‹ Sahara et Soudan:Chapitre 58 sur 111 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Départ de Kouka. — Arrivée à Nguigmi. — Caractère de la rive nord du lac Tsild. — Halte au campement des Miaïssa, près de la fontaine de Barka. — Types et mœurs de mon entourage. — Un message de TOuadaï. — Intervention malencontreuse d'un missionnaire de la secte Snousi. — État de mon train personnel en hommes et en bêtes.

Je me mis en route le 20 mars, emmenant avec moi trois domestiques, Soliman, Hadch Housein et Hammou, et laissant à Kouka tout un train de maison, composé de mon vieux Mohammed de Gatroun, qui se proposait de retourner au Fezzan avec la plus prochaine caravane, plus deux autres serviteurs, et un cheval superbe.

Sortis de la ville par la porte nord, nous allâmes camper le premier jour à cinq heures de Kouka, tout près du Village de Damguerim, au milieu d'une région mamelonnée où croissaient des acacias rabougris et quelques nedjilidjs pauvres en feuillage. Le lendemain, nous gagnâmes la bourgade de Mara; le 22, nous étions à Arêgué, localité jadis importante, aujourd'hui déchue, qu'habitent des kanembou Sougourti, et le 23, nous atteignions la rivière de Yoô, qui, malgré la saison avancée, roulait encore un courant d'une quinzaine de pas de largeur. Là, la fraîcheur de la nuit, jointe à l'abondance de rosée, me causa un violent accès de fièvre, contre lequel, malheureusement, je ne pouvais user de quinine, ayant laissé derrière moi à Kouka l'unique once qui me restât encore de ce précieux médicament.

Le 25 mars, après avoir franchi la rivière, où nous eûmes de Teau jusqu'aux genoux, nous traversâmes les beaux champs de coton de Gangaram pour aller coucher à quatre heures environ au delà du village de Billa Ganna, en un lieu hanté par toute une

Page 1