Rapport inédit de M. Ficheur au gouverneur général
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Ziregr ces mêmes calcaires se replient et passent sous le Dévonien.
L'âge atlique de ce pli est de toute évidence, puisque les calcaires cénomaniens y participent énergiquement.
Au sud de la faille les conditions sont tout autres. L'altitude s'abaisse brusquement, le Béchar est plus bas que l'Antar de 500 à 600 mètres. Du haut de l'Antar on aperçoit le Béchar et l'Orred étalés à ses pieds comme en projection planimétrique. (Voir pl. XX, phot. 39.)
Le Béchar et l'Orred sont les épaulements nord et sud d'un synclinal largement étalé, au centre duquel est le poste de Colomb- Béchar, et dont le fond est recouvert par le placage cénomanien et l'ennoyage récent (fig. 29).
Le Cénomanien est resté horizontal au centre, mais il est redressé au nord et au sud, tant sur les flancs de l'Orred que sur ceux du Béchar, où il constitue les curieuses collines de Bezazil Kelba. (Voir pl. XXIV, phot. 46.) Le synclinal hercynien a donc rejoué récemment, quoique assez faiblement.
Les collines de Bou Yala et de Fendi sont elles aussi le résultat de plis légers a fie c tant le Cénomanien (?)
La partie occidentale du Béchar a été affectée d'un plissement atlique. Immédiatement à partir du Mouizib on le voit apparaître dans les schistes argileux dévoniens, passer dans les calcaires dinantiens (tig. 30), puis dans les grès houillers; il détermine l'éperon que le Béchar projette vers l'ouest, jusqu'au Guir, au sud de Kenatsa.
Ce pli est double; les deux indentations profondes qui déterminent les cols voisins du Mouizib et du Teniet Nakhla sont des anticlinaux très nets, accusés en creux aussi longtemps qu'ils affectent les argiles dévonienneset séparés par l'éperon calcaire en relief de l'Aïn Mézerelt qui est affecté d'une légère ondulation synclinale (fig. 29 et 30).
Ce double pli (pli de Kenatsa, si l'on veut), est franchement orienté est-ouest, il fait un angle très accusé avec la direction générale des strates primaires redressées, dont l'indépendance vis-à-vis de lui est manifeste.
Sur son passage la feuille de calcaire dinantien par exemple a été tordue et indentée, mais elle conserve sa direction générale hercynienne, plus voisine de nord-sud que d'est-ouest. On constate directement le conflit entre les deux systèmes de plis, hercyniens et atliques.
M. Poirmeur, dont la belle carte nous a renseignés sur la forme véritable du Béchar, remarque justement que cette forme est celle
d'un T. Ce T doit la moitié occidentale de sa barre au plissement atlique, le reste relève de la virgation hercynienne. Je n'ai pas vu le Mezarif méridional, mais la carte Poirmeur nous y montre un éperon projeté vers l'ouest, qui parait symétrique à celui de Béchar. Il est probable que le même effet procède de la même cause.
La grande hammada calcaire à l'ouest de Tar'it est une pénéplaine où les strates ont la direction hercynienne (nord-est-sud-ouest). (Voir fig. 33.)
Sur la route de Tar'it à Menouar'ar, un peu avant d'arriver à ce dernier point, exactement au puits de Daou Blel, on rencontre soudain des couches redressées plus énergiquement, et dont l'allure stratigraphique n'a aucun rapport avec celles des couches voisines.
ce
Fig. 33. — Coupe de Tar'it à Menounr'ar.
Zaouia Foltama (Tarit)
Elles plongent alternativement vers le nord et vers le sud. Il y a là un pli brusque qui vient évidemment du grand col appelé Teniet Sba, à l'extrémité orientale duquel (sur la Zousfana), on aperçoit en effet une disposition analogue.
Ainsi donc la coupure de Teniet Sba, le col le plus important du Béchar doit son origine au croisement d'un pli atlique avec le pli hercynien, de même que, plus au nord, les cols du Mouizib et du Teniet Nakhla.
Plus au sud on constate des diaclases toutes fraîches, aux Beni Goumi par exemple (Tar'it et Mzaourou) ; — je crois aussi que la Znusîana, en aval des Beni Goumi, a été guidée à travers la hammada par une diaclase fraîche.
