‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 129 sur 227 · Dichiarazione del Sistema · texte numérisé non relu

Dichiarazione del Sistema

LA « THÉOLOGIE MORALE

éloignait des sacrements, mais sans tomber dans le laxisme, qui les rend inutiles et même nuisibles. Voici la très juste observation par laquelle il ouvre son très salutaire traité de la pénitence : « Notre Seigneur Jésus-Christ, dit-il, a institué ce sacrement comme remède à la faiblesse humaine. Avant tout, pour s’acquitter équitablement du devoir qui lui incombe, le confesseur doit savoir que, s’il est juge, il est aussi père et médecin des âmes. Sa facilité trop grande deviendrait une source de péchés; sa trop grande sévérité pousserait au désespoir. L’esprit du Christ n’est point avec ceux qui traitent durement les pécheurs, et les saints Pères condamnent également l’excessive condescendance et l’indiscrète rigueur envers les pénitents. « Gardez-vous, dit saint Bonaventure, de vous faire une « conscience trop large ou trop étroite : l’une enfante la présomp- « tion, l’autre le désespoir. » Il est certain, ajoute saint Alphonse, que les confesseurs trop indulgents ont fait un mal immense à l’Église, parce que la grande majorité des hommes a suivi sans aucun frein la pente des vices ; mais ceux-là aussi ont nui singulièrement aux âmes, dont la sévérité a poussé les pécheurs, d’abord dans la voie du sacrilège, puis du découragement, enfin dans un abîme de fange et de péchés L »>

Mais en quoi consistait, du temps d’Alphonse, la trop grande sévérité des confesseurs? On se rappelle que les jansénistes, sous prétexte de mieux préparer les pénitents, différaient l’absolution quelquefois pendant des années, et même jusqu’à la mort. Sans être jansénistes, les directeurs suivaient plus ou moins les méthodes de ces hérétiques et l’on imposait aux pécheurs des délais d’absolution absolument injustifiables, de sorte que, dans certains diocèses, jamais un pénitent n’était absous après la confession de ses péchés. Il fallait subir un temps d’épreuve entre la confession et le pardon. Alphonse enseigne, contrairement à cet usage abusif, que le confesseur n’a pas le droit de refuser l’absolution au pécheur disposé à la recevoir. Sans doute il a le droit et le devoir de connaître les dispositions du pénitent, si vraiment il est contrit de ses fautes, s’il a le ferme propos de ne plus les commettre à l’avenir; mais quand il peut juger prudemment que ces dispositions existent, il est tenu de donner l’absolution. Le pécheur y a droit, et c’est alors une injustice tant de le priver de la grâce du sacrement que de lui imposer une nouvelle et inutile démarche pour la recevoir 2. « Renvoyer ainsi les pécheurs de mois en mois

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