PETRA
liN MAURE.
MARIANA, \ comédiennes. - BE:MTA,
MIGAKL^,
La plage d Alger, avec une galiote barbaresqilê.
GALI. Par Mahomet! avoir fait là une fameuse prise!
MUZA. De quoi, avec une autre comme celle-ci, être riches pour toujours.
GALI. ]\Ioi, quand regarder tant de coffres et de malles, les croire pleines de poudre d'or, de cochenille et de perles, et n'y trouver après que de méchants habits, des cordes et des lambeaux de toiles mal peintes !
5IUZA. C'est peut-être une ruse de ces chiens de chrô- ^
204 LA TROl TE COMIQUE A ALGER.
liens. Taisons-nous, Gali, y avoir aussi de bonnes choses, V avoir une couronne de roi, un sceptre, une chaîne, des manteaux capilulaires, comme ce manteau blanc que portent les chevaliers de Santiago.
G\Li. Y avoir là-dessous quelque manigance !
Miz\. Eux venir; maintenant mettre en œuvre toute notre finesse.
Entienl ALMAÎNZOR, BEA\\LI, JAMETE el JASIIALI, vêtus eu maures; les deux premiers conduisent les coméJiennes enchaiuées, les autres poussent à coups de pied et de bâton les comédiens, velus de divers costumes de lliéàtre.
jASHALi. Marcher, coquins de chrétiens !
ALMAKzoR. Vous taire et ne pas murmurer, chiennes!
LE GRACioso. Que le diable vous emporte, Algériens maudits! Dites-nous au moins pourquoi vous nous mettez les costumes de nos malles et nous retirez nos habits de voyage.
jAsuALi. Être mieux et pour rire de figures pas connues
dans ce pays.
ALMAKzou. F.t nous diras-tu, toi, pourquoi avoir tant de culottes de réserve? de quoi servir et ;'i quel usage?
jASHALi. Bel équipage!
GALI. Les belles figures! dites, être là les belles marchandises avec quoi vous autres faire commerce en Espagne?
ALWAi«izoR. Quel commerce !
soRUADo. Si vous counaissiez la propriété de ces vêtements, vous ne vous en moqueriez pas tant. Seigneurs Maures, avec eux nous avons gagné en ^^spagne bien des milliers de piécettes.
î3uz\. Des milliers! et n'y avoir pas cent réaux dans toutes vos bourses, quand nous vous avoir pris.
Esptjo. C'est que nous avons pris là-bas des lettres de change.
r.ALi. Donnez-les ici, ou nous couper les têtes.
LE GRACioso. Attendez; il survint tout à coup une tempête et nous les jetâmes à la mer pour alléger le navire.
cALi. Oh ! grands imbéciles ! pourquoi ne jeter ce qui peser le plus ?
KsrEJO. C'est qu'il ne nous restait plus que ces habits et nos femmes, qui sont ceux de nos meubles dont nous ne nous défaisons qu'à la dernière extréniité.
poLONiA. Oh ! la race la plus stupide et la plus aveugle qui se soit jamais vue ! êtes-vous contents? Voilà où est venue aboutir votre idée d'aller jouer la comédie à Constantinople !
l'ETRA. Qu'allons-nous devenir à Alger?
LE GRACioso. Valait-il micux travailler dans quelque village, comme des nègres, à une tâche qui vous démoule le corps, qui vous dessèche le cerveau, pour vivre mal et plongés dans les expédients jusqu'aux sourcils? Ici, du moins, pour ne pas perdre son argent, le maître qui nous achètera nous tiendra le ventre plein. Nous n'aurons pas la honte d'entendre un créancier nous appeler à la porte, et enfin, si le sort nous condamne à travailler, sans que personne nous paye et nous en sache gré, sans que personne dissimule nos défauts et vienne en aide à nos nécessités, nous ne saurions en Algérie nous en tirer plus mal qu'en Espagne.
TOUS. Il a raison.
l'OLOMA. Ah! fripons! vous autres, en faisant cent
tours comme dos mules de noria ^ ou en portant n'importe quoi, vous atteindrez aisément le soir. Mais nous, pauvres femmes, que ferons-nous ici captives?
