CHAPITRE VI GOURARA ET TOU AT
Le Touat, le Gourara et le Tidikelt forment un complexe d'oasis, dont l'unité géographique est incontestable, et qui pourtant n'a pas d'appellation commune. Il en a bien une dans l'usage courant, il est vrai, celle de Touat; mais on ne peut pas s'en contenter, puisque le nom de Touat, dans son sens restreint et précis, le seul adéquat, s'applique seulement à une des trois provinces.
M. Flamand a cherché a combler cette lacune d'onomastique avec le néologisme improvisé d'archipel Touatien du Sahara.
Le Touat (lato sensu), et l'on pourrait dire aussi « le groupe occidental » s'oppose au groupe oriental d'Ouargla. L'un se rapporte à l'oued Igargar, et l'autre à l'oued Messaoud : l'un a des puits artésiens et l'autre des foggaras. Les oasis du groupe Touatien. d'ailleurs, se continuent toutes les unes les autres en « rue de palmiers », vivant dans une certaine mesure d'une vie commune. Â quelques restrictions près, elles s'abreuvent à la même nappe d'eau, celle qui sourd à la base du Tadmaït dans les grès Albiens; toutes les oasis en effet depuis el (îoléa jusqu'à In Salah, en passant par Timmimoun et Adr'ar, jalonnent fidèlement en un immense demicercle le pied de la falaise terminale du Tadmaït.
Cela n'empêche pas que les trois provinces ont un nom et une individualité distincts. Le Tidikelt en particulier doit être étudié à part pour des raisons à la fois géologiques et ethnographiques. Le Touat et le Gourara, en revanche, se pénètrent assez mutuellement pour qu'il y ait intérêt à les rapprocher dans une étude commune.