‹ Sahara et Soudan:Chapitre 65 sur 111 · I. SoMdo^ en doza ; en arabe, Soldi · texte numérisé non relu

I. SoMdo^ en doza ; en arabe, Soldi

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tribus encore, et celles-là amies des Mousou, y font des apparitions temporaires, de sorte que cette station de pacage a été de bonne heure un but de razzias; les Oulâd Sliman, au commencement de leur exode vers le sud, y venaient ravir les chameaux des Dâza, et eux-mêmes y recevaient fréquemment la visite des pillards touareg et ouadaïens.

Le 6 mai, en six heures, nous gagnâmes la fontaine de Schkâb, près de laquelle nous trouvâmes incrustés dans le sol des vertèbres de poisson, reliefs d'animaux de taille considérable : ce qui démontre que jadis, et à une époque relativement rapprochée, s'il en faut croire les traditions locales, la vallée a été couverte par les eaux. L'observation prouve en outre que l'Egueï est, comme niveau, au-dessous du lac Tsâd, et qu'il s'incline, je l'ai déjà dit, dans la direction du Baharel-Ghazâl; mais je reviendrai plus loin sur ce point spécial et intéressant.

C'est dans cette vallée que nous vîmes pour la première fois des dunes de sable isolées ayant une forme bien définie. Toutes avaient à peu près la même hauteur, quinze mètres au maximum, et présentaient du côté du nord une croupe convexe, du côté du sud un plan concave, et à pic, avec une arête vive de séparalion au sommet. Les plaines au loin étaient couvertes d'un nombre infini de ces formations mobiles, diversement espacées entre elles, et qui sont évidemment l'œuvre des souffles réguliers de lalizé. La rapidité avec laquelle elles se déplacent varie naturellement, selon qu'elles cheminent sur une serir complètement unie, ou sur un terrain dont les inégalités entravent leur mouvement ; elle varie aussi suivant que leur noyau ou leur cause d'origine a été un arbre, un buisson ou un autre objet de moindre importance. Un vieux Dâza intelligent du Borkou prétendait avoir vu dans son enfance, tout près de l'oasis de Jin, une dune de ce genre qui en est à présent à seize kilomètres, et mes compagnons arabes, comme je revenais du Borkou, m'en firent voir une, près de la fontaine de Toungour, qui avait englouti un arbre qui, sept années auparavant, en était encore à vingt pas. Ces dunes mouvantes ont reçu des Arabes le nom de Ghard (pluriel Ghourond), par opposition aux dunes fixes, formant des chaînes et des groupements, que l'on appelle Erk (pluriel Orouk) et sur lesquelles le vent n'agit guère que pour en modifier les contours.

Là où il n'y a point de'ces intumescences sablonneuses, l'Egueï est riche en fourrages et en eau terrestre. Celle-ci se rencontre tout près de la surface du sol, et, à Schkâb par exemple, la station

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ci-dessus mentionnée, pas une fontaine n'est à plus d'un mètre. La vallée entière compte un grand nombre de points aquifères, dont les plus au sud-est sont encore toutefois à deux journées et demie de marche de la première aiguade du Bahar el-Ghazâl. Dans Fespace intermédiaire s'étend, parait-il, une plaine plus haut située que rEgueï, mais qui pourtant n'a pas tout à fait le caractère de désert.

C'était à la fontaine de SchkAb que tous les détachements des Oulâd Sliman devaient se réunir pour achever ensemble de gagner le Borkou, l'abondance d'eaux dans l'Egueï et dans le val suivant, le Bodelê, permettant désormais la concentration sur un

Algazelle {Oryx leucoryx),

seul et même point de troupes considérables de chameaux. Ce n'était pas, je l'ai déjà dit, que l'avoir de la tribu en chameaux fût aussi grand qu'on l'eût attendu de gens dont cette cavalerie était l'unique richesse; les personnages les plus considérables, tels que Hâzaz, ne disposaient guère de plus de trente têtes de ce bétail ; le chef lui-même, Abd el-Dschlîl, en avait environ cinquante ou soixante, et el-Hidchi, le frère d'Assouad, qui était à cet égard le

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