig. 21, B); le mouflon $g. 20, A), la gazelle (fig. 21, A); le chien (lig. 20 et 21); l'autruche (lîg. 22, B; fig. 24, B, et fig. 21, B) sont encore des animaux familiers aux habitants du Mouidir-Ahnet.
11 en est de môme de l'animal figuré en A figure 24 et en 2 figure 25 qu'on y voie une chèvre ou une antilope adax.
Les bœufa sont très fréquents (fig. 22, A ; fig. 24, A et D ; fig. 23, D ; et sans doute aussi fig. 22, E). Oi les représente bâtés (fig. 22, I) et fig. 25, n" 5).
On sait que les bœufs zébus, originaires du Soudan, font partie du cheptel habituel au Hoggar 1 . Au Soudan à tout le moins on les utilise comme bètes de somme.
Le sanglier (fig. 21, A) existe peut-être au Hoggar? et en tout cas dans TAdrar' des Ifor'ass (phacochère), et dans l'Air.
La station de Foum Zeggag, qui par ailleurs est insignifiante, a ceci de particulier qu'on y voit deux éléphants incontestables, l'un a environ 1 m. 50 dans sa plus grande dimension, l'autre 0 m. 50. C'est ce dernier qui est reproduit ci-contre d'après un simple dessin (et non pas d'après un calque) ligure 25. Ces gravures d'éléphants ne sont pas patinées, et à leurs dimensions près elles n'ont aucun des caractères qui caractérisent les vieilles gravures. Si l'éléphant est tout à fait étranger à la faune de l'Ahnet, il ne faut pas oublier que les Touaregs de l'Ahnet passent les années de sécheresse dans l'Adr'ar des Ifor'ass, où ils sont chez eux, à proximité du Niger. L'éléphant leur est familier, comme d'ailleurs la girafe.
Je n'essaie pas davantage d'identifier des dessins mal venus et cocasses (fig. 22, C et F).
En résumé, comme conclusion d'ensemble, toute cette faune est contemporaine. Elle n'est pourtant pas rigoureusement actuelle. Il y
1. Voir ln bibliographie do la question dans Flamand : Pierres écrites. Société d'nnthropoloijic de Lyon, 20 juin 1001, p. M. Voir aussi : Flamand, I>e l'Introduction du chameau dans l'A Trique du Nord. XIV" Couvris des orientalistes. — l.eféhure. Le chameau «mi l^-ypte. ihi<(., et particulièrement II. Uasset : Le nom du chameau chez les Berbères (ce nom est dérive de l'arabe).
2. Je sais naturellement que celte appellation de dromadaire est la seule exacte; mais la distinction entre chameau et dromadaire n'est maintenue que dans les dictionnaires; elle n'est pas de langue courante.