‹ Sahara et Soudan:Chapitre 64 sur 111 · A TRAVERS LE DISTRICT DE SCHITATI · texte numérisé non relu

A TRAVERS LE DISTRICT DE SCHITATI

lités renaissantes de ces consciences de nomades, et remettre les choses en leurs joints; mais Thomme de Djâlo demeura mon ennemi irréconciliable.

Selle de voyage des princesses chez les OulAd Sllman.

Vers Birfo, la station suivante, où Ton quitte le territoire du Kânem, les arbres devinrent plus rares et plus rabougris ; le sol sablonneux n'enfantait plus que des gramens et des herbes four-

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ragères, parmi lesquels apparaissait pour la première fois la plante du Désert que Ton nomme el-Hâd [Comulata monocan" tha). Aux vallées succéda une sorte de steppe ondulé, analogue à celui de Tintoumma, entre Toasis de Kawâr et le Bornou, et aux vents, jusque là variables, un régime atmosphérique fixe, à savoir Falizé du nord-est, se levant et se couchant avec le soleil. Nous sortions de la zone des pluies estivales pour rentrer dans la ' région du Désert.

De Birro, en deux jours de marche, dans la direction esl-« nord-est, nous atteignîmes la vallée d'Egueï, vaste dépression en forme d^auge, qui s'incline du nord-ouest au sud-est, sans toutefois rejoindre le Bahar el-Ghazâl. Là, je constatai avec déplaisir. Fétat d'épuisement de mon chameau touareg; plusieurs heures encore, avec l'énergie naturelle à sa race, il essaya de réagir contre la fatigue ; mais son allure devint de plus en plus faible ; la distance qui le séparait de ses camarades s'accrut à chaque pas, et, finalement, le pauvre animal, avec la résignation de ses pareils, se coucha pour ne plus se relever. Sur l'entrefaite, du haut d'une éminence de terrain, nous aperçûmes à l'horizon une ligne sombre de végétation qui tranchait vivement sur Timmense aire de sable luisant, et qui était la station de Solâdo^. Nous ne tardâmes pas à y arriver. Gomme presque partout dans l'Egueï, l'eau des puits y est riche en sels purgatifs et, à ce titre, fort prisée des nomades ; ils la considèrent comme ayant des vertus curatives qui excitent à un haut degré l'appétit des chameaux et qui font des pâtis de la région une très fortifiante nourriture pour ces bétes. Le sable de TEguei, fin et meuble, jouit également d'un renom spécial. Les Dazâ, pour y camper, se débarrassent de leur pantalon, persuadés que le contact immédiat de leur peau avec cette arène les rend insensibles à la faim et à la soif ; on attribue en outre à ce sable la propriété de nettoyer à merveille, si bien, dit-on, que, dans l'Egueï, personne n'a jamais eu à laver ses habits.

Les pâturages locaux appartiennent à la tribu borkouane des Djagjidâ ou Mousou, appelée encore Nâs Oda (gens d'Oda), du nom d'un de ses chefs les plus fameux. Leur droit de possession traditionnel n'empêche pas toutefois les Arabes et leurs alliés, . les Dazâ du Kânem, de mener chaque année, pour quelques semaines, leurs chameaux faire une cure en ces lieux. D'autres

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