ESPEJo. Les unes enseigneront les petites filles des maures, les autres se feront couturières, d'autres enfin établiront une boutique de modistes, et comme ce sera à Alger la première et l'unique, vous amasserez sans beaucoup de peine, et mieux que nous, un grand nombre de piécettes,
GALi. Holà! mener ces chrétiennes au bey pour lui décider ce qu'il en faudra faire.
MicAELA. Seigneur Maure, au nom de votre jolie Mauresque, qu'on nous laisse libres.
TOUTES. Ayez pitié de nous.
MuzA. Si ne pas donner une bonne somme pour vous racheter, pas de compassion.
LES îiAtjREs. Marchons.
roi,oMA. Je renie celui qui nous a menés à cette tragédie.
TOUS. Amen!
GALi. Être déjà vous renégats.
LE GRAcioso. Alors laisscz-lcs aller librement, et vous verrez que bientôt vous les renierez vous-niôuies.
GALT. Marchons vite.
TOUTES. Pauvres, pauvres de nous! quelle tragédie!
LE GMAcioso. Par le grand talon de Mahomet, par la Mecque, par l'Alcoran et tout ce que vous avez en vénération, traitez-les bien !
' Appareil dont on se sert, en Ëspag-hc et en Orient, pour tirer d'un puits ou d'une citerne l'eau qui sort pour les arrosages. [N.durr.]
MuzA. .^Jieux que vous autres. Oh ! on les tiendra ici sous bonne clef.
OALi. Les amis les garder avec des portes solides, et mettre des eunuques en sentinelle. Elles ne s'échapperont pas, non, (Ils les emmènent.)
EusEBio. Elles me fendent le cœur.
LE GRACîoso. Vous les vcndrez comme on vend à la fmre des mules à un iMaure, une petite avec une grande, et notre séparation sera dès lors éternelle.
GALi. Non ; nous ici user de complaisance envers captifs mariés. Chacun d'eux être enfermé avec sa femme dans le même cachot, et n'être pas séparé d'elle jusqu'au payement du rachat.
MUZA. Être un grand stratagème ; car être fatigué au hout de trois jours et chercher vite rançon.
soBRADo. Pour moi, je n'en ai pas,
LE GHAcioso. Et la micnue est restée là-bas.
EsPEjo. Dites.moi, seigneur Gah, et avec les étranj^ers le seigneur bey est-il affable ?
GALi. Trés-affable.
LE GRACîoso. Et Sou Altcssc, Sou Excollence, Sa Grâce Sa Seigneurie, quelque titre qu'on lui donne, aime-t-elle a rire ?
fîALi. A toute heure.
vicENTE. C'est encore là un espoir.
MARmEz. Et quelle est la distraction qui lui plaît le plus généralement?
HALi. Le seigneur bey en avoir plusieurs, et de trésvariees.
MUZA. Celle qu'il préfère, c'est de voir donner des volées de coups de bâton.
208 lA TROUVE COMIQUE A ALGER
îK nRvcio-o. Canela! comment, clos coups de bâton! MizA. Oui, c'est la récréation qui lui est la plus fanii-
liôre.
ESPF.JO. Maudite récréation !
(.vu. Aïe! .4^9
EusEBio. Qu'avez-vous donc? que .^ous arrLve-t-il .
G vu. Moi être son sujet.
MLZ.v. Et moi aussi.
G vu. Et une loi sévère nous exclut tous deux de contribuer à lui donner cette récréation.
. soBRADO. Je ne vois pas qu'il y ait là de quoi vous fan^e pousser de si grands soupirs.
Mizv Et qui peut voir avec patience que s il y a de bonsœups de bâton de donnés, ce sont les cbretiens qui les reçoivent?
r.spFJo. Les chrétiens?
Gxu. Quel que soit l'étranger qui se présente, lui avoir toujours la préférence.
,E.Gi..c,oso. Vous pouvez bien nous regarder comme dos nalurols d'Alger, car, quelque besoin q"e 1 Espagne ait de nous, personne ne vous apportera une piecelle pour nous racheter.
TOUS. Qu'est-ce que ceci?
MuzA. C'est le bey qui approche. .,.,,,
GAU. Avec musique et trompettes? tant pis! etio S'crne chez lui d'une affreuse colère.
