I. Voyez ci-dessus, page
2";6 L'OASIS DE KAWAR.
fermant avec soin, et protégés par un avant-mur de terre de près d'un mètre de hauteur. Toute la masse rocheuse est d'ailleurs percée d'excavations et de galeries intérieures, dans lesquelles, aux moments de péril, on retire à l'abri le menu bétail. Immédiatement au pied de la paroi qui regarde le village, se trouvé une fontaine où Ton peut, de la plate-forme du rocher, faire descendre un seau. Par malheur^ il est rare que cette citerne ait de l'eau en sufGsance, d'où il résulte que, le cas échéant, la citadelle^ difficile à prendre, n'est guère tenable plus de quelques jours.
Le second village de Kawâr, Anikoumma, comme on l'appelle (par corruption d'Eï Tchouïma ou Riouïma, qui veut dire Roches blanches), est situé à une petite demi-heure du premier, à la lisière orientale de l'oasis, et, semblablement, au pied d'une forteresse naturelle de rocher. 11 renferme de soixante à soixante-dix cases. Là encore, il nous fut fait un accueil solennel, malencontreusement troublé néanmoins par un effroyable vent d'est qui vint emplir toute la vallée d'une trombe suffocante de poussière, obligeant les indigènes eux-mêmes, quoique habitués à ce phénomène, à chercher un refuge dans leurs maisons.
A Anikoumma, j'eus le plaisir de revoir, et cette fois en pleine sécurité, plusieurs de mes anciennes connaissances du Tibesti. Tels furent entre autres, le fils de Teraidomi, et Arami mon libérateur, qui parurent le soir même, tant pour me saluer que pour solliciter de Bou Aïscha des lettres avec lesquelles ils se proposaient de se rendre à Mourzouk afin d'y négocier la paix entre leurs compatriotes et le Fezzan. Cette affaire réglée, Arami profita de la nuit tombante pour me rappeler confidentiellement les services qu'il m'avait rendus au Bardai, et réclamer de moi, sous une forme moins impérieuse pourtant qu'autrefois, l'octroi de quelques cadeaux. Je dois dire que mes gens, dont la haine contre les Toubou n'avait pas encore eu le temps de s'assoupir, ne furent pas d'une politesse exquise avec le Maina ; mais, quoique j'eusse fait tous mes efforts pour les ramener à la raison et obtenir d'eux un langage conciliant à l'égard de mon hôte, l'impossibilité où je me trouvais de gratifier le noble Arami fut cause qu'il me quitta d'un air courroucé, en me déclarant avec menace qu'on me réglerait sommairement mon compte, si jamais il me reprenait fantaisie d'aller au Tibesti. J'avoue que, pour le moment, je ne me sentais pas une extrême envie de récidiver.
Après que Bou Aïscha eût fait de nouvelles emplettes en chameaux et en céréales, nous transférâmes, le 28 mai, nos quartier»
L'OASIS DE KAWAR. 279
h Aschenoumma, autre localité plus méridionale, toujours à la lisière Est de Toasis. Ce village, qui offre le même site caractéristique que les précédents, compte une centaine d'habitations, dont un grand nombre étaient alors vides, leurs propriétaires étant en voyage pour affaires ou ayant émigré à la suite des dernières attaques des Oulâd Sliman. Eldchi, que nous gagnâmes le lendemain, était à peu près dans les mêmes conditions.
De cette dernière bourgade, on en aperçoit une autre à dix minutes plus au sud^ qui porte le nom de Digomani, et à Touest, dans la même direction, apparaît un lac entouré d'une luxuriante végétation, avec un grand bois de palmiers à l'arrière-plan. J^ajouterai que, près de mon campement d'Eldchi, se tenait un marché assez animé qui me permit de faire de nouvelles observations sur le type et le costume du beau sexe toubou. Des chèvres, du trèfle, des dattes, des céréales et du sel, tels étaient les objets débités sur la place.
