‹ Sahara algérienChapitre 48 sur 119 · Se reporter à la enite enrouleurs hors texte · texte numérisé non relu

Se reporter à la enite enrouleurs hors texte

généralement un banc calcaire puissant de 5 à 6 mètres, contenant des rognons de silex. Cette description s'applique surtout aux dépôts de Beni Abbès que j'ai pu examiner de plus près. Mais ceux d'Igli ne m'ont pas semblé différents. Il s'agit d'une formation déjà mentionnée et que j'ai suivie jusqu'à Charouin. Ce sont les dépôts continentaux mio-pliocènes. Les formations sableuses représenteraient le Miocène continental, sur lequel le Pliocène, au climat désertique, aurait étendu une couche travertineuse et calcaire*.

Dans le lit de la Saoura l'infrastructure primaire affleure surtout depuis la plaine d'Igli (confluent de la Zousfana et du Ouir), jusqu'au ksar de Mazzer. Au delà l'cnnoyage ne présente presque plus de fenêtres.

Les fossiles ne font pas défaut, et ce sont les mêmes qu'à Taouerda, ils se rapportent au Dinantien. Ils proviennent de calcaires bleuâtres d'aspect identique à ceux de Taouerda, de Tar'it ou du Béchar. Mais ici, au rebours de ce qui se passe au nord, le calcaire dans l'ensemble de la formation ne joue plus qu'un rôle subordonné. Le poste d'Igli est construit au sommet d'une gara, couronnée par une table de calcaire (Voir pl. XXIX, phot. 55) : cette gara est stratifiée comme suit : à la base et sur la plus grande partie de la hauteur totale qui est d'une cinquantaine de mètres, schistes argileux ou marneux assez friables — au-dessus une couche mince de grès, un mètre peut-être — au sommet un banc de calcaire bleu fossilifère, épais de 4 à 5 mètres. La gara d'Igli est un témoin détaché d'un barrage transversal à la vallée que l'oued a troué : d'Igli à Mazzer, l'oued a troué successivement six ou sept barrages de ce genre, qui semblent tous identiques, schistes mous couronnés et protégés par une table calcaire. Toutes ces couches ont le même pendage, elles plongent au nord-ouest, comme celles de Taouerda et de Tar'it. Pourtant il serait peut-être plus juste de dire que les couches d'Igli plongent nordnord-ouest; ce qui supposerait un léger rcbroussement dans la direction du pli hercynien. Il est malaisé d'observer avec certitude le sens de la plongée parce qu'elle est peu accusée ; elle l'est de moins en moins à mesure qu'on avance vers le sud et aux environs de Mazzer elle est presque nulle.

Le pointement dévonien le plus rapproché de Mazzer le long de l'oued est celui d'Ouarourourt à 20 kilomètres environ. L'ennoyage de toute la région intermédiaire ne permet pas de préciser les rela-

1- Flamand, Aperçu général sur la géologie, elc , du bassin de l'oued Paoura. Extrait des Documents pour servir à Vétude du Nord-Ouest Africain, par Lamartinière et Lacroix, p. 37, etc.

tions stratigraphiques entre le Carboniférien d'Igli et le Dévonicn d'Ouarourourt.

La chaîne d'Ougarta. — Pour essayer de déchiffrer la structure de la grande zone dévonienne entre l'Iguidi et le Grand Erg algérien, il faut envisager d'abord la chaîne d'Ougarta. C'est là que se trouvent les couches les plus anciennes; et les plis qui les ont affectées apparaissent nettement sur un immense espace.

Je donne à cette chaîne le nom d'Ougarta faute de mieux. Ougarta et Zeramra sont deux petites palmeraies sur sa lisière nord orientale. Le mot chaîne gagnerait à être mis au pluriel; il s'agit d'un faisceau puissant do petits chaînons. Ce faisceau couvre une superficie considérable, la presque totalité à vrai dire de la région considérée. A partir de Guerzim en effet la Saoura en longe la lisière orientale et l'occidentale touche à l'Iguidi. La chaîne d'Ougarta s'étend en largeur jusqu'aux puits d'Inifel et de Mana. Les oasis de Tabelbalet sont à l'intérieur de la chaîne.

En longueur, on la voit nettement commencer au sud au Markeb Bouda et à Ouled Saï ; mais la limite nord n'est pas connue. On sait seulement que la chaîne se prolonge vers le nord-ouest au delà de Zeramra et au delà de Tabelbalet.