'muza. a dater de ce moment, avoir moi pour vous une grande compassion,
TOUS. Notre dernière heure est arrivée.
Esi'FJo. Comme ils jouent bien!
EE n.-.ACioso. Çà sonne bien mal à mes oreilles.
Le REY s'avance d'un air (erriblc, accompagné d'un grand bruit d'instruments; les Maures se prosternent devant lui, abasourdis et treinblanls.
r.ALi. Grand seigneur, être là les passagers du navire que ma valeur a pris ce matin.
LE BEY. Et de quel pays sont-ils?
MuzA. Espagnols.
LE BEY. Qu'ils approchent, je leur parlerai dans leur langue, que j'ai apprise pour m'entretenir avec les beautés captives de leur pays.
CADUR. Les captifs chrétiens, seigneur, ont le secret de joutes les langues.
LE BEY. Tristes figures! il sera, je crois, difficile de les vendre. Qu'on m'apporte le sabre dont je me sers pour les étrangers.
LE GRACioso. Pauvrcs de nous !
MUZA. On sent d'tme heue lui venir de bonne humeur. Quand être vraiment en colère, avec son propre cimeterre il coupe aussitôt la tête.
ESPEJo. Tâchez d'obtenir de lui qu'il se contente de nous donner une bonne volée de coups de bâton, et rien de plus.
soDRADo. N'y aurait-il aucun moyen de l'apaiser?
GALi. Si vous savoir chanter, la musique le calme, (juand lui être en fureur.
viCEîSTE. Chantons-lui donc un air de bienvenue.
TOUS. Et que chanterons-nous?
soBRADo. Une romance maure. Commençons.
Ils chantent, et le Bey, d'abord sérieux, laisse paraître quelques signes de satisfaction.
LE BEY. llolà ! holà ! voilà des gens extraordinaires !
qu'ils ^■ielIncnt, je veux les examiner de mes yeux el de
mes oreilles. Qui êtes-vous? répondez tous.
LE GRvcioso. Seigneur, des comédiens delà /^^gwa^ LE BEY. Comédiens de la?... Je n'ai jamais ouï parler de cette province ou de cette nation de l'Espagne. Ditesmoi son origine, et d'où elle vient.
LE GRACioso. De la folie des hommes.
LE BEY. Et elle est ancienne ou moderne? LE GRACioso. Prcsque aussi ancienne que le monde : elle le dispute en antiquité à la création même. Il est certain que toutes les nations qui existent aujourd'hm ou qui ont jadis existé ne prennent pas ce nom et ne montent pas sur les planches. Mais cela nempêche pas qu'elles ne soient plus comiques que nous ne le sommes au théâtre , car, pour être vrai, ce sont les hommes qui nous ont fourni et qui nous fournissent encore par leurs humeurs et leurs vices la matière de nos comédies.
LE BEY. Dites-moi, et le gouvernement qui vous régit entre vous est-il monarchique ou républicain ?
LE GRACioso. Il n'a rien de commun ni avec l'un m avec l'autre, seigneur, car dans, nos assemblées, s il - xiste un gouvernement, il est cacaforique \ ' LE BEY Bien; attends. Et dis-moi, parmi tes compatriotes, avec cette face de poirée, quelle charge est la tienne . LE GR^cIoso. Ma charge consiste à m' acqmtter sur-lechamp, à tort et à travers, de toutes les commissions qu'on me donne, d'être tantôt spirituel et tantôt imbécile de recevoir de vrais coups de bâton, ou d'en donner'souvent pour plaisanter, de fournir des stratagèmes
t Comiros de la légua. Si nous ne conservions pas ici Lexprcssion textuelle, on ne comprendrait pas la réponse, [^.dn T.) 2 Inutile (le dire que ce mot n'est d'aucune langue. (i\. du n ■}
aux uns pour servir les autres, et d'elre, à l'occasion, vil, fripon, ruliant, goulu, poltron et bête.
