‹ Sahara et Soudan:Chapitre 56 sur 111 · APPRÊTS DE DÉPART · texte numérisé non relu

APPRÊTS DE DÉPART

bres remplies d'étoffes et de denrées marchandes, mille glaives, cinq cents boucliers, des fusils et des carabines par centaines, deux cents cottes ouatées, et une valeur de vingt mille thalers Marie-Thérèse en espèces. Quant à la dignité restée vacante par sa mort, ce fut son fils aîné Abâdji, jeune viveur, d'un esprit médiocre, qui en fut revêtu.

Cet événement ayant achevé de mettre à néant mon projet d'excursion sur le Tsâd, et une tournée dans TOuadaï étant chose également impossible jusqu'à nouvel ordre, je songeais déjà à gagner par l'Adamâoua la côte ouest du continent africain quand l'arrivée d'une caravane d'Arabes Mgharba et Oulàd Sliman, parmi lesquels se trouvait un neveu d'un conseiller de Kouka, Hazâz, fils de Bou Alâk, vint m'ouvrir une perspective différente. En dépit de leur mauvais renom, ces gens me plurent fort à première vue, et comme, au bout de quelques mois, ils se proposaient de se rendre au Borkou, pour y faire la récolte des dattes, je résolus aussitôt de me joindre à eux. Cette excursion m'offrait l'avantage, non seulement de voir la partie du Kânem. qu'avaient visitée Barth et Overweg, mais encore d'explorer des régions tout à fait inconnues; j'espérais, à cette occasion, pouvoir établir la position exacte du Bahâr el Ghazâl par rapport au lac Tsâd, et gagner peut-être le point extrême sud de mon précédent voyage au Tibesti, de manière à recueillir les éléments d'une cartographie plus exacte de cette contrée du Sahara oriental.

J'avais hâte d'ailleurs de quitter Kouka. J'y étais déjà depuis sept mois, et, bien que je n'y eusse point perdu mon temps, j'aspirais, en ma qualité de voyageur, a pousser toujours en avant el à voir des pays nouveaux. Joignez que mes visites hebdomadaires au Cheik Omar commençaient à me causer un grave embarras; l'usage veut qu'un étranger, toutes les fois qu'il va voir le sullan, lui ménage la petite surprise d'un cadeau quelconque; or, à ce jeu, j'avais fini par épuiser mou stock d'objets susceptibles d'être offerts en présent, si bien qu'il devenait désirable que je fisse une absence jusqu'à l'arrivée d'une menue cargaison que j'attendais d'Europe.

Un sérieux entretien que j'eus avec Bou Aïscha, l'Arabe Hazài et un Oulâd Sliman du nom d'Abou Teïr, établi à Kouka depms plusieurs années, acheva de me confirmer dans ma résolution. Hazâz s'engageait à me conduire, à travers les districts sud-est du Kanem et le Bahar el-Ghazâl inférieur, jusqu'au Borkou, el à me ramener de là au Bornou dans un délai de quatre mois

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