Voyez ci-dessus, pages 366 à
d'éléments dâza, et ayant chacun leur nom distinctif : Fougo Mea^ descendants de Fougo (en arabe Fougabou), — ce sont les Kànembou, — et Zezirtia, gens de Zezirti, — ce sont les Dâza. Des deux contingents, le plus nombreux est celui des Kânembou, qui reconnaissent pour leur auteur un pieux homme de Tépoque bornouane, revêtu de la dignité de Kadi^ d'où la désignation de Kadiwa [Kâdawa) appliquée à Fensemble de la tribu. Mais les Daza, plus énergiques, en leur qualité de nomades, ont acquis peu à peu la prépondérance, et leur langue est devenue celle de toute la peuplade. A Tépoque de mon passage, les Zezirtia avaient pour chef ce Barka Hallouf, dont j'ai eu ci-dessus occasion de parler, et les Fougo Mea obéissaient au fougobo Kobber. Les Kadiwa, chez qui domine la fière humeur des nomades, n'exploitent pas eux-mêmes le sol; mais ils ont, dans presque toutes les vallées, des parents ou des clients (en dâza, Mêlo), de souche kânembou plus ou moins pure, qui vaquent aux travaux d'agriculture nécessaires. Avec les Kâdawa vivent des fragments de la petite tribu tedâ des Mâdâ, originaires du Tibesti, et de la tribu choa des Béni Hasen, établis en grand nombre au Bornou.
Les Jouroa *, issus, dit-on, des Dogorda du Woun (au Borkou), possèdent, pour leur part, les vallées de Beldjidji, d'Erga, d'Oura, de Kliten, de Ganaza et de Kailé. Les Orabba *, tribu de souche daza pure, mêlée de quelques éléments kânembou, et, avec le temps, devenue sédentaire, cultivent et paissent les enneris Kaou, Koulâja, Dôza et Ougueloum. Çà et là, quelques Kânembou sont restés dans leurs vallées d'origine, et, sous le nom à'Hammedj, et la tutelle des Dâza, s'y livrent à l'agriculture. De même, dans certaines vallées du Schitati et dans le sud-est du Manga, on rencontre de petits groupes de Dânoa, vivant dans des condition<î analogues.
La partie ouest du Schitati appartient aux Wandala, la tribu nomade la plus importante et la plus riche du Kânem avec celle des Kadiwa. Ils avaient autrefois leurs cantonnements entre Birfo et Belgajifari. A répoque de mon voyage, ils se subdivisaient en gens du Kedela Zezirti, et en gens du Kedela Tokoi. Us errent, au nord, jusqu'au Manga, au sud, jusqu'au bord du Tsâd, et, à l'ouest, jusqu'à la route du Bornou. Leur ancien avoir exclusif en chameaux a beaucoup décru, pour faire place à des troupeaux de bœufs ; leur humeur de nomades s'en est naturellement res-