La topographie de ce pays immense est très sommaire ; on l'a dressée avec quelques itinéraires levés par les officiers de Beni Abbés; il n'y a malheureusement aucune comparaison possible avec la belle carte du Béchar dressée à loisir par le lieutenant Poirmeur. Les conclusions d'une étude géologique seront de ce fait affectées d'erreurs indéterminables. L'itinéraire que j'ai suivi moi-même part de Beni Ikhlef (à côté de Guerzim), et par Haci Touil, Oguilet Mohammed. Tinoraj, va rejoindre Ougarta. 11 équivaut donc à une double traversée de la chaîne à peu près entière. D'autre pari, j'ai suivi la Saoura sur tout son cours.

Age des couches. — A la hauteur et à l'ouest de Kerzaz, au sud d'Ain Dhob, dans une région faillée, s'étend la sebkha el Mellali. Elle est très particulière par l'épaisseur de ses dalles de sel. A en juger par la comparaison avec les autres sebkhas, celle de Timmimoun par exemple, qui est pour ainsi dire à peine saupoudrée de sel, on est tenté de croire que les seules conditions climatiques n'expliquent pas une pareille accumulation. Sur la rive ouest de la sebkha d'ailleurs on aperçoit de loin un monticule auquel les indigènes donnent le nom de Golb el Melah, « montagne de. sel ». En Algérie il faudrait conclure à la présence du Trias ; on n'a jamais signalé au

E.-F. Gautier. — Sahara Algérien.

Pl. XXIX.

Client Gautier

«.6. - SI K LA RIVE DROITE DE LA SAOCRA, à Bciti-Ikblef. Sur tout le fond on dislingue bien l'allure des couches grcseu-.es devoniennes; l'ctotion y a fait ressortir des ligi c qui rappellent les retlcts de la moire.

Sahara d'étage dévonien salifère. Il est évidemment impossible de conclure d'une façon positive, mais la question méritait peut-être d'être posée : notons qu'une montagne de sel est signalée sur le bas Guir *.

A ce Trias très hypothétique près, et si l'on fait abstraction des dépôts continentaux mio-pliocènes et des dunes, je n'ai vu dans la chaîne d'Ougarta qu'une seule formation, très homogène et qui parait constituer toutes les chaînes *. C'est le grès du Mouidir, blanc patiné noir, qui, dans le reste du Sahara, est attribué au Dévonien inférieur. 11 y a un ou plusieurs niveaux argileux (argiles vertes et rouges) comme au Mouidir. En revanche, l'étage supérieur des grès

Fig. 36. — Coupe de l'O. Saoura (Beni IkhleO à Ennaya.

Échelle : 1/200 000. — mp, Mio-Plioccno ; D', Wvonien inférieur.

(Bu//. .Soc. giol. Fr., i* »<rlc. t. VI, p. 7», flg. I.)

du Mouidir et de l'Ahnet est très fossilifère, tandis que les fossiles ici font à peu près complètement défaut. Il se pourrait cependant que cette lacune fût imputable aux hasards de l'itinéraire, car j'ai rapporté un fossile, un seul, un pygidium de Trilobite, non trouvé en place il est vrai, mais qui provient des environs de Beni Ikhlef. Autre différence avec le Mouidir-Ahnet : dans la chaîne d'Ougarta le soubassement silurien ou archéen n'apparaît nulle part, du moins à ma connaissance. Il est donc impossible d'évaluer avec certitude l'épaisseur totale de la formation. Dans l'Ahnet M. Chudeau l'a trouvée médiocrement puissante, 250 mètres environ. Du moins peut-on dire que, à juger par ce qu'on voit, la formation d'Ougarta n'aurait pas une puissance supérieure.

1. Voir carte Prudhomme. La montagne de sel a été vue, je crois, par M. le capitaine Dinaux.

2. Notons cependant l'existence, dans le laboratoire de géologie de la Sorbonne, de clyménies envoyées par AI. le lieutenant Bavière; elles proviennent, sauf erreur peu vraisemblable d'étiquette, de deux points appelés Bou Maoud et Dkhissa, qu'on trouvera sur la carte à l'intérieur de la chaîne. La présence en ces deux points du dévonien supérieur est donc & peu près certaine. Ces clyménies, d'après M. Haug, n'appartiennent pas au môme étage que celles de Beni Abbès. 11 est évident que la chaîne d'Ougarta apparaîtra beaucoup moins simple à mesure qu'on la connaîtra mieux.