Dirki, la résidence du souverain de Kawâr, est sis à la partie ouest de Toasis. Nous nous y rendîmes le 30 mai, en passant par la rive sud-est du lac en question, lac salé qui a deux kilomètres environ de longueur et dont les bords présentent un épais ourlet de roseaux. Au bout de deux heures, comme nous approchions de la capitale, nous en rencontrâmes les habi^nts, qui, leur Dardai et ses dignitaires chevauchant en tète, venaient nous offrir leurs salutations.
Dounnoma, — c'était le nom du prince, — était un jeune homme de vingt et quelques années, très foncé de teint, petit, trapu, avec une physionomie régulière et presque avenante. Sa façon de saluer était simple, avec une pointe de galanterie. Sa suite se composait de cinquante ou soixante personnes des deux sexes, dont l'habillement décelait une certaine aisance, et qui, toutes, trahissaient dans leurs manières une urbanité due aux relations fréquentes que ces gens ont avec les étrangers. Les femmes surtout mettaient dans leurs démonstrations un enthousiasme des plus passionnés, et je crus que leurs hommages envers Bou Aîscha ne finiraient jamais ; c'étaient des contorsions de corps, des balancements pleins de grâce, des génuflexions, avec accompagnement de récitatifs rythmés, que l'une d'elles improvisait et que les autres répétaient en chœur. Tantôt toute la compagnie tombait à genoux, se couvrant humblement de sable la tête et les épaules ; tantôt, comme d'un commun accord, sans que la grâce de leurs mouvements en souffrit, toutes ces femmes se précipitaient
2S0 L'OASIS DE KAWAR.
sur les jeunes hommes de notre caravane, et les éventant avec des roseaux, des branches de palmiers ou des plumes d'autruche, elles les incitaient à renouveler leurs salves de coups de fusil.
Avec elles étaient deux exécutants, dont l'un s'escrimait sur un gros tambour, tandis que l'autre, sans se préoccuper d'aller en mesure avec le premier, tirait comme un enragé d'une corne d'antilope des accents qui n'étaient pas précisément des plus mélodieux. Toute la troupe suait à grosses gouttes, tant à force de se démener que par Tefifet de la température qui, à l'ombre de l'arbre le plus touffu, excédait 45 degrés.
Guidés par cette avant-garde, nous passâmes le long d'un second petit lac, presque à sec, qui se trouve à la frange sud de la ville, et nous dressâmes nos tentes de ce côté, au milieu d'un bois clair de palmiers. Le Dardai' nous envoya bientôt, à titre de présent d'hospitalité, un jeune bœuf que les Marocains, pour qui manier le couteau est une fête sans pareille, ne voulurent laisser à personne le plaisir d'abattre. Là, outre Arami, qui vint me faire encore une fois sa visite, non sans avoir à essuyer de nouvelles rebuffades de mes gens, je vis paraître Kolokomi, mon ex-guide si sujet à caution. L'après-midi, quand la chaleur fut un peu tombée, j'entrepris une excursion dans la ville, la plus ancienne et la plus considérable de l'oasis de Kawâr.
Dirki, ou encore, en tedâ, Dirko, est d'origine bornouane. Elle semble avoir été fondée, au commencement du onzième siècle de notre ère, par le roi Arki, qui y établit une colonie d'esclaves et de Bornouans. Les maisons y sont toutes en terre salifère et disposées comme au Bornou. Il subsiste encore autour de la ville des restes d'anciens murs de terre. En étendue, elle surpasse Gatroun, quoique fort dépeuplée, elle aussi, dans ces derniei^s temps.
