Mot qui a aussi le sens de « grand amas d*eau n
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Baelé, n'était la rupture produite, de ce côté, par les vastes dépressions de rEguéï et du Bodelè, lesquelles sont inférieures au niveau du lac. Vers Test, le bord de la coupe se raccorderait à la lisière extrême de FOuadaï, n'était un rempart d'intumescences qui vient dès l'abord se mettre en travers, et empêcher les cours d'eau ouadaïens du centre de rejoindre le Chari. Vers le sud-est, direction où l'on a pénétré jusqu'à 500 kilomètres environ, le sol ne semble s'élever que d'une »pente insensible. Au sud enfin, la ligne de faîte se trouve vers le Binoué, à 200 kilomètres à peu près ; à l'ouest, elle est vers le Niger, à 600 kilomètres, chiffre rond.
Le Tsâd affecte la forme d'un triangle à la pointe arrondie, dirigée vers le nord-nord-est, et à la base tournée au sud-sudest. Son côté ouest, qui, par suite de l'embouchure de la rivière de Yoô, dessine une saillie convexe vers le bassin, se trouve à peu près entre 12*20' et 14* 30' de latitude nord, s'étendant ainsi en ligne droite sur un espace de 230 à 240 kilomètres Le côté est, (ou mieux nord-est), un peu plus long, présente, au contraire, une concavité vers le lac. Quant à la base, où le delta formé par le grand fleuve Chari, venant du sud-est, produit un renflement sensible, elle peut avoir 170 kilomètres de longueur, de 13* 40' à 15* 10' de longitude est (Greenv^ich) : superficie totale de la coupe lacustre, 27,000 kilomètres carrés environ, soit à peu près le développement de la Sicile. Seulement cette surface n'est pas toute en eau ; un tiers en est pris par de nombreuses îles formant archipel, et essaimant surtout à la partie orientale. A l'ouest même, la nappe liquide est loin de se présenter d'ensemble ; presque partout le regard s'y heurte à des traînées d'îlots nus ou garnis de végétation, ou bien se perd sur des marécages couverts de roseaux.
Le Tsàd est situé dans la zone des pluies estivales qui durent de la fin de juin au commencement d'octobre, et la majeure partie du sol riverain a le caractère de steppe qui distingue la partie nord de cette région africaine ; seuls, les bords de ses anses, de ses affluents et de ses arrière-cours d'eau, offrent souvent une végétation d'une splendeur et d'une abondance tropicales. Pendant la plus grande partie de l'année, le vent qui souffle sur la région lacustre est l'alizé habituel de ces parages ; au plus fort de l'été seulement semble y venir du golfe de Guinée une mousson qui amène avec elle de l'Océan aUantique une dose d'humidité suffisante pour déterminer des chutes de pluie. C'est alors que le pays, tout saturé d'eau, devient malsain pour les étrangers et en-
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gendre même nombre de maladies pour les indigènes. Heureusement que les terrains d'argile, si dangereux en pareil cas, ne sont point fréquents dans le voisinage immédiat du lac; c'est le sable qui domine ici ; seule, la marge sud-orientale de la cuve est exposée annuellement à des inondations suivies; aussi, avec le temps, et grâce à sa riche végétation, s'est -elle transformée en un humus noir foncé.
La pointe nord du bassin est assez bien délimitée par des formations en manière de dunes, du haut desquelles on a, çà et là, une plus vaste perspective sur le lac que de tout autre point de la rive ouest ; mais plus on s'en écarte pour longer le littoral kànemois^ et plus les berges deviennent indécises. Au lieu d'un lac à proprement dire, on a ici une lagune, figurant un lacis de canaux, tantôt à sec, tantôt extravasés sur le terrain environnant; si bien que lorsqu'on s'enquiert d'une des localités insulaires, on a coutume de la désigner tout simplement, dans le pays, d'après le nombre des bras d'eau qu'il faut franchir pour y arriver. L'ourlet sud-est du lac, entre l'embouchure du Chari et le point de sortie du Bahar el-Ghàzal, semble être dans les mêmes conditions, de sorte que les gens qui se rendent par là au Kânem, après avoir franchi le Chari, vont droit au nord et parviennent au but, sans se douter qu'ils ont traversé un lac : là encore, on a à couper de nombreux canaux ; seulement dans la saison favorable, presque tous peuvent être passés à gué par les bêtes de somme ou de selle.