Tout cela est bien concordant. La faille de Bou-Kaïs sépare l'Atlas de son Vorland. Tout ce qui est au sud est essentiellement une pénéplaine hercynienne, encore reconnaissable, mais affectée de quelques plissements atliques, bousculée, faillée et disséquée profondément par l'érosion.
L'ennoyage. — L'érosion, qui a déchaussé et isolé les puissants massifs calcaires, a naturellement accumulé dans les vallées des dépôts plus ou moins épais, d'âges divers, et qu'on arrive asseï
E.-F. GAUTIER. — Sahara Algérien. PL XXV.
Cliché Gautier
47. - PORTION DE LA 1 ALAISE DE KSAR EL AZOUD| Le chapiteau est en poudingue pliocène.
Au dessous, à travers les éboulis et les alluvions, on observe sur le terrain des schistes supra-dévoniens (?) très redressés.
Cliché Gautier
48. — FAI AISE DE KSAR EL AZOl'D| (vue d'ensemble). A gauche, on aperçoit, marqué par une tache noire Je végétation, un coude de l'oued Zousfana, qui a sculpté la fa laite ; — A l'horuon, a droite, collines ccnoruanieonet (?) de Fendi.
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facilement à dater, par comparaison avec les dépôts continentaux analogues d'Algérie et du Sahara algérien. Les dépôts les plus anciens (miocènes? en tout cas prépliocènes), tiennent une grande place et atteignent une certaine épaisseur dans la vallée de la Zousfana, en amont des Beni Goumi, et en aval de Ksar et Azoudj, où on les voit disparaître sous les poudingues pliocènes. (Voir pl. XXV, phot. 47 et 48. Voir aussi appendice XI.)
Le pliocène a ici les mômes caractères que dans tout le Sud-Algérien, accumulations de gros galets, cailloutis souvent transformé en banc de poudingue, dépôts d'une époque où, comme aujourd'hui, entre les intervalles d'orages brefs et terribles, un climat très sec favorisait la formation de croûtes travertineuses.
Aux environs de Beni Ounif, c'est-à-dire au débouché des principales vallées du Grouz, c'est le cailloutis qui est prodigieusement développé, mélangé à du cailloutis actuel.
Au débouché de toutes les gorges, les cônes de déjection de galets s'étalent et se rejoignent. Le chemin de fer en construction trouve dans le Pliocène une carrière inépuisable de ballast, et le voyageur qui a suivi la ligne d'étapes, pour peu qu'il se soit écarté de la piste frayée, garde le souvenir désagréable de ces éternels cailloux roulés croulant sous les sabots du cheval.
Partout ailleurs, c'est-à-dire dans la majorité des cas, le Pliocène se présente sous la forme d'un poudingue très dur : dans la vallée de la Zousfana en amont de Ksar el Azoudj, au moins sur la rive droite (Fendi, Djenan ed dar); à l'ouest de Beni Ounif (poudingue de Bou Aiech); la grande hammada de Kenatsa est essentiellement une table de poudingue pliocène. La grande hammada qui commence au Guir sur la rive droite, et qui s'étend jusqu'au Tafilalelt est aussi pliocène probablement. (Voir appendice XI.)
Les dépôts quaternaires contrastent vivement avec les pliocènes ; sur l'emplacement même de Beni Ounif, au pied du ksar, on voit des dépôts marneux puissants de quelques mètres, et qui attestent évidemment une sédimentation paisible de vase à éléments très lins.
Ils ont un aspect de dépôt lacustre ; un lambeau de sédiments analogues à Ben Zireg contient même un petit lit d'aspect tourbeux; tout cela suppose un climat plus humide que l'actuel.
L'érosion quaternaire a vivement attaqué les dépôts plus anciens, elle a sculpté en particulier de nombreuses falaises couronnées par des tablettes de poudingues. (Ksar el Azoudj, phot. 47 et 48 — bord sud de la hammada de Kenatsa, phot. 49.)
Le monument le plus curieux de l'érosion quaternaire est certainement l'Oum es Seba, curieusement planté au milieu de la hammada de Kenatsa.
