‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787Chapitre 6 sur 190 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

plices. C'est précisément dans Tîntentionet avec Tespérance d'encourager prêtres et fidèles à combattre le bon combat que je livre aujourd'hui au public l'histoire d'un intrépide lutteur : saint Alphonse de Liguori.

Jetons un simple coup d'œilsur sa longue carrière, et nous nous rendrons compte des victoires que nous remporterions sur les ennemis de Dieu si nous savions lutter avec le même esprit, le même courage, les mêmes armes, que ce champion de notre sainte et noble cause.

Quand le jeune chevalier napolitain fut en âge de comprendre ce qui se passait dans le monde, trois espèces de sectaires , les jansénistes, les régalistes, les philosophes, travaillaient de concert à ruiner le catholicisme. Voltaire et Rousseau semaient partout les principes de la Révolution qui opprime aujourd'hui le monde entier. N'ayant au cœur qu'une passion : propager le règne de Jésus-Christ en sauvant les âmes rachetées par son sang, Alphonse abandonna son palais, son droit d'aînesse, ses espérances d'avenir, suspendit son épée à l'autel de Notre-Dame de la Merci , et entra dans la milice sacrée afin de porter secours au peuple de Dieu.

Chrétien dans toute la force du terme, il se choisit des armes de bonne trempe. Pour vaincre Satan et ses suppôts, il faut le bras de Dieu. Notre chevalier en est intimement persuadé, aussi est-il avant tout l'homme de la prière. Il combat comme Josué, mais il prie comme Moïse. De plus, sachant que, pour vaincre à coup sûr, la pénitence qui expie doit se joindre à la prière qui supplie, il saisit cette seconde arme et devient par ses austérités semblable aux anachorètes du désert.

Revêtu de cette céleste armure, il prend son glaive et marche à l'ennemi. Son glaive, c'est le glaive de la parole, non pas le glaive émoussé des rhéteurs, mais celui du grand Apôtre, qui pénètre jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, et brise toutes les résistances.

Mais à qui s'adresse cette parole apostolique, que le monde ne connaissait plus guère? Alphonse va droit au peuple, aux pauvres, aux abandonnés. Il se dit que les grands et les riches ne

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