‹ Sahara algérienChapitre 76 sur 119 · C. «. A<: Se, 2 juin · texte numérisé non relu

C. «. A<: Se, 2 juin

TIDIKELT ET MOUIDIR-AHNET 281

«c L'ensemble de cette faunule caractérise nettement le Dévonien inférieur; de plus, la présence et l'association de quelques formes : Clionetes sarcinulata Schloth., Spirifer cf. Rousseaui Rocàult, Plcurodicttfum du groupe du constantinopolitanum, etc., permettent de considérer les assises gréseuses d'Haci Cheikh comme appartenant vraisemblablement à l'étage coblentzien. »

Ce sont les seuls fossiles dévoniensqui aient encore été signalés au Tidikeit. Les formations carbonifériennes sont malheureusement bien loin d'avoir ici la même uniformité de faciès que dans le nord : dans la zone du Béchar, par exemple, ou même encore au Courara, le Carboniférien (Dinantien) se distingue aisément à ses assises massives de calcaire bleuâtre.

Au Tidikeit, le calcaire n'a pas tout à fait disparu (Hacian Taibin,

Fig. 54. — Cnupo d'Ain Cheikh.

par exemple). Mais les marnes prédominent; ce sont elles qui fournissent les plus beaux fossiles (Aïn Cheikh, Tar'lift). Elles sont interstratifiées de schistes très fissiles (ktoub), de grès très fissiles ou même de grès en bancs assez épais, qui paraissent appartenir à l'étage.

Ce caractère protéiforme du Carboniférien est d'autant plus regrettable qu'on peut être amené à confondre ces formations avec d'autres d'un âge tout différent. S'il y a lieu de croire, en effet, que le Carboniférien soit au Tidikeit l'étage primaire le plus largement représenté en surface, il est incontestable que les plis et les accidents primaires ont chance d'avoir amené à l'affleurement tous les étages du Dévonien et du Silurien.

En effet l'architecture de la pénéplaine primaire apparaît au Tidikeit avec plus de netteté relative qu'au Touat; dans le Tidikeit occidental, en particulier, l'étude du plissement hercynien à Aïn Cheikh et au dj. Aberraz est très instructive. Les deux coupes s'appliquent au même plissement, à 20 kilomètres environ de distance l'une de l'autre, et elles sont bien symétriques.

Ain Cheikh. — La coupe (ûg. 54) est loin de me satisfaire; je l'ai relevée trop vite en 1903 et je n'ai pas revu Aïn Cheikh depuis. La coupe a environ 4 kilomètres de long, transversalement à la direction du pli. C'est une fenêtre ouverte à travers les grès du Crétacé inférieur par l'érosion de l'oued Chebbi. Voici d'ouest en est la succession des affleurements primaires.

1. Marnes et calcaires intercalés, fossiles carbonifériens abondants

2. Formations peu résistantes, accusées en creux et couverts de débris, supposées représenter le Méso et le Néo-dévonien ?

3. Les grès éodevoniens, avec intercalations d'argile, fossilifères. La source d'Aïn Cheikh jaillit entre deux feuillets de grès. Des dépôts traverlineux tout voisins attestent l'importance de la source à l'époque quaternaire.

4. Argiles ou marnes, formation peu résistante, accusée en creux et couverte de débris, difficile à observer. (Méso-dévonien 1)

5. Couches de calcaire amarante compact, contenant des fossiles, en particulier des orthocères, indéterminables. iMéso-dévonien ?)

6. Schistes noirs, fissiles, puissants, l'oued Chebbi y a creusé son lit. Il doit son nom à un gisement d'alun (chebbi) qui se trouve en grands cristaux dans un lambeau d'alluvions quaternaires à proximité de la source. Il semble donc bien que ces schistes soient alunifères.

Or les schistes à graptolithes, rapportés par Foureau du Tindesset, sont des schistes alunifères, et jamais encore on n'a signalé d'alun au Sahara dans une formation autre que silurienne. D'autre part, la source d'Aïn Chebbi, qui est abondante et pérenne, est probablement en relation avec un accident, une faille.

Les couches 1, 2, 3, 4, 5 plongent toutes à l'ouest, sous un angle de 4*i° peut-être. Le grès éodévonien recouvre les calcaires à orthocères, plus jeunes que lui. De part et d'autre de l'affleurement éodévonien qui marque nécessairement l'axe du pli, les affleurements de couches plus jeunes ne sont nullement symétriques.

Nous avons donc un pli orienté nord-sud (simple ou double?), vigoureusement déversé sur l'est, et qui vient s'écraser le long d'une faille contre un horst silurien.

Notons que ceci est une interprétation tardive, après des années écoulées, de la coupe notée sur le carnet.

Djebel Aberraz. — Celle du dj. Aberraz en revanche (iig. 55), encore que lacunaire, ne fait aucune part à l'hypothèse interprétative; elle est due à M. Chudeau.

Le djebel Aberraz est formé par deux anticlinaux déversés vers l'est: le pli occidental surtout est important; ils contrastent nettement avec la région située plus à l'est (jusqu'à Bled el Mass) où les plis à peine

TIDIKELT ET MUUID1H-AHNET

marqués forment une série de dômes et de cuvettes nettement fermés.

Les couches carbonifériennes fossilifères s'observent au voisinage de Hacian Taïbin sur le versant ouest du pli occidental.

Au sommet de ce pli, au dj. Aberraz proprement dit, affleurent en puissantes assises des grès qui ont le faciès et la masse des grès éodévoniens. Cette partie du pli ayant été malheureusement traversée de nuit la succession des couches n'a pas pu y être notée.

Ce plissement hercynien est arrêté à l'est par le horst calédonien de Bled el Mass. Il est composé de grès et de schistes verts et violets, parfois de couleur claire, très plissés et injectés de quartz. (Voir pl. XLIX, 90.)

Ce horst silurien était déjà arasé à l'époque dévonienne, puisque

Dj. Aberraz u a ra temamat

HacanTaibm *60 Bled el Mots Goret ed Dub

Fijr. 53. — Coupe d'il. Taïbin à Garet el Diab. — 1/600000, Cr. Crétacé inf. ; C, Carbonifère ; D. Dévonicn; S, Silurien ; T. pointe fossilifère ;

F, faille et diaclasc.

{Huit. Soc. -jtul. .'>., I» »<!rie. t. VII. p. «ri, flg. î.)

le grès dévoniende Garet Tamamat repose dessus en couches horizontales.

Il semble donc bien établi qu'un horst silurien, bordé à l'ouest par une faille nord-sud, s'étend d'Ain Chebbi à Bled el Mass ; c'est le butoir contre lequel est venu se déverser sur toute sa longueur visible le pli hercynien d'Ain Cheikh-Dj. Aberraz; et nous constatons ici, avec une grande précision, la limite entre les domaines respectifs des plis hercyniens et calédoniens.

Si mes souvenirs, un peu lointains, sont exacts, les schistes alunifères d'Aïn Chebbi sont bien moins dérangés que les couches de Bled el Mass. — Ceux du Tindesset, photographiés par Foureau 1 , paraissent assez voisins de l'horizontale. Il n'y a là aucune contradiction puisque les schistes à graptolithes sont rattachés par M. Haug au Silurien supérieur *. Les couches de Bled el Mass sont probablement du Silurien inférieur'.

Page 1