Outre le lac qui la borne au midi, il y en a un autre un peu plus à l'ouest. Comme Môurzouk, Dirki doit aux marais salins qui l'environnent des effluves de malaria qui n'épargnent même pas toujours les habitants. Aussi, en ma qualité d'Européen et de médecin, ne chômai-je point de visiteurs. Mon activité, il est vrai, s'exerça surtout sur les dents cariées. Une jeune fille d'Aschcnoumma avait été témoin de la façon dont j'avais débarrassé d'une molaire malade un de mes domestiques : dès ce moment, mon repos fut perdu. Mon renom d'habileté en cette branche modeste de chirurgie me suivit à Eldchi et à Dirki, si bien qu'en une seule journée une trentaine d'extractions étaient mes moindres trophées. Jeunes et vieux se prêtaient de bon
L'OASIS DE KAWAR. 281
cœur, sans donner la plus petite marque de douleur, à ce genre d*opération peu aimable, et il y avait même des individus qui se faisaient arracher trois et quatre dents de suite dans une même séance, sans paraîlre complètement rassasiés. Une jeune fille, à laquelle, sur ses pressantes instances, je venais d'extirper déjà cinq chicots, me pria et me supplia de bien regarder s'il ne restait pas encore quelque part un petit relief à déraciner.
Obligé naturellement de faire quelques cadeaux au Dardai^ je lui envoyai par Bouï Mohammed un burnous de drap, un tarbousch^ douze aunes de mousseline pour turban, un chapelet de bois de sandal et trois flacons d'essence. Mais Dounnoma répudia ces dons comme insuffisants, sous prétexte que Gerhard Rohlfs avait gratifié son prédécesseur de 70 thalers Marie- Thérèse, et que moi-même j'avais traité d'une façon beaucoup plus généreuse son cousin et collègue du Tou, bien que Kawâr, qui commande la route de caravanes du Bornou, soit un passage de plus d'importance que le Tibesti. Comme Bou Aîscha et nos compagnons trouvaient nonobstant mes présents tout à fait convenables, et qu'avec la confiance que me donnuit la force de notre caravane, je refusais absolument de me laisser extorquer rien de plus, le jeune chef se résigna, non sans me déclarer d'une façon aussi amicale que naïve, que, si j'avais été seul, il m'aurait bien autrement mis à contribution, et qu'il espérait du reste se rattraper à mon retour. Je he pus que lui répondre que j'étais absolument convaincu de la vérité de ses paroles, mais qu'avec l'aide de Dieu, je comptais ne le revoir jamais. Néanmoins, j'ajoutai encore quelques jolis présents pour son oncle, Hâdch Billâh^ eu égard à ce que c'était lui qui, vu la jeunesse et l'inexpérience de son neveu, avait en main les rênes de TÉtat.
Si le souverain temporel de Kawâr résidait à Dirki, le chef spirituel habitait Schimmedrou^ où se trouvait un institut de Soousis. Cette localilé, que nous atteignîmes le l''' juin, est située à une bonne heure de l'autre, dans le sud-sud-est. Les hommages d'accueil nous y furent rendus presque exclusivement, toujours suivant les us habituels, par la partie féminine de la population. Arrivés non loin de la ZaomVi, nous fîmes halte pour témoigner de notre respect envers le gardien de la foi ; nous n'en dûmes pas moins attendre assez Igngtemps qu'il plût au maître du lieu de sortir.
Il parut enfin, à la tête des habitants mâles de Schimmedrou, à qui ce peu d'empressement du religieux à venir au-devant
282 L'OASIS DE KAWAR.
d'un personnage tel que Bou Aïsclia imposait ccrlainement au plus liant degré. Ce sous-chef des Croyants daigna pousser la condescendance jusqu'à s'avancer vers nous à une centaine de pas de sa demeure. De notre côté, nous mimes respectueusement pied à terre, et abordâmes le saint homme avec le maintien le plus digne qu'il se put. Chacun de nous, l'un après l'autre, lui haisa humblement la poitrine, tandis que lui, comme abimé en de pieuses méditations, tournait négligemment son rosaire d'une main, et, de l'autre, faisait le geste d'embrasser celui qui le saluait, non sans avoir soin, malgré son indifférence apparente, de proportionner et de nuancer ledit geste d'après l'état social et la qualité de chacun.
