‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 103 sur 227 · Tannoia, liv. II, cb. xxx · texte numérisé non relu

Tannoia, liv. II, cb. xxx

APPROBATION DlT SAINT-SIÈGE.

dispersés dans les plaines, loin des prédicateurs de la parole sainte ; qu'à cette fin, liés par les vœux de pauvreté, de vie commune, de chasteté et d'obéissance , ils avaient formé une société de missionnaires sous le vocable du Très Saint-Sauveur et sous le gouvernement dudit Alphonse, choisi par eux comme recteur perpétuel ; que depuis ce temps ils ont fondé plusieurs maisons dans le royaume de Naples, prêché des missions, donné les saints exercices avec grand profit pour les âmes; et qu'enfin, pour le bon gouvernement de leur société comme pour la sanctification des sujets, ils ont établi les règles et constitutions dont la teneur suit : (Ici les différents chapitres de la règle.) Les suppliants nous ayant exprimé le désir de voir donner à ces règles , par l'approbation apostolique , un caractère sacré et inviolable, sur l'avis de nos vénérables frères , les cardinaux de la sainte Église Romaine, interprètes du Concile de Trente, de Notre autorité apostolique, nous confirmons et approuvons l’Institut et les Règles de la Congrégation du Très Saint-Rédempteur. »

A la lecture de ce bref, la joie d'Alphonse et de ses compagnons fut d'autant plus grande que l'attente avait été plus longue et l’anxiété plus cruelle. Un seul d'entre eux vit sa joie se mélanger de tristesse : ce fut \% saint fondateur. 11 avait espéré qu’à l'occasion de l’approbation apostolique, principe d’une nouvelle vie pour l’institut, on le déchargerait du terrible fardeau qui pesait sur ses épaules. Il avait secrètement agi auprès du père Villani pour l'engager à ne pas le river à la chaîne de supérieur général. Mais Villani fit tout le contraire. Autant partraison que par justice, pour le bien de la congrégation comme par reconnaissance pour l'homme de Dieu , il insista pour que son nom figurât dans le bref avec son titre de recteur majeur perpétuel. « Mon vénéré père, lui écrivait-il le 4 février, Dieu veut que vous portiez cette croix jusqu'à la mort. Vous y opposer ce serait aller contre sa volonté sainte. Aujourd’hui plus que jamais, notre nacelle a besoin d'un bon pilote. Dieu vous aidera. Pourquoi craindre puisque vous faites son œuvre? Courage, mon père, c'est le moment de dilater notre cœur, car évidemment Dieu prend de nous un soin tout particulier. » Quelques jours1 avant l’apparition du bref, il écrivit encore au saint fondateur une lettre de consolation : « Mon bon père, le bref vous désigne comme Rector perpetuus . Prenez patience, mettez la croix sur vos épaules, et marchez vers l'autel du sacrifice sans plus vous inquiéter. J'ai cru devoir agir ainsi par justice et par reconnaissance. » Que de vertus

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