XII PRÉFACE
Jésus-Christ, TÉvangile, l'Église , tous nos dogmes sacrés, pendant que le jansénisme continuait à ruiner la morale et les sacrements. Alphonse saisit sa plume, comme le patriote son épée quand le pays est en danger, et, trente ans durant, sur tous les champs de bataille, il fait face à Tennemi. Écoutons l'immortel Pie IX plaçant sur le front de Tintrépide champion Tauréole du Docteur :
a Le Christ reste fidèle à son Église, s'écrie le pontife. Au moment où les novateurs du siècle passé endoctrinaient et pervertissaient les âmes, par une disposition toute particulière de la Providence, apparaît Alphonse-Marie de Liguori, qui combattit le bon combat pour la défense de l'Église de Dieu. Par ses doctes et laborieux ouvrages il extirpa jusqu'à la racine l'arbre empoisonné du jansénisme et en purgea le champ du Seigneur. Non content de cette victoire et n'écoutant que son zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, il écrivit une multitude d'ouvrages pleins de science et de piété, soit pour tracer aux théologiens une voie sure entre les opinions trop larges ou trop rigides, soit pour défendre la foi catholique contre les sectaires, soit pour affirmer les droits du Saint-Siège, soit pour ranimer la piété dans le cœur des fidèles. A ce noble héros s'applique cet éloge de la divine Sagesse : a Sa mémoire ne périra pas, son nom vivra de génération en génération, les peuples se raconteront les merveilles de sa vie, et l'Église chantera ses louanges. »
Et quand ce grand homme, apôtre, fondateur, évéque, ascète, moraliste, apologiste, eut ainsi pendant un demi-siècle soutenu TÉglise et remué le monde. Dieu lui mit sur les épaules la croix de son divin Fils, et lui fit gravir, vingt ans durant, la montagne du Calvaire. Crucifié dans son corps comme le saint homme Job, Alphonse ne poussa pas une plainte. Crucifié dans son cœur jusqu'à se voir calomnié près du pape et chassé de la Congrégation dont il était le fondateur, il s'écria : Fiat! Crucifié dans son âme jusqu'à se sentir abandonné de Dieu lui-même, sur le bord de l'enfer, entouré de démons qui le poussent au désespoir, il accepte l'épreuve, triomphe de tous ses ennemis, et meurt en souriant à la Vierge Marie qui vient le chercher pour le conduire au ciel.