LE BEY. On voit combien ils l'estiment, de la manière dont ils t'emploient. Qu'on le mette dans un cachot où personne ne le voie, je ne veux pas que l'on sache ù Alger tant de belles choses, et toi ?
soBRADO. Moi, je suis un galant pour l'amour de qui se meurent les femmes, et il n'est pas de dames qui me résistent, pas de princesses qui échappent à la douceur avec laquelle je m'insinue jusque dans les replis de leur cœur; pas de jaloux qui les défende de mes ruses, pas d'avare qui me les dérobe ; pas de grilles, de cadenas, de tours, de murailles, d'obstacles insurmontables dont ne triomphe mon courage, jusqu'à ce qu'enfin je les épouse toutes.
LE BEY. Et toi?
EusEBio. Moi, je suis son second, et je m'arrange de toutes celles dont il ne veut pas.
LE BEY. De sorte que s'il vous prend envie d'attaquer le sérail, je reste, moi, sans une seule femme. Qu'on les attache à deux chaînes du poids de cinq cents livres, et qu'on les plonge avec vingt-six sentinelles dans un cachot obscur, plus bas que terre, et s'ils n'y meurent pas, qu'on les tue.
ESPEjo, à part. J'ai uuc idée qui peut faire ma fortune, et il faut qu'il ne s'occupe pas de moi. LE BEY. Holà!
ESPEJO. Voilà qu'on les emmène tous, seigneur. LE BEY. Et toi, qu'altends-tu?
ESPEJo. Moi, je ne suis pas du métier, et je passais à Gênes pour aller de là chez le Grand mogol, et en nous prenant on nous a tous confondus.
M- p.F,Y. Ail Mogol? Et quelle était Ion idée ?
rsPEJo. D'y être le médecin et le chirurgien de Son Allesse. (a part.) Ici, ils sont raies et je serai comblé de richesses. En une couple de mois, je laisse la Berbérie déserte, et je rends cet immense service à ma patrie et à l'Eglise.
LE EEY. Ainsi tu es médecin?
ESPEJo. Et un fameux médecin.
LE BEY. Tu arrives juste à point et l'occasion est favorable. FéHcite-moi et embrasse-moi cent fois.
ESPEJO, à part. Lcs Yoilà tous qui crèvent d'envie ; et combien va-t-on me donner?
UN iiAURE. Être ici la première dignité, et justement élre vacante.
LE BEY. Bon, c'est une bagatelle! médecin de ma personne !
ESPEJO. Je remercie mon étoile de m'avoir amené si à point.
LE BEY, Oui, tu arrives fort à propos, attendu qu'hier matin je fis écarteler mon médecin favori, qui n'avait pas su me donner une recette pour marcher beaucoup sans remuer les jambes. Tu vas me la donner, toi, si tu ne veux être traité de la môme manière.
ESPEJO. Ah ! pauvre de moi !
LE BEY. Le vendredi, je fis accrocher mon chirurgien par l'oreille et le fis pendre à un créneau, pour n'avoir pas su me faire une opération.
ESPEJO. Et quelle .était-elle?
LE BEY. De me tirer la cervelle par le nez, de la bien savonner et de la remettre en place sans me faire souffrir. IN'est-ce pas bien facile?
ESPEJO. Sans doute, seigneur.
LE BF.Y. Nous allons essayer ton talent et l'adresse dii tes mains.
ESPEJo. Seigneur, parlons sérieusement. J'ai été quelquefois, il est vrai, un peu docteur en Espagne, mais sans rien savoir, comme tant d'autres.
LE BEY. Méchant homme, tu me trompes donc?
soBRADo. Aie un peu de patience, seigneur, et ne nous châtie pas. Comme ton esprit est célèbre dans le monde entier, nous n'avons parlé que pour te divertir par des figures. Notre profession au fond consiste à censurer les défauts des hommes, de manière à ce que ceux mêmes que nous censurons nous en louent, nous savent gré de les rendre ridicules, et nous payent pour se voir exposés aux regards du pubHc; c'est enfin, à proprement parler, ce qu'on appelle la comédie.
LE BEY. Voilà qui doit être curieux : j'ai envie de voir cela; mettez-vous-y sur-le-champ, et pourvu que vous réussissiez à me divertir, je vous donne licence entière, et vous vivrez ici convenablement.
