‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787Chapitre 149 sur 190 · Circulaire du 8 août · texte numérisé non relu

Circulaire du 8 août

plus que les manuels de casuistique. Il jie les trouvait pas rédigés de manière à former des prédicateurs et des missionnaires. Pour ce motif il avait d'abord chargé le père Cafaro de composer certains traités, besogne que ce grand sauveur d'Âmes, toujours à la poursuite des pécheurs, ne mena pas bien loin. Le savant père de Meo, devenu professeur de dogmatique après l'aventure de Muscari, reprit ce travail, qu'il était bien capable de mener à bonne Cn; mais, en érudit passionné, il donna aux traités sortis de sa plame une couleur plus historique que didactique. Ayant dû interrompre son cours pour cause de maladie, il fut remplacé en 1757 par le père de Léo, l'un des hommes les plus distingués de la congrégation. Entré au noviciat à dix-neuf ans, il en avait trente à cette époque ^ Excellent religieux, missionnaire aussi savant qu'éloquent, il possédait toutes les qualités requises pour cultiver les intelligences qui lui étaient confiées.

Sur l'ordre d'Alphonse, il reprit à son tour la composition des traités dogmatiques, en se conformant, pour le fond comme pour la forme, aux indications très précises du saint fondateur. Après avoir consulté des auteurs renommés, tels que Habert, Contenson, Petau, Tournely, Gonet, le professeur devait composer non pas des encyclopédies sur chaque matière, mais des Institutions renfermant les questions principales avec leurs preuves les plus solides et les objections les plus sérieuses, le tout dans un style concis, mais clair et limpide. « De cette façon, dit Alphonse, l'élève, parfaitement quoi que sommairement renseigné, n'avancera point d'erreur et ne donnera pas pour certaine une opinion controversée. 11 pourra toujours, quand il en aura besoin, lire les auteurs qui traitent les matières avec plus de développements 2. Ea d'autres termes, ajoutait-il, ce que je veux, c'est que le père de Léo expose bien les dogmes, ainsi que les distinctions, les termes, et les questions capitales de la scolastique, et qu'il nous donne ainsi les Insti' tiitions nécessaires aux prédicateurs, sans se perdre dans des détails historiques comme l'a fait le père de Meo, ni dans une multitude de questions accessoires, que chacun peut, si bon lui semble, étudier en particulier 2. »

Le père de Léo réussit-il mieux que ses devanciers à contenter notre saint? Nous l'ignorons, car son œuvre n'a pas vu le jour. Mais

1. Le père de Léo termina sa sainte vie en 1811, après avoir passé soixante-qaaire aa» dans la congrégation. 11 eut la gloire de faire à Ciorani 1 oraison funèbre de saint Alphonse, sept jours après la mort du saint fondateur.

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