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Les Bols.
Hammada. — Le mot a déjà pénétré dans le vocabulaire géographique, jusqu'à un certain point. Il le doit peut-être au livre de Schirmer, à quelques belles photographies de Foureau, aux détails donnés par Flamand sur les hammadas pliocènes subatliques. Bref on a déjà répandu dans le public des données scientifiques précises sur la hammada et le mot commence à acquérir droit de cité chez nous.
Rappelons que ce sont des plateaux rocheux à peu près horizontaux; l'âge et la nature de la roche importent peu; tantôt calcaires pliocènes (hammada de Kenatsa, de l'O. Namous) — d'autres fois calcaires carbonifériens (hammada de Tar'it) — calcaires crétacés dans le Tadmaït — grès éodévoniens dans le Mouidir, l'Ahnet, rAçedjerad. — Ce qui distingue la hammada du plateau c'est le faciès très particulier que lui a donné le climat désertique. La roche est nue, décharnée de toute terre végétale, récurée et polie par le vent, vernissée uniformément par des actions chimiques, qui ont été étudiées minutieusement par Walther; de grandes étendues luisantes et monochromes. Sous l'influence des températures extrêmes la roche a éclaté en grandes dalles et en menues esquilles, formant sous les pieds un chaos qui rend souvent la marche pénible.
La hammada est en somme la forme désertique du plateau comme le reg est la forme désertique de la plaine
Notons que le mot hammada a au moins un synonyme; c'est « r/ada » qui est employé dans le djebel Amour, et dans l'Atlas saharien, mais qu'on retrouve aussi plus au sud, à Beni Abbès notamment.
La traduction berbère de hammada est tassili (le tassili des Azguere, etc.).
Il est possible que, en approfondissant, on trouverait entre ces mots des nuances différentes de sens. Mais je ne suis pas en état de le faire, et tout cela, en gros, rentre bien dans la catégorie hammada (voir pl. I, phot. 1).
Reg. — Un des mots les plus répandus et les plus intraduisibles.
Quand on essaie d'en serrer de près le sens on s'aperçoit que le reg est avant tout une plaine rigoureusement horizontale. Tandis que le mot n'a pas pénétré dans le langage courant géographique, la chose est bien connue du grand public; elle l'est môme trop. Dans le grand public l'idée de désert évoque, à l'exclusion de toute autre
image, sauf peut-être celle des dunes, une grande plaine infinie parfaitement nue et plate comme la mer. Qu'on ajoute la silhouette d'un Bédouin et de son chameau, ou bien encore une fumée de bivouac, qui monte mince et rectiligne dans l'air immobile, et on a un tableau qui a «té fait cent fois, et qui est dans toutes les mémoires. C'est une bonne représentation du reg. (Voir pl. I, phot. 2.)
Une plaine aussi parfaite est nécessairement d'alluvions ; et le reg en effet est d'origine alluvionnaire. Cette origine pourtant ne se décèle pas au premier coup d'œil. De façon à peu près constante le sol est couvert de gravier, gros ou menu, disparate, en couche plus ou moins épaisse; on a l'impression d'une allée de jardin, élargie démesurément jusqu'au bout de l'horizon. Mélangées au gravier, et posées sur le sol en vrac, on trouve des choses hétéroclites, pointes de flèches et haches néolithiques par exemple.
Voici une coupe de reg,. relevée par M. Chudeau dans l'oued Takouiat entre In Ziza et Timissao. On observe de haut en bas :
1° Un lit de cailloux roulés quartzeux, de 5 millimètres à i centimètre de diamètre, couvrant toute la surface.
2° 10 centimètres de sable pur, contenant quelques cailloux et vers sa partie inférieure du sable fin.
3* Sable argileux.
Le gravier qui couvre le sol est évidemment le résidu de couches supérieures enlevées par l'érosion éolienne. Le sol désagrégé par la sécheresse a livré au vent, pour être emportés au loin, tous ses éléments terreux, dissous par pulvérulence en particules légères; le cailloutis est resté en place.
Il s'ensuit que ces alluvions sont nécessairement anciennes, leur dépôt remonte à une époque géologique antérieure, puisque, actuelles, elles resteraient assez humides pour se défendre contre le vent. Aussi bien par leur distribution, et par leur énorme extension, elles ne trahissent aucune connexité avec le régime hydrographique actuel.
Nous avons donc les éléments d'une définition satisfaisante du reg. Une plaine d'alluvions anciennes, à laquelle le décapage éolien a donné un faciès original. C'est une individualité géographique tranchée, qui mérite un nom à part.
Erg. — Ici toute explication est superflue. Les énormes amas des dunes sont dans le paysage saharien le trait qui a le plus frappé l'imagination de prime abord; et le mot d'Erg qui les désigne s'est à peu près acclimaté chez nous. Les cartes l'ont adopté (Grand Erg, Erg oriental, etc.). Il nous est indispensable malgré la coexistence en fran-
E.-F. GAl'TIER. - Sahara Algérien.
Pl. II.
CluI i Gautier
J. — TYPE DE FALAISE (baten ott kreb) dans les calcaires dinnntiens.
Oued ZoatftklUI ectre lc<> Bcni Coumi et Igli.
CIkIic Ljpirime
\. — DM COIN DU TASSIL1 AUPRES DE TMISSftO Erosions confuses dans les };rès éo-dêvoniens ruinil'orincs. l'eut être coi.siJcrc COfDIM un type de Chcbk«.
E.-F. Gautier. — Sahara Algérien.
Pl.. III.
Cliché Pichon
«. — TYPE DE GARA Haci Gouircl au sud d'In S.ilah.
L'entablement est en gré» «lbicn ; «a sommet, petite* mine'. d'âge indéterminé.
Cliché I iptrrrine