SECONDE VALENCIENNE
PREMIER CALESERO».
SECOND CALESERO.
UNE FILLE DE SER- jdomesli- VICE, I ques de
UN PAYSAN, ( l'hôtel-
UNE PAYSANNE, | lorie.
Im scène est dans une hôtellerie, près de dosharrios, sur la route royale.
Une li(Mellerie, avec des bancs autour du foyer; la cheminée est éclairée, et la chaudière sur le feu. L'HOTESSE enlre et sort; le MARQUIS, en habit de voyage, est assis d'un côté avec L'HOTE; CONSTANZA, la PAYSANNE et la FILLE DE SERVICE dansent avec le PREMIER CALESEUO et avec les deux ARRTEROS. 1\1ER1N0, valet du MARQUIS, assis. On chante des seguidillas.
l'hôtesse, à Constanza. Nifia, assGz daiisé ; prends une lanripe, rentre tout de suite dans la chambre, et metstoi à repriser la chemise et le gilet de ton père.
* Le conducteur d'une calesa, espèce de cabriolet, barriolé de couleurs, dont on se sert pour les courses extra-rnuros. [N. du Tr.)
i/hote. Laisse-la, puisqu'elle s'amuse.
i/hôtesse. C'est pour cela même.
i/iiÔTE. Laisse-la.
l'hôtesse. Je De veux pas qu'elle paraisse, même à la cuisine.
l'hôte. Mais pourquoi cela?
l'hôtesse. Je m'entends, mon homme.
LE SECOND ARRIERO. Allous, scnora, nous ne la mangerons pas.
LE PREMIER CALESERO. Quaud OH arrivc de Madrid, bourré de sucreries, croyez-vous qu'on soit si friand des choux de la Manche?
coNSTAiNZA. Ditcs douc, compère, apprenez que si le chou est encore dans le potager, ce n'est pas faute d'acheteurs , mais à cause du prix élevé qu'on en veut.
l'hôte. Vive l'enfant!
LE MARQUIS. Elle a du piquant.
l'hôtesse. Vas-lu bientôt rentrer?
LE MARQUIS. Yoyous, la mère, cette nuit tout le monde est en fête, et il faut bien s'amuser pendant qu'on est jeune.
l'hôte. 11 suffit que le seigneur Marquis le commande; allez toujours.
l'hôtesse, j'entends qu'on cesse.
le marquis. Que craignez-vous donc, tant que nous serons là?
l'hôtesse. Qu'on ne la voie. Je sais tout ce qui se trame entre les tilles d'auberge et les voyageurs.
LE MARQUIS. Saus doutc, mais cette nuit je suis là.
l'hôtesse. Avec cela qu'il y a à se fier aux marquis !
MERiNo. Je confesse qu'il y en a d'un peu légers. Mais mon marquis à moi est un homme sérieux, à cheval
L'IIOTEILERÎE A'înOËL 1^1
sur les principes, et finalement mon marquis n'est pas
tout le monde !
l'hôtesse. Ici, entre nous, comment est-il dans ses
affaires ^ MERiNo. Un va pas àla cour, ni dans tout le royaume,
un capital plus solide.
l'hôtesse. Et il consiste?...
MERiNO. Sa bourse est toujours ouverte aux quatre vents, à savoir ; le jeu, la vanité, les expédients et le désordre, sans compter les dépenses secrètes que nous savons seuls, lui et moi.
LE MARQUIS. Quo VOUS dit cc bavard?
L'HÔTESSE. 11 met Votre Seigneurie dans le ciel. On voit assez que c'est un garçon fidèle et de grande Ima-
ginative
LE MARQUIS. U u'eu mauque pas, et c'est pour cela que je le supporte.
LE SECOND CALESERO, de derrière la scène. Hé! la maiSOn .
l'hôte. Une calesa !
l'hôtesse. Muchachas, allez vite ouvrir la fausse
porte.
l'hôte. J'y vais aussi.
LE MARQUIS. Nlfias, quc faitos-vous là-bas? Approchez
un peu.
LA paysanne. Nous sommes où nous devons être.
LE MARQUIS. Cette jeuno fille est encore à vous?
l'hôtesse. C'est tout comme; Votre Seigneurie va le comprendre. C'est la fille d'un cabaretier de l'endroit, et elle vient ici parce que son père et moi nous sommes la chair et l'ongle, et elle enseigne sa maison aux arriéres qui, de cette manière, ne portent pas leur argent à un autre cabaret.
^52 L'IIOTELLERIt: A NOËL.
LA PAYSAKiNK. Je suis bioii votre servanle.
LE îL^RQuis. F:ile a un air propret qui ne me dépbîl pas.
LA PAYSANNE. A volrc servicG.
coNSTANZA. Ou dit Votro Seigneurie.
LE MARQUIS. Je ne lui chercherai pas querelle pour si peu.
LE SECOND CALESERO, entrant de mauvaise humeur. ToujOUrS
les mêmes os à ronger ! Que le diable les emporte avec leurs caisses.
l'hôtesse. Bonsoir, père Sébastien, où allez-vous comme ça?
LE SECOND cALESERo. Droit eu cufer,
l'iiôtesse. Et qui amenez-vous?
LE second CALESERO. Satanas. Maudite chance et maudit métier! Holà! garçon, de la lumière, et allons accommoder les bêtes, (ii sort.)
l'hôte, rentrant. Une fière soirée. Nous voici avec deux nsias déplus au logis.
le MARQUIS. Qui sont?
l'hôte. Au dire du calesero, c'est un corregidor au complet, en deux volumes.
LE MARQUIS. Qu'cst-cc à dire?
l'hôte. Qu'il y a une corregidora qui fait le second tome, et je m'en tiens à celui-ci qui est tout un infolio.
Entrent le aORREGIDOR et la CORREGIDORA.
LA CORREGIDORA. Bousoir, iTiessicurs. l'hôte, m'a-l-on préparé un apparlement propre?
l'hôtesse. Et qui était chargé de le préparer?
LA CORREGIDOnA. VoUS.
1/ HOTELLERIE A ^■OËL. lo5
l'hôtesse. Et combien do courriers avez-vous envoyés à l'avance?