En résumé les grès d'Ougarta sont identiques à ï 2/q * ceux de l'Ahnet dont l'âge dévonien inférieur est

£ % \ bien établi.

Les plis hercyniens. — Les grès d'Ougarta sont minéralisés. Au lieu dit Tamegroun à mi-chemin entre Guerzim et Ennaya, sur le flanc ouest d'un dôme anticlinal, court un filon de quartz cuivreux, orienté dans le sens du plissement. Le filon a été exploité, aussi bien est-il célèbre dans la région. a.j 3 (Voir appendice III et pl. XXXI, phot. 58.) Un

autre tilon de cuivre existe au sud-ouest d'Ennaya, le point porte un nom caractéristique, Golb en Nehas, la montagne du cuivre. Il a été visité par le lieutenant Rousseau, qui m'a envoyé quelques § échantillons de minerai.

© Les grès de l'Ahnet, au rebours de ceux-ci, ne -S sont jamais minéralisés; la raison en est simple: 'g, ils rentrent dans la zone calédonienne du Sahara 5 et n'ont pas été plissés. Les grès d'Ougarta, au g contraire, ont été soumis à des plissements hercy- £ niens.

Le caractère plissé de la région est incontestable, on s'en rendra compte, je pense, d'un coup d'œil sur les coupes ci-jointes. (Voir aussi ! pl. XXXI, phot. 58, 59 et pl. XXXII, phot. «0.) S Les plis sont très nets, médiocrement accusés, £ en général symétriques, souvent ils sont courts, réduits à des dômes anticlinaux ou à des cuvettes * synclinales qui se relaient. Ce sont là des indices 5 concordants d'un plissement peu énergique; on s'explique ainsi que les couches inférieures à l'éodévonien n'aient été nulle part amenées au jour, au moins le long de l'itinéraire suivi, malgré la ~ faible épaisseur de cette formation.

£ Malgré d'énormes lacunes on suit facilement et J sans conteste la direction générale des plis; ils courent nord-ouest-sud-est, comme la chaîne ellemême et comme la Saoura, qui en suit le pied. Cette direction fait un angle droit avec celle des plis hercyniens dans la Zousfana.

Les plis sont sectionnés à la même hauteur, le sommet arasé de l'anticlinal à Tamegroun porte un lambeau étendu de Mio-Pliocène horizontal <fig. 36), le pays a tous les caractères d'une ancienne pénéplaine ravinée par l'érosion.

Cette pénéplaine a été affectée de failles dont le dessin se reconnaît facilement sur la carte, parce que le placage mio-pliocène s'est conservé dans les compartiments effondrés, où il s'est, comme d'habitude, partiellement transformé en dunes.

Un grand effondrement dans le sens longitudinal a divisé la chaîne d'Ougarla lato sensu en deux grandes arêtes néo-dévoniennes, la branche d'Ougarta proprement dite et l'arête de Tabelbalet (les indigènes disent le Kahal?)'.

Entre les deux un gigantesque compartiment effondré à contours irréguliers en zigzags, supporte, sur un socle mio-pliocène, les ergs Atchan et er Raoui.

Souvent les failles ont été guidées par la direction des plis, c'est le cas le plus fréquent, mais il arrive qu'elles ont taillé à contre-fil, coupant les plis à angle droit par une cassure brutale. C'est ce qu'on observe par exemple dans le grand cirque d'effondrement où se trouve avec la sebkha el Melah la pointe nord de l'erg Atchan.

Les failles sont récentes en relation avec la surrection de l'Atlas; les lèvres en rejet sont fraîches, ont gardé un profil de falaise : le grand lambeau horizontal mio-pliocène sur la crête de Tamegroun, (cailloutis et poudingues inconsistants), a le faciès des dépôts miocènes ou si l'on veut oligocènes, il est dénivelé de 100 mètres par rapport à ceux des compartiments effondrés; les failles ne peuvent donc pas être plus anciennes que le tertiaire.

Dans les compartiments surhaussés, l'érosion a été très active. Elle a été d'autant plus efficace que les couches d'argiles molles interstratifiées

1. Est-ce un mot berbère? faut-il le rapprocher du mot arabe qui signifie noir? la chaîne noiro deTnbelbalel?la première hypothèse est de beaucoup la plus vraisemblable.

dans les grès durs lui donnaient une prise. Le relief s'est ainsi rajeuni et recréé par le creusement de profondes vallées longitudinales qui ont accusé en saillie marquée les plis hercyniens. La sécheresse du climat actuel aidant, qui exagère les pentes, d'après une loi bien connue, la chaîne d'Ougarta fait encore figure assez montagneuse.

