‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 84 sur 227 · Lettre du 29 janvier · texte numérisé non relu

Lettre du 29 janvier

NOTRE-DAME DE CONSOLATION

aux orphelins, aux repenties, et même aux prisonniers. L’ attention d’Alphonse se porta d’une manière toute particulière sur le clergé séculier et régulier. Nombre de prêtres et de religieux qui vivaient dans le relâchement et la dissipation devinrent après la mission des hommes d’oraison et de vrais apôtres de Jésus-Christ.

Les religieuses cloîtrées eurent leur part des bénédictions de Dieu. Il se trouvait dans deux couvents de dames nobles des abus assez graves. On y avait substitué au chant de l’Église la musique profane. Un maître de chant, posté à la grille, dirigeait le chœur. Alphonse leur fit comprendre combien cette coutume, introduite depuis peu en Italie , favorisait la vanité , la dissipation, les infractions à la règle, et de plus blessait la modestie qui convient aux vierges consacrées à Dieu. Par un abus non moins dangereux, chaque religieuse â tour de rôle s’occupait de la sacristie durant une année et devait pourvoir de ses deniers aux frais d’entretien, ce qui mettait le trouble au couvent et la gène dans les familles. Alphonse montra que ces dépenses incombaient à la communauté et non pas à l’officière ; mais telle est la force de l’habitude que ces religieuses, au moins dans l’un des deux couvents, se mirent à épiloguer sur la décision du réformateur, ce qui nécessita de sa part une lettre théologique1 où il leur rappelle que, par ordre de Sa Sainteté, les religieuses de n’importe quel monastère doivent s’interdire toute dépense personnelle, même au profit de leur office , sous peine d’être privées ipso facto de voix active et passive2. Un nouveau monastère, érigé depuis sept ans à Foggia, le consola de ces petitesses : c’était le monastère du Saint-Sauveur, fondé par la sœur Marie-Céleste Crostarosa, la religieuse dont Dieu s’était servi pour lui faire connaître sa vocation. Pour la première fois depuis treize ans, il revoyait cette sœur Céleste si intimement unie À Dieu et si tristement sortie de Scala. En admirant la ferveur du monastère et les vertus croissantes de la fondatrice que toute la ville vénérait comme une sainte, Alphonse adora les décrets de Dieu qui mène ses élus au ciel par des voies à lui seul connues.

La mission se termina le jour de l’Épiphanie. Avant de quitter Foggia, Alphonse conduisit tous ses compagnons aux pieds de la Madone miraculeuse , qui daigna leur apparaître encore dans l’ovale d’argent, comme pour les remercier du bien qu’ils avaient fait à ses enfants. Cette mission fut ainsi comme un continuel miracle depuis le premier jour jusqu’au dernier. Le lendemain , au départ

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