De Colomb-Béchar, on aperçoit dans l'ouest, sur la hammada, une montagne aux contours fantastiques. Les indigènes l'appellent Oum es Seba, littéralement la « mère-aux-doigts ». C'est un nom qu'Us donnent volontiers aux sommets dentelés, ruineux, hérissés de colonnes naturelles, qui évoquent vaguement l'idée de doigts dressés. L'Oum es Seba, vue de loin dans un pays de mirages, semble quelque chose d'énorme, presque une concurrence à l'Antar. De près, elle a dix mètres de haut ; c'est une c gara » du type classique, et attestant l'importance des érosions auxquelles elle a été soumise. La base est
Fijr. 34. — Coupe prise nux environ» de Beni Ounif, montrant la terrasse plior»»m\ et les dépôts quaternaires. Celte coupe est due a l'obliffeauce de M. Ficbeur.
j. Calcaires jurassiques; n, Ores albiens; p. Pliocène; ç. Quaternaire.
de sable, passant au grès tendre; toute la masse est marneuse, et le sommet fran chement calcaire. Ce sont ces calcaires tendres du sommet qui ont été curieusement découpés par l'érosion. (Voir fig. 30).
Importance géographique du Vorland primaire. — Ces dépôts continentaux ont un caractère commun, leur faible puissance et leur discontinuité ; le socle de vieilles roches est largement dénudé ; nous avons été à même d'étudier ici le contre-coup de la surrection de l'Atlas sur son Vorland, et c'est être privilégié; car, dans l'Atlas oriental tout entier le contact est enfoui sous un manteau continu et très épais de dépôts continentaux.
En Algérie, dans les trois provinces, au sud de l'Atlas saharien dans toute sa longueur, on sait que les dépôts d'atterrisscment sont prodigieusement développés; les plus anciens ont été attribués par les géologues à l'Oligocène. Ainsi donc, dans la cuvette d'Ouargla, dans la région des daya, dans celle de l'oued R'arbi et de l'oued Namous, les débris de l'Atlas se sont accumulés presque depuis le début de l'âge tertiaire; ils atteignent des centaines de mètres
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d'épaisseur ; ce sont ces dépôts continentaux oligocènes et miocènes que M. Flamand appelle le « terrain des gour ». Cette formation, si particulière au Sud-Algérien, cesse ici pour la première fois de former un placage ininterrompu.
Dans l'est d'ailleurs, ce ne sont pas seulement les dépôts mio-pliocènes qui soustraient à l'observation le substratum primaire, mais aussi les formations crétacées, très puissantes et continues. Ici le crétacé n'est plus représenté que par des lambeaux cénomaniens.
Cette venue au jour de roches plus anciennes semble en relation avec un changement radical dans la nature de l'Atlas.
On a laissé le Grouz en dehors de l'étude géologique détaillée ; il n'est cependant pas si inconnu qu'on ne puisse dégager à son sujet un certain nombre de grands faits généraux, qui l'individualisent nettement par rapport à ses voisins orientaux, les massifs des Ksour et de l'Amour.
Grosso modo on est fixé sur sa constitution ; il est formé presque tout entier de calcaires liasiques et jurassiques. Les roches crétacées sont absentes, semble-t-il, sauf à la, périphérie, où on retrouve avec les calcaires cénomaniens des lambeaux degrés albiens (à Beni Ounif par exemple [fig. 34]).
Ce sont précisément ces mêmes grès qui tiennent une place prépondérante dans la chaîne voisine des Ksour et dans le djebel Amour, constituant pour la plus grande partie la masse des montagnes, et donnant la note dominante du paysage. Cela revient à dire qu'en allant d'Ain Sefra à Beni Ounif on quitte, à la hauteur de Duveyrier environ, l'Atlas gréseux pour entrer dans un Atlas calcaire.
On a déjà dit que le Grouz se termine au sud par un pli couché où l'on voit les calcaires jurassiques reposer sur les grès albiens.
Or des plissements aussi énergiques, allant jusqu'au renversement, sont une nouveauté pour qui vient de l'est. La chaîne des Ksour, le djebel Amour sont au contraire des régions de « plissements ébauchés » suivant l'expression du dernier géologue qui s'en est occupé, M. Hitter'.
