Corrispondenza générale, I, page
la mère que pour Tenfant abusé, le saint fondateur le délia de ses vœux.
Un autre profès étudiant, nommé Tamangi, vivait dans un relâchement qui lui avait attiré maintes réprimandes. Loin de se corriger, il multipliait les fautes dans Fintention assez visible de se faire expulser. Le préfet des étudiants, découragé, Favait plusieurs fois envoyé au recteur majeur et proposait de le lui adresser encore : « Je vous le défends, répondit Alphonse, et je lui défends, à lui, de venir me trouver pour autre chose que pour me demander pardon. S'il m'écrit au sujet de sa dispense, je déchirerai sa lettre dès que j'en aurai lu le premier mot. S'il ne s'amende pas, employez les châtiments, le jeûne, l'isolement, la privation de la communion. Du reste, je me demande comment on peut accorder la communion à un jeune homme qui, sans autre raison que sa lâcheté, veut aban- donner le Dieu auquel il s'est consacré . » Tamangi s'enfuit, croyant:^ bénéficier du fait accompli, mais Alphonse, inflexible, refusa de^ briser des liens librement contractés.
Gabriel Ippolito vécut dans la ferveur jusqu'à la fin de ses études^ mais, devenu prêtre et missionnaire, il se laissa gagner par sa mère , qui fit miroiter à ses yeux l'honneur et l'argent pour le déterminer à quitter le couvent. Infidèle à ses vœux, il s'imagina trouver dan5 le monde un magnifique avenir : il y trouva l'indigence. Sans poste et sans ressources, chassé par sa mère qui voulait bien l'avoir chez elle pour s'enrichir mais non pour le secourir, il vécut d'aumônes, et mourut en s'écriant : Ergo erravimus a via veritatis^,
Pascal Blanchi demanda aussi la dispense de ses vœux pour complaire à ses parents. Puis, se voyant inutile au monde et honni de tous comme transfuge, il supplia le saint fondateur de lui rouvrir les portes du couvent. Mais Alphonse avait pour maxime qu'une pierre ébranlée dans une muraille y retrouve difficilement son assiette. Il ne crut pas devoir céder à ses instances réitérées. De retour à Gava, son pays natal, il y périt dans une inondation qnc personne n'avait prévue. Citons encore l'étudiant Laporta qui» prenant la voie large du relâchement et de l'immortification, finit par se trouver, selon son expression, trop à l'étroit entre les muw d'un couvent. Devenu libre, il se fit avocat et se maria. Il s'imagin* dès loi*s avoir trouvé le Pactole, se livra aux plus folles dépenses, et mangea tout son avoir en quelques années. Réduit à la dernière