C'est-à-dire de l'Eunedi
plaine, à nourriture égale, ils résistent mieux. Rappelons, en passant^ qu'en outre de leurs chameaux les Tedâs possèdent pour le travail de bons et robustes ânes, qui suppléent à propos au nombre assez restreint de leurs « vaisseaux du Désert », et qui sont, pour les gens de certains districts, tels que le Bardai, des auxiliaires absolument indispensables.
Mais la ressource principale du pays, ce sont les grands troupeaux de chèvres qui, grimpant parmi les rochers, y trouvent toujours provende suffisante. La race en est petite, vigoureuse, à poils courts et de couleur ordinairement sombre. Plus rares, et, partant, plus estimés, sont les moutons, qui se distinguent essen-
MoQton tedâ.
tieliement de ceux des autres régions. Le mérinos des côtes est inconnu au Tibesti ; tous les individus de l'espèce gvine y ont le cou étiré, les jambes hautes, la queue grêle et longue, touchant presque à terre, et, au lieu de laine, cette ample crinière noire et luisante dont j'ai déjà eu occasion de parler. De la peau d'une seule de ces bêtes, on peut tirer un manteau d^hiver ou une housse pour une grande personne. Malheureusement, on ne trouve en quelque abondance ces nobles animaux que dans les vallées orientales (Bardai, Aozo, Jibi, Gouro, Ouri) et sur les pentes de l'emi Koussi.
Les chiens du Tou appartiennent à l'espèce défectueuse des lévriers fezzanais, et leur manque de race, comme la façon misérable dont ils sont nourris, ne s'accorde guère avec leur mission, qui est, je l'ai dit, de chasser la gazelle, l'antilope et l'autruche.
244 COUP DOEIL D'ENSEMBLE SUR LE TIBESTL
Us sont au reste fort peu nombreux, plus oombreux encore pourtant que les chats, dont le nom expressif, Ngâm^ est même emprunté à ridiome du Boraou. Les poules, elles non plus, n'abondent pas; leur appellation est aussi bornouane. Le cheval, Aski, assez fréquent^ dit-on, autrefois, n'existe plus qu'à l'état d'exemplaires isolés dans Tenneri Domar. Le bœuf, FouVy a aussi disparu ^.
Quant aux animaux sauvages [Kakouï)^ la seule d'espèce féroce, c'est la hyène. Il y en a trois variétés : la hyène tachetée [Molohour\ la rayée {Tourdi) et une espèce plus grande, à la robe sombre et unicolore [Zigir), qui ne s'attaque point aux bétes vivantes et se repatt uniquement de charognes. Le chacal n'est pas rare
Babouins du Tibesti.
dans les vallées orientales, et l'on rencontre aussi mainte trace de renards {Kouloukou ou Kiieki). Le babouin, déjà mentionné* {Dounkou), hante les rives rocheuses des enneris, sans avoir rien à craindre des habitants, qui auraient honte de faire le moindre mal à cet « homme enchanté » et de le détenir dans leurs maisons. Comme gibierde chasse^ je citerai le mouton à crinière ou Wadân {Ovis tragelaphus)^ le petit lièvre du Désert {Tckomar), et diverses antilopes, entre autres la gazelle {Oudêno), et l'antilope leucoryx {Tourout Zâdê), dont on utilise le cuir épais pour en confectionner des boucliers, et aussi des semelles de souliers à l'intention