Longues falaises infranchissables, gorges étroites en canyons, lits caillouteux à pente torrentielle; — le relief est jeune, comme les effondrements qui ont été le point de départ du processus érosif.

La zone Beni Abbès-Ougarta. — Il nous reste à parler de la région comprise entre la chaîne d'Ougarta et la Saoura. Au point de vue géologique c'est la plus intéressante, malgré sa faible étendue relative, par l'abondance de ses fossiles et la variété de ses roches.

C'est un compartiment effondré par rapport à la chaîne d'Ougarta. Au contact les failles ne sont pas apparentes.

Partout sur la lisière orientale de la chaîne d'Ougarta, à Zeramra, à Ougarta, à Guerzim et au delà, on voit, ou on croit voir les couches du Dévonien inférieur plonger sous les couches plus récentes ou sous la hammada mio-pliocène d'une inclinaison régulière. Les bastions avancés de la chaîne, dj. Zeramra, dj. Kahla, Nif Kroufi, qu'on pourrait prendre sur la carte topographique du capitaine Prudhomme pour des horsts limités par des à-pics, sont au contraire, sur le terrain, autant que j'ai pu en juger, des bombements anticlinaux parfaitement réguliers.

L'hypothèse des failles n'en reste pas moins la seule qui puisse rendre compte d'une dénivellation aussi marquée et d'aspect aussi frais que celle qui existe entre la chaîne d'Ougarta et la hammada de Beni Abbès, ces deux parties disjointes d'une même pénéplaine. Les failles longitudinales par rapport au sens des plis échappent à l'observation plus aisément que les transversales.

Le compartiment effondré, comme d'habitude est plaqué de miopliocène et couvert çà et là de dunes. L'étude stratigraphique du substratum primaire est donc très malaisée. Pourtant le long de la Saoura d'une part, et d'autre part au pied des montagnes et au débouché des torrents, l'érosion a ménagé quelques fenêtres, où il est possible de faire sur le sous-sol des observations lacunaires.

Ilovsl de Merhouma. — Le long de la Saoura entre Beni Abbès et Idikh, l'oued traverse une formation assez puissante, qu'on peut appeler, pour la commodité de l'exposition, couches de Merhouma, du nom du point d'eau au voisinage duquel on les aperçoit d'abord en venant du nord.

A la partie supérieure de la formation ce sont des grès, plongeant à Test, qui ont tout à fait le faciès éodévonien; ils reposent, en discordance, je crois, sur une assise schisteuse, qui est restée malheureusement en dehors de la route suivie; cette assise paraît puissante et ses éléments complexes; on y trouve des schistes noirs très durs, à bilohites, qui ont le faciès de certaines phyllades siluriennes du Sahara. Elle mériterait un examen approfondi '.

Dans la cuvette de Beni Abbès j'ai pu observer le contact entre ces phyllades et les couches calcaires supradévoniennes. Ce contact est anormal, les couches calcaires sont coupées brusquement et rebroussées. Il y a là une faille, très ancienne, puisqu'elle était arasée quand s'est déposé le placage mio-pliocène.

Fenêtre d'Ougarta. — Le petit village d'Ougarta est à la limite exacte des grès éodévoniens, sur des argiles et des schistes argileux

Zeramra

Fig. 39. — Coupe à l'est de Zerarara. — Échelle : 1/300000.

[Bull. Soc. géol. Fr., i* ttrle, t. VI, p 711, 8f. 8.)

mous. Au sud du village s'étend une très grande sebkha, dont le sol est une pénéplaine de schistes argileux interstratifiés de couches calcaires minces.

A trois ou quatre kilomètres d'Ougarta, sur la route de Beni Abbès on voit une couche de calcaire gréseux, pétri d'Orthocères et interstratifié dans un grès très tendre jaune clair.

A une dizaine de kilomètres au nord d'Ougarta, ce gisement à Orthocères se retrouve sous la garet Yhoudia, qui est un témoin détaché de la hammada mio-pliocène. La couche calcaire à Orthocères a un mètre d'épaisseur; elle est interstratifiée dans des argiles rougeâtres beaucoup plus puissantes.