Voici donc une autre originalité du Grouz comparé à ses voisins de l'est. Il n'est pas seulement calcaire, tandis qu'ils sont gréseux; il est en outre énergiquement plissé, tandis qu'ils le sont faiblement. Il est vrai que le premier caractère est apparemment un corollaire du second, l'énergie du plissement a amené en surface les couches plus profondes qui se sont trouvées calcaires.
I. Etienne Ritter. Le djebel Amour, Bulletin du service de la carte géologique d'Algérie.
Un raisonnement analogue conduit à conclure que l'apparition du Vorland avec ses vieilles roches primaires a quelque rapport de cause à effet avec l'énergie subitement accrue des plissements atliques.
Quoi qu'il en soit il y a là un fait d'importance géographique tout à fait considérable. Nous verrons dans les chapitres suivants que cette limite géologique entre les roches primaires et les terrains plus récents (crétacés marins et tertiaires continentaux), est une ligne de verdure et de vie qui se prolonge sans interruption notable pendant huit cents kilomètres, jusqu'au cœur du Sahara, jusqu'à In Salah. L'affleurement du Vorland primaire ne présente donc pas seulement un intérêt théorique et scientifique; c'est lui, incontestablement, qui fait de la Zousfana la grande porte d'entrée du Sahara, une voie commerciale et ethnique de premier ordre ; notre étude géologique nous conduit à des conclusions de géographie humaine.
Gîtes minéraux du Grouz. — A tout autre point de vue c'est le Grouz qui a une grande importance humaine.
Et d'abord le Grouz et ses dépendances atliques, semblent avoir le monopole des gîtes minéraux.
Et, à ce point de vue encore, le contraste est grand entre lui et la chaîne des Ksour, ou le djebel Amour, ses voisins orientaux. Dans tout l'Atlas saharien jusqu'au Hodna, il n'existe guère d'exploitation minière, ancienne ou récente. Aussi bien les grès médiocrement plissés de l'Atlas saharien ne peuvent pas être préjugés a priori aussi métallifères que les calcaires bouleversés de la région du Grouz; d'autant que, dans l'Atlas que nous connaissons (Algérie-Tunisie), les régions calcaires sont le domaine de prédilection des gîtes minéraux exploitables.
D'autre part, la question de la houille mise à part, le Vorland hercynien ne semblerait pas avoir d'avenir minier, au moins d'après les informateurs indigènes qui signalent beaucoup de gîtes et tous dans l'Atlas.
Il est certain qu'entre les sources de la Zousfana et celles du Guir, il existe au moins deux exploitations minières indigènes, régulières et, autant que le milieu le permet, organisées. L'une est au djebel iMaïz, au nord du Grouz; c'est une mine de cuivre, elle a été vue par des Européens, le colonel Quiquandon en particulier, qui ont constaté l'existence de galeries souterraines assez profondes. L'autre exploitation minière est beaucoup plus loin à l'ouest, sur les bords du Guir, à Beni Yati. C'est une mine de plomb et probablement aussi
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de cuivre. Elle n'est connue que par des renseignements recueillis par le lieutenant Pariel, de Colomb-Béchar. Mais ces renseignements spécifient l'existence d'installations plus ou moins permanentes pour la calcination du minerai : on le brûle en gros tas par forts vents d'ouest. Il semblerait que ces deux gisements (djebel Maïz et Beni Yati) sont les plus considérables et les mieux exploités, aux yeux des indigènes. Mais on en connaît plusieurs autres, de moindre importance.
Au djebel Melias, qui est un simple contrefort du Grouz, à six kilomètres de Beni Ounif, un lilon de plomb et de cuivre court sur le flanc nord de la montagne. Dans ce filon les indigènes de Figuig ont creusé un trou, car ce serait trop dire une galerie, de i m. 50 de profondeur.
