‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 108 sur 227 · Nouv. opusc. de Fleury, page · texte numérisé non relu

Nouv. opusc. de Fleury, page

CONJURATION SATANIQUE

« Déclaration » asservissait complètement l'Église à l’État. A partir de cette époque, le gallicanisme, ce protestantisme déguisé, ne cessera d’usurper les droits de l'Église et de violer ses immunités. Quant «aux sectaires, ils se moqueront d’un pape dont les décisions, même en matière de foi, ne sont pas irréformables. Clément XI ayant condamné en 1719 les Réflexions morales de Quesnel, plus venimeuses que les cinq propositions de Jansénius, toute la secte partit en guerre contre le pape et la bulle Unigenitus. Quesnel en appela au futur concile et forma la grande armée des « Appelants », qui tint l’Église en échec durant toute la première moitié du dixhuitième siècle.

Après avoir enlevé à l’homme la rédemption, les sacrements, l’Église, quelle planche de salut lui restait-il dans cet universel naufrage? 11 lui restait Marie, son dernier refuge contre les entreprises de Satan. Les conjurés ne l’ignoraient pas : aussi travaillèrentils de toutes leurs forces à extirper du cœur des fidèles la dévotion à la sainte Vierge. Tous les criminels qui ont conspiré contre l’œuvre du Sauveur, ont épousé « les inimitiés que Dieu a créées entre Satan et la Femme, entre la race de Satan et la race de la Femme *. » Ils ont senti d’instinct que, pour triompher, ils devaient détrôner « Celle qui extermine les hérésies dans le monde entier2 ». Luther et Calvin avaient proscrit le culte de la sainte Vierge comme une idolâtrie. Fidèles à leurs habitudes de dissimulation, les jansénistes ne renversèrent pas les autels de la Mère de Dieu, mais ils inventèrent toutes les ruses imaginables pour en détourner les fidèles. Au plus fort de la lutte, l’un d’eux ne trouva rien de mieux pour fermer le cœur des chrétiens que de faire adresser par la Vierge elle-même des réprimandes sévères à ceux qui l’aimaient trop. Le livre est intitulé : Avis salutaires de la sainte Vierge à ses dévots indiscrets. Sous prétexte de régler son culte, la divine Mère s’ingéniait à le ruiner, et prouvait à ses fils par nombre d’arguments que c’est un grand péché de lui témoigner trop de confiance. A la bruyante indignation de la secte, un décret du Saint-Office condamna l’odieux libelle. L’évèque de Tournai, Gilbert de Praslin-Choiseul, écrivit en 1674. une lettre pastorale pour le défendre contre les anathèmes de l’Église et prémunir ses diocésains contre le danger de la superstition. Huit ans après, à l’assemblée de 1682, ce même évêque déploya toute son éloquence contre le

1. Inimicitias ponam inter te et mulierem , et semen tuum et semen illius, Gb.n,

ni, 15.

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