‹ Sahara et Soudan:Chapitre 35 sur 111 · Voyez ci-dessus, pages 80 et · texte numérisé non relu

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i62 LE MEURTRE DE M"* TINNE.

obligé, disait-il^ de retourner à Gbâtplus tôt qu'il ne l'avait pensé, avait tout à coup quitté sa protégée, en la confiant a un marabout domicilié dans l'oued, Hâdch Ahmed Bou Slàb, qui devait d'abord la reconduire à Mourzouk, où elle avait à achever ses préparatifs de voyage, puis l'escorter jusqu'à Ghât, et aux mains duquel, assurait-il, elle seYait aussi en sûreté que sous sa propre garde. Tandis que l'exploratrice, revenue dans la capitale du Fezzan en compagnie du guide susnommé, s'occupait d'y prendre ses dernières dispositions, elle reçut la visite de huit Touaregs de la suite d'ichnouchen, parmi lesquels un neveu du vieux chef et un oncle d'Âb der-Rhâman, qui déclarèrent se mettre à ses ordres pour faire route avec elle. Mademoiselle Tinne accepta volontiers ce supplément d'escorte, qui se trouva encore fâcheusement renforcé par les vingt-sept conducteurs arabes des vingt-sept chameaux de louage qu'eUe s'était procurés en sus des siens.

Les huit Touaregs sortirent effectivement de Mourzouk en même temps que l'Européenne, et ne cessèrent de cheminer, sinon tout à fait avec elle, du moins en vue de sa caravane. On atteignit ainsi le val Aberdchouch, situé à une distance de deux journées de marche, et, passé lequel, on commence à entrer sur les territoires inhabités. Le matin du 1"" août, on allait plier les tentes pour se remettre en route, et déjà une partie des chameaux se trouvaient chargés; les Touaregs, appuyés sur leurs lances un peu à l'écart, et le visage soigneusement voilé selon leur coutume, attendaient le signal du départ commun, quand deux des Arabes, sans doute d'après un dessein concerté, entamèrent une dispute au sujet de l'arrimage des paquets. Les deux domestiques hollandais, tout prêts à partir, leurs bêtes bouclées, leurs armes à feu accrochées aux selles, allaient çà et là, donnant aux choses un dernier coupd'œil. L'un d'eux, Kees Oostmans, qui se trouvait près des deux Arabes en train de se chamailler, essaya de s'interposer entre eux.

C'était probablement Toccasiou que les ^ conjurés attendaient jpour avoir prétexte d'exécuter leur infâme projet. Les deux chameliers se retournèrent vers le Hollandais et lui enjoignirent de s'occuper de ses affaires. 11 s'ensuivit un' échange d'injures, qui allèrent s'envenimant de plus en plus, et Ton menaçait d'en venir aux mains, quand tout à coup, un des Touaregs, le propre neveu d'ichnouchen^ se précipita, la lance levée, entre les disputeurs, et transperça le jeune Hollandais en lui disant : « Qu'as-tu à te mêler d'une querelle entre Musulmans? » Le mal-

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