Accidenté vers le nord-est, le sol riverain forme, au sud et à l'ouest; une région absolument plate où, pour peu que survienne une crue, on voit s'emplir d'eau tel ridchel, ou bien telle baie s^agrandir ; l'onde avance de ce côté, pour se retirer ensuite jusqu'au moment des pluies estivales. Tout d'abord les chutes d'eau céleste suppléent à peine aux pertes provenant de l'évaporation ; ce n'est que dans la seconde moitié de la période, quand le Chari déverse au lac un volume liquide toujours grossissant, que les riverains s'aperçoivent de l'enflure de la nappe lacustre, et celle-ci n'atteint sa hauteur maximum que bien après la saison des pluies, c'est-à-di#e vers la fin de novembre. Toute la rive sud-ouest se change alors en un vaste marécage, et il arrive souvent que nombre des villages qui s'y trouvent ne peuvent plus communiquer entre eux que par le moyen d'embarcations. Jusqu'à la fin de janvier, parfois même jusqu'en février, les chemins qui contour nent le littoral sud sont impraticables, de sorte que, quatre mois après que les pluies ont pris fin, il est plus difficile d'y passer qu'au
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cœur même de la mauvaise saison. Ainsi, continuellement, les contours du bassin se modifient, et ce ne serait qu'en observant pendant une longue suite d'années les points extrêmes de progression et de recul, qu'on parviendrait à établir une fixation satisfaisante des berges.
Le Tsàd est alimenté par des affluents lui arrivant de l'ouest» du sud et du sud-est. Du nord et du nord-est, c'est-à-dire du steppe et du désert, il ne reçoit aucun apport. A l'est, on l'a vu, il existe un barrage d'intumescences qui détourne vers le laci^itri les eaux de l'Ouadaï central.
Le tributaire de l'ouest, nous le savons déjà, est le komodougou ^ Yoôbé, qui, issu de la partie orientale des Etats d'Haoussdv a un cours, calculé en ligne droite, d'environ six cents kilomètres, et, non loin de son embouchure, un lit de quatre-vingts mètres de largeur à peu près, où, durant une grande fraction de l'année, l'eau ne coule pas d'une manière continue. Quand je l'ai franchi pour la première fois, venant du nord, — c'était au début de la saison des pluies, — on pouvait partout le passer à pied sec ; il n'y avait que dans les bas-fonds qu'il se trouvait des flaques d'eau isolées. En mars, quand j'allai au Kânem, le courant liquide avait quinze pas de large, sur un demi-mètre de profondeur. Enfin, au moins de janvier de l'année suivante, lors de mon retour à Kouka, la masse fluviale au même endroit était de vingt mètres environ, avec une profondeur quelque peu accrue. Je n'ai jamais eu occasion de voir cette rivière à son maximum de niveau; maisDenham, Barth et Overwegy ont trouvé à certains moments assez d'eau pour être obligés de la passer en barque.
A la partie sud-ouest du lac débouche le komodougou Mboulou, qui sort du territoire des Margui, à la frontière sud du Bornou, et a, ce semble, un cours de deux cents kilomètres environ. A une trentaine de kilomètres en deçà du Tsàd, il reçoit luimême un tributaire qui lui arrive de l'ouest, du district d'Oudchê, au pays des Gamergou. Lorsque je le franchis, au commencement de mars, à dix ou quinze kilomètres de son embouchure, son lit, large d'une trentaine de mètres, était rempli à peu près au tiers, et le volume liquide avait un mètre de tranche. Quand