LE (iRACioso. Pour Cela, seigneur, il faut commencer par préparer quelque endroit commode, et par ordonner que l'on nous rende nos garde-robes et nos femmes.
LE BEY. Qu'on leur rende leurs nippes.
MuzA. De tout mon cœur.
i^. BEY. Et les femmes, où sont-elles ? sont-elles jolies ou /laides?
ESPEJO. Il y a de tout, seigneur.
LE BEY. Qu'elles paraissent sur-le-champ en ma présence.
ESPFJO. Quelle représentation lui donnerons-nous?*
LE GRAcioso. Faisous-lui voir la Goulctte attaquée par Charles-Quint, et un vrai carnage de Maures.
ESPEJO, Ce n'est pas le moment de plaisanter.
LE GRACioso. Alors, doiinous la tragédie de Manolo ^
ESPEJO. N'importe quoi, qui les amuse.
LE BEY. Que dites-vous entre vous ?
LE GRACioso. Nous parlous, illustre seigneur, de la comédie que nous allons jouer.
LE liEY. La meilleure et qu'elle soit courte.
UN MAURE. Voici les femmcs qui arrivent.
LE GRACIOSO. Ce cliieu les aura certainement flairées; il a un nez blanc qui fait trembler, (les femires paraissent.)
TOUTES. Seigneurs Maures, où nous ramène-t-on ?
LE GRACIOSO. En présencc du Bey.
poLO]\iA, De quel Bey ?
wuzA. Baiser le talon de Son Altesse.
TOUTES. Nous voici prosternées à vos pieds.
LE BEY. Vous jouez aussi, vous autres, la comédie avec les hommes?
ESPEJO. Et plusieurs d'entre elles si naturellement qu'on se raille de nous, croyant qu'elles parlent de bonne foi.
LE BEY. Je veux en voir une tout de suite.
roLONiA. Il faut que nous nous remettions d'abord de la frayeur que nous avons eue.
LE BEY. Holà! comment, vous répliquez à Ma Grandeur ? au cachot !
TOUTES. Ndn, non, illustre seigneur, nous invoquons votre clémence.
LE REY. Au cachot, et à leurs compagnons des coups de bâton, c'est plus amusant.
TOUTES. Beau Maure, au nom du ciel, prenez en pilié no*tie peine.
^ La pnrofliodnnt il a élé parlé dans rinlrodiicfion. [N.dn Tr.)
LE GRAcioso. Cbaiilcz-lui quelque chose, ou nous sommes perdus.
BEKiTA. Moi, je suis morte.
jiiG.vELA. Moi, je ferai comme le cygne qui chante au moment de mourir. (Eie ciianie.)
LE BEY. Par Allah! Mahomet lui-même n'eut jamais, une voix si agréable.
MAPjvNA. Chantons-lui une romance; vous verrez comme il prendra feu.
poLOiMA. A l'œuvre donc, mes filles, que chacune ici montre tous ses talents.
vEUes chanlenl leur romance, et Insensiblement le Bey se mêle avec elles en chantant et en dansant) .
jiuzA. Seigneur, seigneur, par Mahomet vous oubliez qu'être le Bey.
LE BEY. Sais-je seulement qui je suis? Je ne me souviens que du thé^.
MuzA. Assommons-les ou jetons-les à la mer.
LE BEY. Ni l'un ni l'autre. Qu'on leur donne une galiole pourvue de tout ce qui est nécessaire, des dattes, du couscoussou, des figues, des oranges et du miel.
P0L0NL\. Mais en attendant que l'on exécute tes ordres, il sera bien que notre reconnaissance t'offre un autre divertissement qui terminera la pièce des Comédiens à Alger.
(Ils chantent et dansent.)
' Ce mot est souligné dans le texte. Comprenne qui pourra ; il y a là peut-être un jeu de motsentre bey ei thé. [y .du Tr.)
(la presumida burlaoa)
PERSONNAGES
DON Glu PASCUAL.
DON CAULOS, son ami.
do5a maria ESTUOPAJO, LA MKRE MARIA, sa mère, TO.MLLA, sa sœjr, r.OLAS MOUADO,
villaceois.
UNE SEUVANTli.
UN PAGE
UN ABBÉ, maître de musique.
QUELQUES DAMES en visite.