‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 93 sur 227 · Lettre à M&r Galiano, juillet · texte numérisé non relu

Lettre à M&r Galiano, juillet

UN GRAVE ÉCHEC

demanda du temps pour réfléchir. La question lui parut tellement grave qu’il prit l’avis de ses consulteurs, leur laissant entendre cependant qu’il opinait pour la réunion. « Nous devons préférer la volonté de Dieu à nos propres idées, leur disait -il. Si Dieu veut la réunion, nous devons la vouloir aussi. » Les consulteurs, aussi troublés que lui , ne répondirent que par des doutes et des hésitations, au-dessus desquelles on voyait planer la crainte de l’union avec Mandariniet le désir de voir ajourner à une époque plus favorable la poursuite de l’approbation. Ces réponses évasives ne firent qu’augmenter les perplexités d’Alphonse. « En vérité, répondit-il, si la congrégation n’était pas en jeu , je laisserais tout à l’abandon et j’irais m’enfermer dans ma cellule à Ciorani, sans plus me mêler de rien. Avec vos scrupules, vos conditions et vos craintes, vous me laissez dans l’embarras et je ne sais que faire. Vous me dites d’attendre un temps plus favorable , mais songez donc qu’aujourd’hui l’afTaire est en bonne voie : Brancone s’en occupe avec zèle , le roi incline en notre faveur, le grand -aumônier nous appuie de son crédit. Demain les circonstances changeront et les bonnes impressions se dissiperont. Cette grave affaire, dont dépend la stabilité de la congrégation, une fois manquée, il n’y aura plus de remède. Vous ne considérez que les difficultés de l’union. Je les vois aussi bien que vous, et je n’y prêterai.les mains que si je ne puis l’éviter. Je ne parle pas ainsi pour faire le fondateur ou le maître : vous savez vous-mêmes que je sais demander conseil et me soumettre aux lumières d’autrui; mais il ne faut pas mettre des bâtons dans les roues quand on voit que les choses se font avec maturité et discrétion. Je demande à Jésus-Christ qu’il ferme les yeux sur mes péchés et ne détruise point à cause de moi une œuvre qui est sienne. Pour vous, continuez à nous aider de vos prières *. »

Alphonse travaillait d’ailleurs à séparer sa cause de celle de Mandarini, bien que sans grand espoir de succès. « Dans un nouvel entretien avec le grand-aumônier, écrit-il le 22 juillet, j’ai tâché d’écarter cette idée de fusion en insistant sur la différence des deux instituts; mais Mgr Galiano, j’en suis convaincu , ne favorisera notre approbation que si l’on approuve en même temps son protégé. N’est-il pas mieux, dans ce cas, d’obtenir du roi cette double approbation, de laquelle dépend celle de Rome, et par suite tout le reste? Après cela, Dens et dies : Mandarini fera ses affaires, et nous les nôtres » 11 allait sans doute s’arrêter à cette solution quand l’affaire

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