Déposition du P. Caprioli, Summ ., p
LA CROISADE DU SALUT
visaient à la sainteté. Tous méritaient les éloges qu’après une retraite à Ciorani, l’évêque de Cava, Nicolas Borgia, décernait à la congrégation : « Béni soit le Seigneur, écrivait-il à don Alphonse, qui a donné à votre institut tant de sujets abondamment pourvus de doctrine et d’esprit apostolique. Ils peuvent dire en toute vérité : Ex Deo , coram Deo} in Christo loquimur . Chez vous on prêche la perfection chrétienne et ecclésiastique par les paroles et par les œuvres. Dieu veuille disposer tous nos prêtres à faire les exercices dans votre sainte maison 1 ! » Pour confirmer ces témoignages, il suffit d’évoquer les noms des religieux qui moururent à cette époque, de 1752 à 1755, tous en odeur de sainteté. « Appelés à vivre dans l’humilité comme saint Pascal, dans l’innocence comme saint Louis, dans la pratique du zèle comme saint François Régis, » ils correspondirent aux grâces de Dieu et moururent en saints, comme le voulait leur fondateur.
Dominique Blasucci fut le Louis de Gonzague de la congrégation. Entré au noviciat en 1750, à l’âge de dix-huit ans, il éclipsa bientôt tous ses confrères, qui pourtant étaient des anges^ dit le père Landi. Telle était la perfection de ses actes qu’on aurait cru voir une apparition céleste enseignant pratiquement à tous le recueillement, l’humilité, l’obéissance, et la mortification. Dominique vivait dans une sorte de ravissement continuel, prenant à peine chaque jour quelques onces de nourriture assaisonnée d’herbes amères. Innocent jusqu’à ignorer ce qu’était une tentation contre la pureté, il se couvrait de cilices et flagellait rudement son corps. Rien qu’à voir son extérieur angélique, tous l’appelaient un saint Louis ou un saint Stanislas. Quand il faisait la lecture au réfectoire, les étrangers venus à Ciorani pour suivre les saints exercices ressentaient une émotion telle qu’ils se jetaient à genoux pour baiser les pieds de ce novice extraordinaire.
Dominique fit les vœux de religion le 2 février 1751, quand déjà il était mûr pour le ciel. La phtisie, en ruinant rapidement son corps virginal, allait délivrer son âme des faibles liens qui la retenaient ici-bas. Mais avant de le rappeler à lui, Dieu voulut montrer au monde, surtout à ses frères en religion, ce prodige de sa grâce et de son amour. Sa santé s’aflaibiissant de jour en jour, il dut interrompre après quelques mois le cours de ses études, et reçut d’Alphonse l’ordre de se rendre dans les diverses maisons de l’institut, autant pour se distraire que pour changer d’air. « Je fus