Publiée par le D r Hamy, on la donne en appendice
de Zenati — une telle fille de Zenati. » Ce ksar d'Ouled Mahmoud d'ailleurs, où l'empreinte berbère est restée marquée jusque dans une inscription arabe, est précisément un des rares points du Gourara d'où le dialecte berbère a officiellement disparu. Aujourd'hui Ouled Mahmoud est habité par des gens de langue arabe, qui ont un alTreux accent zenati, mais qui se disent issus d'un ancêtre commun venu de Tunis. Une inscription dans la mosquée donnerait la date exacte de l'arrivée de l'ancêtre. — Ancêtre qui a bien des chances d'être simplement spirituel et éponyrae pour beaucoup de ses prétendus descendants. Cela signifie apparemment que Ouled Mahmoud a été converti à la stricte observance de l'islamisme et à l'usage de la langue arabe par un santon tunisien, bâtisseur de mosquée, du nom de Mahmoud.
D'après les officiers il y a une différence marquée de mentalité entre les ksouriens arabes et berbères ; au Gourara les premiers sont de relations plus courtoises, d'idées plus larges et de compréhension plus rapide ; les Berbères donnent une impression d'infériorité et de sauvagerie. Au Touat et au Tidikelt en effet ce bloc zenati du Gourara a mauvaise réputation, le mot Gourari en est employé cou» ramment dans un sens péjoratif; presque synonyme de haratin, de serf ; — par exemple, au cours d'une étape saharienne très dure, un guide, blaguant la misère commune, affirme brusquement qu'on serait beaucoup mieux à In Salah entre deux petites Gourariel. Dans le même ordre d'idées le Gourara passe, jusqu'en Algérie, pour la patrie de sorciers et surtout de sorcières très redoutées ; ce qui laisse supposer un pays plus teinté que ses voisins de vieux paganisme préislamique.
Tout cela est bien concordant. La grande originalité du Gourara c'est d'être un bloc berbère arriéré, où l'islam et la langue arabe, l'un portant l'autre, n'ont pas jeté des racines aussi profondes qu'au Touat et dans la Saoura. On a dit que le berbère a tout à fait disparu de la Saoura. On verra que, au Touat, il s'est conservé dans un nombre insignifiant de tout petits ksars.
Il est tout naturel que les oasis les plus occidentales soient les plus arabisées; dans le complexe 0. Guir-0. Zousfana on observe de même que les Doui Menia parlent arabe, tandis que les Beni Goumi, plus orientaux, parlent berbère. Au Sahara, et d'ailleurs en Algérie même, la dernière vague l'islamisation est venue de l'ouest, du Maroc et de la Séguiet el Ilamra.
Or tandis que l'O. Saoura et le Touat ont été effectivement et son encore virtuellement la grande voie d'accès marocaine au Sahara, le
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GOURARA ET TOUAT 249
Uourara au contraire est la voie d'accès algérienne. Par l'oued Namous et a travers l'erg depuis des âges immémoriaux les caravanes sudoranaises des Trati, des Hamyan, viennent commercer au Gourara.
La faune du Gourara, par ailleurs dépourvue d'originalité, je crois, a des termites. Ils infestent le poste deMac-Mahon. A Ouled Mahmoud les indigènes ont dû prendre la fuite devant eux, ils ont quitté l'ancien ksar, et bâti le nouveau, il y a vingt-cinq ans environ, chassés par une invasion de termites. Chose curieuse, entre l'ancien et le nouveau ksar il y a deux ou trois kilomètres d'oasis, et cette petite distance a suffi pour arrêter la migration. Au vieux ksar les dangereux insectes avaient été apportés brusquement par une crue de l'oued, qui vient de l'Aouguerout. J'ignore s'il faut en conclure qu'il y a des termites à l'Aouguerout. A coup sûr ils restent très localisés, les rares points contaminés ne sont pas phagédéniques, sauf un cas très particulier et fortuit comme la crue d'Ouled Mahmoud. Je ne sache pas qu'ils aient été signalés sur d'autres points du Gourara. Ils sont enkystés, il semble qu'on ait affaire à une espèce d'un âge géologique extérieur, en voie de disparition, et qui s'est maintenue péniblement sur quelques points privilégiés par suite de circonstances favorables.
Ce n'est pas l'espèce bàtisseuse de grandes termitières turriformes, comme on en voit sur les bords du Niger; c'est l'espèce souterraine, qui est partout, comme une menace invisible, dans le sol intact et dans les murs lisses, d'une ubiquité mystérieuse ; sur la terre battue d'une chambre il suffit de laisser ses bagages pour qu'il s'ouvre aussitôt comme par magie des orifices par où débouchent les colonnes d'attaque.
Ce sont des termites de ce genre qui se trouvent dans l'Adr'ar des Ifor'ass, et aussi, semblc-t-il, au Kalahari 1 : insectes de steppe apparemment.
A ma connaissance le Gourara serait le seul point du Sahara où ces termites ont survécu. Mais il paraît probable qu'il y en a d'autres. Une carte de la répartition des termites au désert serait peut-être une contribution intéressante à des études sahariennes. Elle nous permettrait peut-être de tirer des conclusions sur le passé.
Touat. — Le Touat est beaucoup plus simple de structure que le Gourara; la « rue des palmiers » y devient rectiligno rigoureusement sur près de 200 kilomètres entre Bouda et Taourirt.