‹ Sahara algérienChapitre 30 sur 119 · TYPE DE GRAVURES RUPESTRES SL R GRaNJT (Hoggar · texte numérisé non relu

TYPE DE GRAVURES RUPESTRES SL R GRaNJT (Hoggar

ETHNOGRAPHIE SAHARIENNE lit

les figures sont grandes, la plupart ont de 0 m. 50 à 0 m. 75, c'est-àdire que la somme de travail est considérable. Nous ne sommes plus

A, d'après tine boono photographie ; le bovidé du milieu a 0 m. :>0 do la tHc à la quoue. R, 0 m. 15 fl 0 m. \0. C, 0 m. 20. D, 0 m. 75 de la tf>to à la queue. E, porsonuages d en haut. 0 m. 10. colui d'en ba*. 0 m. 20.

(Kinure c»tr»h« de L Anthro { .ologit. *•»»■>■. cl O- Mil.)

en présence de graffitti œuvre de quelques minutes de désœuvrement, il faut supposer chez l'auteur un travail soutenu et une certaine habitude de la main.

112 SAHARA ALfiKRIEX

Pourtant les gravures de l'Ahnet se distinguent de celles de Zenaga. non seulement par l'absence de patine, mais encore par la différence de facture. M. Flamand, en matière de gravures sud-oranaises, distingue le trait profond, régulier, qui caractérise les gravures antiques et le « pointillé produit par une série linéaire de percussions », qui caractérise les gravures libyco-berbères. Celles qui nous occupent ne sont ni gravées profondément ni pointillées par percussion; la patine superficielle de la roche a été enlevée par grattage, tantôt suivant des lignes, tantôt sur de larges espaces (fig. 21, A; fig. 23, C; fig. 21, A), tantôt sur la totalité de la figure (voir surtout fig. 20, A). Erwin de ftary note, dans l'Air, au rocher de Dakou, « des figures d'hommes, de chameaux et de chevaux qui y sont gravées. Les dessins ne sont pas taillés dans la pierre à l'aide d'un ciseau et résultent seulement d'un yratlayc 1 ».

-Notez «Tailleurs que nous sommes au désert où les roches sont couvertes d'une patine très foncée. Les grès éodévoniens en particulier sont des masses de quartz peintes en noir; la moindre égratignure, le moindre grattage fait apparaître un dessin très blanc sur fond très noir. Avec une pareille matière le graveur obtient avec un minimum «l'effort un maximum d'effet utile.

Déjà, à Harrebi, nous avions vu apparaître entre les graffilti libyco berbères et les gravures anciennes un type de transition. Ce type s'affirme au Mouidir-Ahnet.

La décadence ici a été bien plus lente et progressive, les traditions de gravure se sont maintenues plus longtemps.

En résumé la race berbère, qui dans le Tell a perdu d'assez bonne heure ses anciennes aptitudes artistiques, les a conservées au contraire dans le Sahara jusqu'à une époque voisine de nous.

Station de Timissao. — On a longuement insisté sur les stations du Mouidir-Ahnet, qui présentent un intérêt particulier. Celle de Timissao a beaucoup d'analogies avec elles malgré la distance.

La station de Timissao a été signalée par le colonel Laperrine. Elle se trouve à côté du puits dans une caverne de la falaise en grès éodévouien. Le mot caverne est ambitieux, il faudrait dire plutôt abri sous roche. De cette grotte, si l'on veut, le plancher, les murs et le plafond sont couverts de gravures et d'inscriptions que j'ai examinées d'une façon un peu sommaire (lig. 2o).

Ici, au contraire d'Ouau Tolira, il existe quelques dessins qui

t. Journal de voyais de... Traduit et annote par Schirmer. Paris. Fisc h hocher, 1S0S, p. u.i.

paraissent anciens. Par la patine ils ne se distinguent pas de la roche, il est vrai que ce signe a moins de valeur ici qu'ailleurs. Tous ces dessins, en effet, sans exception sont sur le plancher de la grotte, c'est dire qu'ils ont été foulés par les pieds de générations, ils ont dû se patiner plus vite. Mais le trait est profond et assez net. Noter dans la figure 4 la longueur disproportionnée des cornes. Evidemment l'artiste a campé le corps de son animal de trois quarts et la tête de profil, pour mettre les cornes en valeur; cette recherche de l'efTet et cette pose compliquée sont dans le nord caractéristiques des plus vieilles gravures.

