CHAPITRE VIII
DEUX RUINES
L’enfer et la Villa des Esclaves. — Un Judas. — Questions d’intérêt. — Le prince de Colombrano. — Accusation calomnieuse. — Révolution contre les missionnaires.
— Départ de Villa. — Châtiment des calomniateur. — La langue rongée par les vers. — Le prêtre impénitent. — L’archevêque de Salerne et les missions.
— Alphonse à Naples. — Série de missions. — Une prophétie. — Le berceau de l’institut menacé. — Intrigues contre les pères. — Départ. — Le peuple reste lidèle. — Les bacchanales des démons.
La congrégation tout entière prit part au triomphe de Sarnelli. Tous avaient aidé le champion de la cité très fidèle en priant Dieu de lui accorder force et courage. Les religieuses de Scala, dont Sarnelli ne cessait de réclamer la puissante intercession, offraient pour son œuvre depuis plusieurs années leurs mortifications et leurs communions. Aussi bien vive fut l'allégresse quand on connut le décret royal qui lerminait la lutte en écrasant l'ennemi. Alphonse félicita sun digne ami, et le vénérable évêque de Castellamare exhorta tous les pères à remercier le Seigneur qui, « daignant bénir les rudes fatigues d'un membre de l'institut, avait par son intermédiaire mis un frein à l'insolence du vice, affranchi les familles honnêtes de la cité, et sauvé les bonnes mœurs dans tout le royaume1. » Comme il fallait s'y attendre, le démon ne tarda pas à prendre sa revanche contre des hommes qui ne craignaient pas de lui disputer la capitale et les provinces. Dans la seconde moitié de cette année 1737 qui marqua le triomphe de Sarnelli, une tempête, suscitée contre l'institut par de vrais suppôts de l’enfer, faillit le renverser et le ruiner. Le premier coup de vent anéantit la fondation, peu solide encore, de la Villa des Esclaves.