La hauleur et l'arrogance de ces cheiks snousis surpassent tout ce qu'on peut imaginer ; mais, ce qui est encore au-dessus, c'est l'esprit de ruse et d'astuce qu'ils déploient pour accroître et étendre leur inûuence. Quelle haute idée ne doivent pas avoir de leur chef spirituel les modestes habitants de Rawâr, en voyant un homme tel que Bou Aïscha, un membre du gouvernement de Tripoli, un envoyé direct du Commandeur des Croyants, descendre de cheval à cinquante pas de lui, pour aller baiser la frange de sa robe? 11 va sans dire qu'en ce qui me concerne je n'eus pas les premiers honneurs de la scène ; car lorsque, mon tour de salut étant arrivé^ j'allai au pieux homme pour lui tendre la main, il retira la sienne en arrière, et se contenta de marmotter quelques mots de bienvenue, tels qu'on peut en accorder à un infidèle. Heureusement que peu de gens remarquèrent le déni de politesse.
Schimmedrou, situé au revers de la chaîne orientale, compte de 120 à 130 habitations^ disséminées sur les pentes et au pied nord-ouest d'une de ces citadelles rocheuses, à plateau culminant, que j'ai déjà eu occasion de décrire. Celle-ci, haute de 80 mètres, n'est accessible que du côté sud-est, au moyen d'une échelle. Outre plusieurs fontaines dans la vallée, il s'en trouve une autre plus haut, dans la Zaouia, qui n'a pas moins de onze mètres de profondeur.
Tandis que Bou Aïscha et ses compagnons faisaient ripaille près du missionnaire en affichant des dehors de piété, j'occupais comme d'habitude mes loisirs en donnant des consultations médicales. Nos chameaux, de leur côté, s'en allaient chaque matin au vert dans un pacage d'a/ioi//, où ils se régalaient à leur façon. La chaleur, toujours excessive, se trouva un peu tempérée le 2 juin par un vent violent du sud-est qui amoncela au ciel de gros
L OASIS DE KAWAR. â83
nuages; par deux fois, il tomba même quelques gouttes de pluie.
Le i, nous allâmes à Emi Madema, petite localité de 80 feux ; le lendemain, nous couchâmes à Aguerr, et le 7 nous entrâmes dans le district de Bilmâ, dont les inépuisables salines alimentent la plus grande partie du Sahara, presque tout le Bornou et les États d'Haoussa.
Garou, qui en est le cheMieu, et où la langue kanouri remporte déjà sur Tidiome tedâ, est Tunique ville de Toasis. La population peut en être évaluée à 2,000 âmes. Malheureusement, en dépit des ressources qu'offre l'exploitation des salines, les pilleries incessantes des Oulâd Sliman ont ruiné en partie le pays. La bourgade voisine, celle de Kalala, est cependant assez prospère, grâce au mouvement des caravanes qui y viennent toute l'année faire provision de sel.
Somme toute, le plateau saharien que nous venions de parcourir va peu à peu décroissant d'altitude, depuis la haute vallée d'érosion (655°*) d'où s'élève le Tummo jusqu'à la plaine de Bilmâ (350°"). A cet abaissement correspond une modification dans l'aspect du sol, lequel devient de plus en plus fertile. Partout, dans l'oasis de Kawâr, l'eau se rencontre à moins d'un mètre sous terre. Géologiquement toutefois, la constitution du terrain est la même que dans le nord du désert. La plaine est semée d'intumescences tabulaires, aux parois retombant pyramidalement, dont l'élévation varie de 50 à 60 mètres, et d'où rayonnent à l'est ou au sud-est, dans le sens de l'inclinaison générale du pays, des dépressions à fond plat ayant à peine le caractère de vallées fluviales. Légèrement torse du nord au. sud, l'oasis de Rawâr peut avoir 80 kilomètres de longueur sur 8 ou 10 de largeur. J'ai dit qu'elle était bornée à Test par une chaîne de montagnes à pic. Du côté de l'ouest, au contraire, la ligne d'arête entre la vallée et le désert est à peine sensible.