Les animaux représentés sont actuels cependant. 7 semble bien

Fi?r. 25. - Gravures rupestres des slntions de Fou m Zeggng (I); de Ounn Tolna

(2. 3, 5); de Timissao (4, 6. 7).

K<Mncti<->!) au vingtième d'apri-s calques el ustanipagos (sauf 1 qui a été nimploinent dessiné..

Kinure r\ irait de /,' Anthropologie. M»»«-m cl •:>«. t'iht ,

représenter un bœuf de l'espèce Dos iberiens. Et je crois que i et 0 représentent des antilopes adax. Notons pourtant que Poinel 1 , à propos d'animaux analogues, propose d'une façon tout à fait affir mative l'identification avec l'antilope oryx (cf. Leucoryx Lichl), encore qu'il n'en ait pas authentiqueinent constaté la présence dans la faune quaternaire algérienne. Mais l'oryx ne se trouve plus aujourd'hui qu'en Egypte, l'adax au contraire est un familier du Sahara algérien, et ses cornes ressemblent à celles de l'orvx, assez du moins pour qu'il soit imprudent de vouloir les distinguer sur une gravure rupestre.

Stations Ifor ass. — Dans l'Adr'ar des Ifor'ass je suis en mesure de signaler quatre stations d'importance inégale, malheureusement je n'ai pas pu en étudier sérieusement une seule.

t. L. c, Us Antilopes Pallas, p. 34, et flç. I. 2, 3, 4 de la pl. XV.

»AHABA. ALGKHIBN H

Avant d'arriver à notre campement de l'oued Taoundrart, à trois kilomètres environ, j'ai vu quelques lettres tifinar' et un dessin informe d'animal; le tout était gravé sur une roche éruptive.

Une très belle station se trouve à Ras Taoundrart dans les gorges de l'O. Assanirès. Les dessins sont gravés sur une muraille presque verticale de granit. Les inscriptions tifinar' y abondent; les dessins sont du type libyco-berbère saharien, un certain nombre de chameaux, et beaucoup de chevaux, des lions.

M. Chudeau a vu une station de gravures rupestres sur granit à In Fenian; trois ou quatres figures, dont un cheval.

Enfin dans l'oued Tougçemin, à trois kilomètres est du campement, j'ai vu sur granit quelques autruches et un animal informe où on aurait pu reconnaître une girafe.

En somme, dans l'Adr'ar des Ifor'ass la présence des gravures rupestres est incontestable, elles ressemblent à celles du nord, autant qu'on peut en juger après un examen sommaire, elles sont toutes du type récent; ici où le grès fait défaut la matière préférée est le granit.

Stations du Hoggar. — M. Chudeau a signalé de très beaux dessins rupestres au Hoggar, au confluent des oueds Outoul et Adjennar, entre Tamanr'asset et Tit; une girafe paissant, en particulier, est fort bien réussie.

Sur cette même station peut-être, ou en tout cas sur une autre toute voisine, dans l'oued Adjennar, Motylinski nous donne des détails plus circonstanciés Il signale en effet une girafe — puis beaucoup de bœufs ou de vaches qui semblent analogues à ceux de l'Ahnet (il en est de bâtés; Motylinski mentionne à leur cou des appendices, cordes ou fanons (?) qu'on retrouvera sur nos figures) — beaucoup d'autruches aussi — une chasse au mouflon avec chiens qui fait songer au tableautin de Taoulaoun, — des chevaux, des ânes, des méharis assez soignés pour qu'on distingue la forme de leur selle, ils portent la rahla actuelle, au pommeau en forme de croix — deux vaches à bosse et une autruche sont non pas gravés mais dessinés à l'ocre, ce qui semble exclure une antiquité reculée.

Motylinski nous signale une autre belle station dans une partie éloignée du Hoggar, tout à fait au nord, aux limites du Mouidir, à la gara Tesnou. Il y a dessiné sur son carnet, un peu trop sommairement, un éléphant qui pourrait bien être ancien.

D'autre part il a silhouetté à Tit une vache à très grandes cornes.

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