‹ Sahara algérienChapitre 64 sur 119 · également h l'étude nu laboratoire de M. Flamand · texte numérisé non relu

également h l'étude nu laboratoire de M. Flamand

2. Corippus, Johannide, 11, 109; IV, Gf>7. El Bekri, Texte arabe do de glane, p. 161.

■\. Laquière, La colonne Servières : publication du bulletin du comité de l'Afrique française, p. 2t.

Je ne sais pas jusqu'à quel point le culte d'un aérolithe est compatible avec l'Islam. On songe de suite à la pierre noire dans la Kaaba de la Mecque, mais justement cette pierre noire est, je crois, antérieure à l'Islam.

Les inscriptions berbères abondent au Tadmaït. et on s'est trop pressé peut-être de les attribuer exclusivement aux Touaregs actuels. En tout cas, il existe à Tamentit, auprès du ksar de Bassi, un rocher couvert de Ti/mar' (voir pl. XVIII, phot. 35 et 36). Il est peu vraisemblable que ce soit une inscription Touareg, que ferait-elle en pleine oasis de Tamentit où les Touaregs n'ont jamais eu aucune influence; et si c'en était une, les indigènes la connaîtraient pour telle; or, ils la considèrent comme une inscription juive, si bien qu'un mercanti juif d'Adrar, peu lettré apparemment, a pu s'y laisser prendre et verser de vraies larmes d'émotion sur cette soi-disant relique des siens. Il est vraisemblable qu'elle est, sinon juive, du moins « du temps des Juifs », d'une époque où les Zenati de Tamentit avaient encore l'usage du Tifinar. Sa présence dans l'oasis, et l'oubli dans lequel elle est tombée semblent témoigner d'un recul de la culture nationale berbère.

On sait que, dans toute la Berbérie, des débris d'institutions et de mœurs romaines ont survécu longtemps à l'Islam, les derniers se retrouvent aujourd'hui encore dans les tribus restées les plus berbères de l'Afrique du nord, dans la Kabylie du Djurdjura, dans l'Aurès; il faut assurément ranger non seulement le haut Touat mais encore le complexe des oasis sahariennes parmi les coins de Berbérie où l'on rencontre en plus grande quantité ces sortes de fossiles romains. Les ksou riens agriculteurs ont conservé, non seulement le souvenir, mais encore l'usage très vivant du calendrier Julien, avec les noms latins des mois, encore très reconnaissables, Naier (Januar), Fobraîer, Maris, lùril, etc. Chaque année ils fêtent le 12 janvier de notre calendrier grégorien, qui est le premier du calendrier Julien.

En somme il s'est conservé dans le bas Touat et au Gourara, pendant tout le Moyen âge, une société berbère, au milieu de laquelle survivait, dans certaines communautés, une religion de l'empire romain, le judaïsme; et d'une façon générale, un état d'esprit archaïque, antérieur à la conquête islamique. C'est du moins la seule hypothèse qui rende compte des faits observés. Contre cette société berbère, partiellement infidèle, il se produisit à partir de 1492, une réaction violente de l'Islam et de la culture arabe.

Dans le haut Touat cette réaction a fait disparaître l'ancienne société zenati bien plus complètement qu'au Gourara, où elle est, on

GOURARA ET TOUAT 255

l'a vu, à peine entamée. Ici, la prédominance politique et sociale appartient presque partout aujourd'hui à des familles de langue et, s'il fallait les en croire, de race arabe. Les nombreux Zenati parlant berbère, et qui ne peuvent renier ni le nom de leur tribu, ni leur idiome, en rougissent et cherchent du moins à rattacher leur origine à l'Arabie au moyen de fausses généalogies

Ils ne forment plus d'ailleurs que des groupements familiaux, on les trouve dans presque tous les ksars mélangés aux Arabes. Le brassage a été assez énergique pour influer, à ce qu'il m'a semblé, sur la prononciation ; les Zenati du haut Touat lorsqu'ils parlent arabe, n'ont pas, je crois, l'affreux accent gourarien.

Il y a cependant un groupe de très petits ksars qui sont restés intégralement Zenati : Temassekh, Ikkiz, Ar'il, Titaf, el Ahmer et Ouled Antar. Il est curieux que ce groupe soit précisément intercalé entre le haut et le bas Touat, comme pour attester qu'il y a bien là en effet une frontière entre des pays différents, historiquement et ethnologiquement distincts.

Bas Touat. — Le bas Touat diffère d'abord du haut par la nature de son sol. Au voisinage de Zaouiet Kounta toute une série d'oasis Ouled sidi Ilamou bel Hadj, Touat el Henna, Inzegmir, sont installées sur le Mio-Pliocène, qui donne un sol sableux et calcaire, tout différent, j'imagine, des terres fortes et argileuses du haut Touat. En tout cas, c'est le pays où pousse le henné, comme l'indique son nom de Touat el Henna, et c'est aussi le pays du tabac.

Plus au sud à partir de Sali, la dune envahit les oasis. A Enzeglouf un village à peu près enfoui a dû être abandonné. Partout l'aspect de la dune hérissée de haies en djerid atteste la lutte acharnée des indigènes contre l'envahissement. (Voir planche XLII, phot. 79.) A Zaouiet Reggan la crête des dunes est aujourd'hui à l'ouest de la palmeraie, les indigènes se souviennent d'un temps où elle était à l'est; la ligne en marche des dunes a progressivement traversé toute la palmeraie, comme une énorme vague. Et ceci nous donne l'assurance que le vent d'est domine ; aussi bien tout le montre, la topographie même de la dune et le regard des sifs, l'affirmation unanime des indigènes. Et d'ailleurs le vent d'est domine partout aux oasis, au Tidikelt comme dans le haut Touat et au Gourara.

Cet ensablement agressif est un spectacle surprenant pour qui vient du nord, si libre de dunes. Mais il est de règle au Tidikelt, In

Page 1