On pourrait étendre la liste des petits gisements de ce genre. L'exploitation indigène porte sur deux métaux, le plomb et le cuivre, et voici à quels besoins économiques elle répond. Le plomb sert à fondre des balles, et le minerai de plomb, tel quel, la galène, est un fard très usité, le koheul, bien que ce mot arabe désigne littéralement le sulfure d'antimoine. Tous les indigènes connaissent la galène et ses usages. Mais le minerai de cuivre est beaucoup plus mystérieux. Un fait frappe d'abord, c'est que toutes les mines de cuivre sont considérées par les indigènes comme mines d'or et d'argent ; ils n'y soupçonnent pas la présence du cuivre, et ne semblent pas établir de corrélation entre le minerai qu'ils extraient et, par exemple, les douilles de leurs cartouches. En poussant un peu plus loin l'investigation, on s'aperçoit que tout le minerai est extrait pour le compte des orfèvres juifs établis à Figuig et à Kenadsa. Ces orfèvres, ouvriers habiles, font de curieux bijoux d'argent et d'or; la matière de ces derniers est qualifiée parle vendeur « or du Soudan », mais, comme cet or se recouvre très vite d'une pellicule de vert-degris, il y entre assurément une forte proportion de cuivre marocain. Le peu de minerai de cuivre annuellement extrait du djebel Maïz ou des gisements voisins sert donc, à peu près exclusivement, à des alliages de bijouterie, inavoués et fructueux.
Des balles, du fard et des bijoux, voilà tout ce que les indigènes font de leurs minerais ; une exploitation aussi rudimentaire et aussi spéciale ne permet assurément pas de rien augurer pour l'avenir d'une exploitation industrielle. D'ailleurs, à côté du cuivre et du plomb, dont les minerais sont aisés à reconnaître, il peut y en avoir d'autres que des professionnels européens soient seuls à même de rechercher, à supposer résolu le double problème — de la sécurité
sur une frontière encore très peu sûre — et du transport à si grande distance de la mer.
Pluies et végétation. — C'est au point de vue du climat, c'est-àdire des pluies, qu'il est particulièrement important pour la région de la Zousfana qu'elle soit dominée au nord par la masse du Grouz.
Le Grouz est une longue arête de 80 kilomètres, large de 5 ou 6 peut-être. Il serait plus exact de dire : un faisceau d'arêtes parallèles (généralement deux et quelquefois trois), entre lesquelles un système de profondes vallées longitudinales articule le Grouz tout entier. Chegguet el Abid, Haouci Chafa, etc.; elles sont dues, d'après M. Ficheur, à l'intercalation entre les calcaires liasiques et jurassiques de couches argileuses et marneuses, qui n'ont pas offert de résistance à l'érosion.
Ces grandes vallées sont colmatées de cailloutis pliocène jusqu'à leur tête, elles sont donc des réservoirs d'humidité et des aqueducs souterrains.
Ce formidable écran montagneux n'est pas seulement par excellence le condensateur des pluies, qui tombent parfois et séjournent sous forme de neige; il est organisé pour les emmagasiner, les acheminer et les distribuer. Les massifs primaires lui sont généralement inférieurs en altitude et en étendue, et par surcroit ils conservent une massivité de pénéplaine, ils n'ont pas un modelé compliqué, une structure ajourée.
Sur la moyenne annuelle des pluies les chiffres précis font encore défaut. On a du moins le témoignage de la végétation et des cultures.
Dans le Grouz la végétation des vallées témoigne de précipitations assez abondantes.
Dans toute cette Afrique du nord, qui est le pays des fleurs, je ne crois pas qu'il y ait eu au printemps de 1904 un coin plus follement fleuri que les hautes vallées du Grouz; on y marchait environné de senteurs violentes et parfois agressives, car il y a une fleur qui pue le cadavre. Cette magnifique floraison peut être accidentelle, heureuse conséquence d'un hiver qui fut incontestablement pluvieux. Mais la végétation arborescente n'est pas moins curieuse. Elle est d'abord relativement abondante, ou du moins elle n'est pas aussi rare qu'on le supposerait ; la plaine au pied du Grouz a ses tout petits bosquets, en particulier autour de Bou Aiech. Us sont souvent composés de pistachiers (betoum), mais on rencontre assez fréquemment aussi des caroubiers et surtout des oliviers sauvages, parfaitement vigoureux,
E.-F. GAUTIER. — Sahara Algérien. Pl. XXVI.
Cliché Gautier
49. - FALAISE DE KKNATSA Les roches noirâtres à In hase de la falaise «ont des grè* liouillcrs redressés; l'entableuieut clair est du calcaire horizontal (cénoiuauien et pliocène).
Cliché Gantier