Aux environs d'Ougarta, si la couverture mio-pliocène fait à peu près complètement défaut, le sol est souvent couvert de dépôts quaternaires et de cailloutis actuel, apportés par les oueds de la montagne. Il n'a pas été possible de préciser les relations stratigra-

1. A proximité de Beni Abbès, il y a là une question assez simple qui pourrait tenter un officier du poste.

phiques entre ces affleurements de faciès assez différent. Il est vrai que la stratification s'écarte peu de l'horizontale, et, à si faible distance, on peut supposer avoir affaire au même niveau ou a des niveaux très voisins, à moins pourtant qu'il n'existe des failles inaperçues.

Fenêtre de Zeramra. — Le petit village de Zeramra est, lui aussi, a la limite des grès éodévoniens; il est bâti sur ces grès; mais, dans son périmètre immédiat, on ne voit pas d'autres roches primaires. Le contact est voilé par le terrain quaternaire ou par des lambeaux de Mio-Pliocène.

En revanche, à quelques kilomètres du village, aussi bien sur la route d'Ougarta que sur celle de Beni Abbès, on traverse des couches puissantes bien différentes de celles d'Ougarta, au moins comme faciès (fig. 30). Ce sont des grès, généralement en plaquettes, intercalés de calcaires violets, bleus, amarantes, à crinoïdes, à spirifer, à orthocères. Ces couches sont très dures, elles sont énergiquement redressées et sont à découvert sur 2 kilomètres environ, elles ont donc une certaine puissance, au moins une centaine de mètres.

Les fossiles ne sont pas très caractéristiques. Pourtant M. Haug admet qu'ils appartiennent au dévonien moyen *.

La formation est certainement affectée de plis arasés, ils sont de même orientation que ceux de l'Ëodévonien, ils semblent même grosso modo concorder avec eux et les prolonger; mais il y a certainement des failles.

La coupe de la figure 39 semble bien révéler une diaclase à la hauteur de l'O. Ouzouma. De part et d'autre de cet oued en effet le niveau de la hammada mio-pliocène n'est plus le même.

Fenêtre de Beni Abbès. — Dans le lit de laSaoura, au voisinage de Beni Abbès affleurent les plus remarquables des couches néodévoniennes et les mieux connues, celles qui ont livré une faune abondante du Dévonien supérieur, l'étage à clyménies 2 .

Les fossiles se trouvent dans des bancs de calcaires rouges sombres, très ferrugineux, interstratifiés avec dos schistes argileux très fissiles et mous, de même couleur, et qui contiennent aussi quelques fossiles mais beaucoup plus rares.

1. M. le lieutenant Ravière a envoyé à la Sorbonne des clyménies qui proviennent, sauf erreur, d'Ougarta et de Zeramra. La présence en ces points du dévonien supérieur n'a certainement rien de surprenant. Mais ces gisements de clyménies, que je n'ai pas vus, sont nécessairement distincts des gisements u orthocères. Les schistes marneux et les calcaires dans la sebkha d'Ougarta me paraissent au contraire très susceptibles, d'après le faciès, de contenir des clyménies, quoique je n'en ai pas trouvé une seule.

2. Voir Ém. Haug, Sur deux horizons à Céphalopodes du Dévonien supérieur dans le Sahara Oranais (C. R. Ac. Se, G juillet 1903).

Ces couches, avec le même faciès et les mornes fossiles se rencontrent en deux points médiocrement éloigués l'un de l'autre au nord et au sud de Beni Abbès, et qui sont en allant du nord au sud :

A) Ouarourourt, une petite palmeraie; le Dévonien supérieur affleure sur la rive droite de l'oued, immédiatement à l'ouest de la palmeraie, sous la falaise mio-pliocène.

L'affleurement se suit sur une assez grande distance au pied de la falaise, en amont et en aval d'Ouarourourt. Ici le Dévonien supérieur est affecté d'un plissement anticlinal très net (fîg. iO): c'est cette arête anticlinale qui a forcé l'oued à faire un coude prononcé en amont d'Ouarourourt. Elle est dirigée nord-ouest-sud-

Figr. 40. — Ouarourourt.

D*. llévonien supérieur.

Jiull. JS.*-. gM. Fr., 4' »<«rie, t. VI, ,. 7U, 0g. U ;

est, exactement est 30° sud en visant l'aval de l'oued. Au sud de l'anticlinal d'Ouarourourt les couches dévoniennes sont sensiblement horizontales.

IV) 8 kilomètres au sud vrai de Beni Abbès. C'est là que les couches calcaires fossilifères sont coupées brusquement et rebroussées au contact du horst de Merhouma.