Kawâr^ je le répète, appartient aux Tedâ qui lui donnent le nom d'Enneri Touguê, désignation qui veut dire Val rocheux (Touguê, rocher), mais qui, entendue dans une plus large acception, peut sigifier aussi « pays des solides constructions » : à preuve, l'appellation de Toubougâ (habitants des villes) que les Tibestiens appliquent parfois aux gens du Bornou, contrée absolument dépourvue de rochers. Bien que Télément bornou à Kawâr se soit mêlé au fonds tedâ de manière à n'en pouvoir plus guère être séparé, on retrouve néanmoins la diversité d'origine dans le mode de groupement des habitations. Les Toubou Res-
284 L'OASIS DK KAWAH.
châde, conformément à leurs usages natifs et aux nécessités que ceux-ci leur créent, ont pris soin d'adosser leurs demeures aux redans de rocher que le site leur offrait, et se sont conséquemment établis de préférence au pied de la chaîne orientale ou de ses contreforts. Les Bornouans au contraire, qui n'ont pas Thabitude des rochers, se sont installés dans le fond de la vallée, et, au lieu de se contenter de hutles éparses et de petits villages, ils ont, à la façon de leur pays, créé de véritables villes, avec des maisons de terre et des rues, le tout entouré de murs défcusifs.
L'oasis entière renferme onze localités habitées, y compris un village que je n'ai pas vu, mais que Gerhard Rohlfs avait visité. Le chiffre de la population, que je crois pouvoir évaluer en bloc à 6,000 îimes, varie avec les circonstances politiques. Au lendemain d'une razzia de nomades, le pays se dépeuple; mais, peu a peu, les fuyards reviennent; la cueillette des dattes surtout a la vertu de revivifier la région. L'autorité nominale y est, on Ta vu, comme dans le Tou, aux mains d'un Dardai (ou Mai;; ce dernier appartient également h la tribu des Tomàghera, lesquels constituent «i Kawàr le plus gros appoint de l'élément ledâ. A partie sel et les dattes (celles-ci de qualité secondaire), le sol n'y fournit point de produits là citer. Bien que favorisée par l'abondance d'eau, la culture des céréales y est nulle, entravée qu'elle est par les Touareg; la présence de salines et la situation favorable de l'oasis entre le Bornou, le Fezzan, Ahîr et Ghât, ont porté d'ailleurs les Kawâriens à se faire de préférence négociants. Sans cesse ils sont par les^chemins, à véhiculer les denrées du Soudan.
Kâwar est la plus importante oasis toubou du côté de l'ouest. Un peu plus loin, dans la même direction, s'en trouvent, on le sait, deux autres encore, Djebâdo et Agram : d'où il suit qiie la ligne de séparation entre les Tedâ et les Touareg peut être placée au 12® degré de longitude occidentale. Entre Ahir et les deux dernières oasis précitées s'étend une hamada nue et aride, de trois à quatre cents kilomètres de largeur. Agram et Djebâdo même ne sont pas des districts purement toubou : la première est plutôt une colonie bornouane mélangée d'éléments tedâ, et, quant à la seconde, encore que le fonds toubou y domine, elle renferme un fort contingent de gens deSigguedim, localité colonisée à la même époque que Dirki, le chef-lieu de Kawâr, par des émigrés venus du Bornou. Ajoutons que, de Dirki à Agadéset à Ahir, la distance est de neuf journées de marche, et que, du même pointa Ghât, elle est de onze jours.
VOYAGE AU BORNOU
(suite)