Désignas en italien par le terme mogge
demander au gouverneur et -X l'évèque l'autorisation d'évangéliser I^s bergers et les campagnards dispersés dans la plaine, u Ce sont là les missions que j'ai surtout à cœur, » écrivait-il au père Rossi. « Si jo pouvais me débarrasser de Modugno, je le ferais, ajoutait-il dans une lettre au père Sportelli. Il y a dans ces parages une moisson plus abondante à recueillir. Plus de quatre-vingt-dix mille hommes des Abruzzcs totalement abandonnés, et Dieu sait dans c|iiel élat! Nous pouvons faire ici un bien immense. C'est tout autre chose, comme vous le verrez de vos yeux, qu'à Nocera et à Cior«iiii ^ » il voulait parler de ces multitudes de colons descendus des Abruzzesdans la Fouille pour garder les troupeaux ou cultiver les domaines de la couronne et des nombreux seigneurs du pays. Exi jetant les yeux, dit Tannoia, sur chacun de ces domaines, où la.nguissaîent jusqu'à cent et deux cents personnes privées de tout secours spirituel, Alphonse versait des larmes de compassion. Il manda aussitôt le père Yillani et plusieurs autres de ses compagnons, et les envoya, ainsi que les pères Cafaro, Tortora et d'Antonio, au secours de ces campagnards , qui les accueillirent comme des messagers de Dieu. Ce n'est qu'après avoir ainsi donné aux Pauvres les prémices de son ministère que le saint se rendit à Modu- SQo, où il ouvrit la mission en janvier 1745.
Depuis nombre d'années aucun missionnaire n'avait remué cette importante cité : aussi la piété s'y était-elle éteinte. Des multitu- ^^s d'âmes y croupissaient dans le vice et dans le péché. Cette 'fission difficile et laborieuse dura quarante jours, mais Dieu bénit '^ zèle de ses ouvriers. Sa grâce toucha les pécheurs les plus obstinés. Remplis de componction, on les voyait pleurer amèrement les péchés de leur vie passée. Alphonse ranima la ferveur, releva les ^ciennes confréries, réforma les cloîtres , et raviva dans le clergé, P^ses exemples comme par ses exhortations, le feu du zèle apos- |<>lique. Une tendre dévotion à Jésus et à Marie remplaça la froide ^différence. Aux divertissements et aux plaisirs succédèrent les P^tiques de piété, l'oraison, la visite au saint Sacrement, la communion fréquente. Aussi désirait- on vivement conserver à Modugno à^si saints missionnaires; mais pendant que se traitait avec l'archevêque de Bari la question d'une fondation, Alphonse apprit que ieroi de Naples venait d'autoriser l'établissement d'une maison de lazaristes dans la ville épiscopale, peu éloignée de Modugno. Alors, pour ne pas ériger autel contre autel, il crut devoir se désister.