Ces affleurements sont au nord de Merhouma; au sud du horst on retrouve ou du moins on entrevoit à peu près les mêmes couches se succédant dans le même ordre.

Fenêtre des « pierres écrites » (pl. XXXIÏ, phot. fil). — Au sudouest de Tametert en pleine hammada, affleure, au ras du sol, une bande de calcaire, tantôt simple et tantôt double, large de quelques mètres et longue de plusieurs kilomètres; on y voit tout du long une foule de gravures rupestres et d'inscriptions, ce qui explique le nom de cet affleurement Hadjra Mektouba « pierres écrites ». La roche est bleue claire et quelquefois violette, elle renferme des crinoïdes et des débris de coquilles; le faciès rappelle les affleurements de Zeramra. L'affleurement est parallèle à l'oued, et semble avoir une allure anticlinale.

188 SAHAKA ALGÉRIEN

Les couches à Bivalves. — Quand on va des « Pierres écrites » au ksar d'el Ouata, au point où l'on descend la falaise de l'oued, juste en face du ksar de Hou Hadid, on passe sur un autre affleurement dévonien empâté dans la falaise mio-pliocène et de faciès particulier. Ce sont des calcaires (?) gris, assez tendres, renfermant des moules de coquilles (dont la forme rappelle le genre Panenka). Ces couches plongent vers l'oued, je les crois intermédiaires comme âge entre l'affleurement précédent et le suivant.

Fenêtre d'idihh. — En face du ksar d'Idikh, sur la rive droite de l'oued, on retrouve une dernière fois les calcaires violets à clyménies, c'est un petit lambeau qui m'a paru affecté d'une ondulation anticlinale. A quelques centaines de mètres dans le prolongement de ce lambeau, sur l'autre rive de l'oued, on en voit un autre couronné de ruines, d'un calcaire assez analogue d'aspect et de couleur, mais pétri de crinoïdes au lieu de clyménies. Il plonge franchement nord ou nord-est.

En résumé, on peut essayer de classer comme suit les terrains méso et néodévoniens voilés par la hammada de Beni Abbès.

A la base, les couches d'Ougarta, avec abondance d'orthocères.

Au-dessus, les calcaires et les grès en plaquette de Zeramra, identiques, semble-t-il, aux calcaires des Pierres écrites.

Puis les couches à bivalves.

Enfin, les calcaires à clyménies.

Il est certain d'ailleurs que cette série est lacunaire, et en outre l'ordre qui paraît le plus plausible pourrait être erroné.

On peut affirmer, en revanche, que ces couches sont affectées de plissements arasés orientés S.-E.-N.-O.

On peut affirmer aussi que le plissement est léger ; les argiles et les marnes, qui jouent un grand rôle, sont toujours feuilletées, mais la pression subie n'a pas été assez énergique pour les transformer en véritables schistes.

Plus au sud les étages supérieurs du Dévonien n'apparaissent nulle part; au delà d'el Beiada et de Tagdalt, où affleurent des grès massifs ou en plaquettes d'âge indéterminé on ne voit plus jusqu'à Foum el Kheneg que des grès éodévoniens incontestables et du Mio-Pliocène.

Cette dernière formation prend un faciès assez particulier dans la falaise de Timmoudi, que j'ai pu examiner à loisir. Au-dessous du ksar elle est composée sur presque toute son épaisseur d'une succession de lits caillouteux, qui attestent un courant assez rapide. Tout à côté, au sud, la falaise est tout entière en argile très fine, que le ruissellement a curieusement sculptée, et qui atteste une sédimenta-

E.-F. Gautier. — Sahara Algérien. Pl XXXI.

Cliché Gautier

$8. — MINE DE CUIVRE DE TAMKGROUN dans la chaîne d'Ougarta. Au premier r Un on voit les trous d'exploitation, dans l'an desquels un indigène est debout Au fond grande vallée longitudinale entre deux assises gréseuses.

Cliché Gautier

$9. — DANS IE KAHAI. DE TAhKI BM.A, auprès d'OjuiN t M<»!i;tinmcd. Dans le fond a gauche les dunes en masse indistincte; au delà de l'oued on dUtmiue l'allure ttrangi aphique des gies éo- devoniens.

E-F. Gautier. — Sahara Algérien.

Pl. XXXII.

60. - DANS LA CHAINE D'OUGARTA. — Khcncg cl Aten. Grès éo-dévoniens.

l u de* coin» les plus sauvages de la chaîne.

Cliché Gautier

Cliché Gautier

Page 1