‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 79 sur 227 · Vie de Vitus Curzius, par saint Alphonse · texte numérisé non relu

Vie de Vitus Curzius, par saint Alphonse

APOTRE ET FONDATEUR

le recueillit dans sa maison. Il y resta quarante-neuf jours, édifiant par son admirable patience ceux qui le soignaient ou venaient le visiter. Son confesseur lui demanda un jour s’il désirait vivre. — « Non, répondit-il. — Alors vous désirez mourir? — Non, dit-il encore, je ne veux que ce que Dieu veut. Cependant, libre de choisir, je préférerais mourir pour être délivré du danger d’offenser Dieu et pour le voir dans le ciel s’il me fait la grâce d’y arriver. » Avant de lui administrer le saint viatique , on lui demanda s’il désirait se confesser. « Non, dit-il, par la grâce du Seigneur, je ne me rappelle aucune faute. » Et il rendit son âme à Dieu dans une paix toute céleste, le samedi 28 septembre 17i5.

Les habitants d’Iliceto connaissaient la vie et les vertus héroïques du frère Vitus. A peine eut-il rendu le dernier soupir qu’on s’écria de tous côtés : « Le saint est mort ». Le chapitre accompagna son cercueil jusqu’aux confins de la commune. Grand nombre de prêtres et de fidèles se joignirent aux pères pour le conduire processionnellement à l’église du couvent et assistèrent à ses funérailles, plus disposés à invoquer son intercession qu’à prier pour le repos de son âme. Alphonse chanta la messe les yeux pleins de larmes; plusieurs fois il dut interrompre les prières parce que les sanglots étouffèrent sa voix. La renommée de sainteté du frère Vitus Curzius se répandit dans les diocèses voisins. L’évêque de Lacedogna, très dévot au serviteur de Dieu , conserva son crâne pendant vingt ans sur le prie-Dieu où il s’agenouillait chaque jour pour faire son oraison Quant à saint Alphonse, en mémoire de ce serviteur fidèle , il publia quelques années après 2 un abrégé de sa vie et de ses vertus, comme il l’avait fait pour le père Sarnelli, cet autre compagnon des premiers jours, afin que l’un et l’autre servissent de modèles aux pères et aux frères de sa congrégation.

La saison des travaux apostoliques vint faire diversion à la tristesse d’Alphonse. Le pape Benoit XIV avait lancé dans tout le royaume l’encyclique sur les missions dont nous avons parlé , et tous les évêques de la province réclamaient le concours des pères du Saint-Sauveur. Outre ses confrères d’Iliceto, Alphonse s’adjoignit des auxiliaires, entre autres le père Villani et le père Sportelli, qui venait d’être remplacé comme recteur de Nocera. Dès le mois d’octobre commença cette campagne ou plutôt cette croisade qui laissa

1. Après la mort de ce pieux prélat, cette précieuse relique fit retour à la maison d'Iliceto. On la conserve aujourd’hui avec \énéralion dans la maison généralice de la congrégation.

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