CHAPITRE V
Arrangements avec Kolokomi. — Départ de Mourzouk. — Halle & Gatro » Le marabout Bou Zeïd. — Tedcherri. — Un nouveau compagnon . — La fontaine de Meschrou. — Passage du mont Tummo.
Les nombreux accès de fièyre que j'avais eus encore en mai m'avaient causé une dyssenterie lente qui me faisait désirer de partir le plus tôt possible. Vers la fin du mois arriva d'ailleurs le noble Toubou qu'Hadch Dchâber avait promis de m'envoyer *. Ce noble, du titre de Maïna^ dont le nom était Akremi, mais qui était plus connu sous son surnom de Kolokomi, était accompagné d'un sien cousin, appelé Wolla. C'était un vigoureux gaillard de vingt années, d'une bonne taille moyenne, avec un teint fortement bronzé et une figure ronde, dont les traits et la barbe abondante n'avaient rien du nègre, dans le sens ordinaire du mot. Voila, plus maigre et plus noir de peau, avait au contraire un visage ovale. Le premier prétendait du reste avoir du sang touareg dans les veines, bien qu'en dehors des captures de femmes que la guerre amène, les deux tribus ne se mélangent guère. Il portait le costume du Bornou, et à voir son accoutrement délabré, qui ne brillait pas précisément par la propreté, on n'eût certes pas soupçonné en lui un personnage de qualité. Il est juste de dire que cet extérieur misérable n'altérait en rien la dignité de sa démarche non plus que l'air de fierté qui sied à tout libre fils du Désert. Les gens qui le connaissaient pour l'avoir vu plusieurs fois au Fezzan codaient de lui ce témoignage relativement satisfaisant, qu'il était un des moins mauvais parmi les hpmmes de sa tribu, lesquels sont, i^rai dire, tous de francs coquins.