EnviroD une heure et demie avant le coucher du aoIeiU
et se retira, pour délibérer, dans un de ces bouquets de sitvâks S comme il y en a tant dans le Zouar. Cette retraite était, on ne peut mieux, dans le caractère toubou. Mes avocats étaient Galma, Birsa et Bou Zeïd. Quant au noble Kolokomi, je vis pour la première fois en cette occurrence jusqu'à quel point son crédit était nul; on le mit tout simplement de côté, sans que personne prit la peine de discuter avec lui.
Que de négociations ! Le pis, c'était que, par suite d'une indiscrétion, on avait eu vent des sommes considérables que je m'étais engagé à payer à mes deux conducteurs officiels^ Kolokomi et Bou Zeïd, et puisqu'un homme de rien comme Kolokomi recevait quatre-vingts thalers, à quel prix ne devait pas être coté un Maïna de première classe et disposant d'une haute influence personnelle ! Il s'en suivit une discussion sur les motifs de mon voyage. Jamais encore un chrétien n'avait pénétré dans le pays, et Ton ne tenait pas à ce qu'il y en vînt aucun. Des sacrifices d'argent aussi gros que ceux que je faisais ne pouvaient, selon eux, s'expliquer que par des vues de pur intérêt; jamais, pour le simple plaisir de parcourir un écheveau tout nu de monts et de vallées, un de ces Européens qu'on dit si riches, si sages, si puissants, ne commettrait la sottise de s'aventurer seul sur le territoire mal famé de leur tribu.
Ils avaient beau chercher, il leur était impossible de comprendre ce que je venais faire dans leur misérable pays. Il est vrai que s'ils ne trouvaient point la clef de l'énigme, cela venait uniquement de leur ignorance relative du monde et de leur état de civilisation inférieure; une chose indubitable à leurs yeux, c'était que les chrétiens savaient à quoi s'en tenir sur les trésors à découvrir même dans une région très éloignée d'eux comme le Tibesti. Et, une fois sur cette piste de richesses cachées au sein de leur pays, ils en conclurent pour la plupart que mon objectif devait être les merveilleuse sources chaudes qui se trouvent sur les pentes orientales du Tarso et dans lesquelles vraisemblablement il y avait de l'or et de l'argent. Ils se confirmèrent dans cette idée, en apprenant qu'à plusieurs reprises j'avais questionné les indigènes au sujet desdites sources. Bref, ils tombèrent d'accord que mon but, en pénétrant chez eux, était de m'assurer de l'existence des trésors en question, pour revenir ensuite, avec l'aide de mes compatriotes, les chasser eux-mêmes de leur terre natale.