Lettre du 22 juillet, Ibid., I
APOTRE ET FONDATEUR
de la fusion passa au second plan par suite d'un changement de front de Mgr Galiano. Le courtisan se sentait de moins en moins disposé à formuler dans son rapport des conclusions qui lui paraissaient inconciliables avec la politique du gouvernement. « Demandez à Jésus-Christ qu’il m’accorde force et lumière , écrit Alphonse le 1er août, car j’ai perdu le sommeil et l’appétit. Hier matin, le grandaumônier nous débouta presque absolument , puis l’affaire s’est un peu raccommodée, mais j’ai bien peur que son rapport ne nous soit défavorable. La Madone peut seule nous sauver : faites donc continuer les prières !. »
On priait de tous côtés à cette intention. Les religieuses de Naples et d’autres villes et nombre d’âmes pieuses ne cessaient de demander à Dieu le succès des négociations. Les pères du Saint-Sauveur offraient partout dans le même but leurs pénitences et oraisons. Pendant qu’ils s’efforcaient de faire ainsi violence au ciel, Alphonse multipliait les démarches auprès des puissants de la terre. Il ne prenait plus le temps de manger ni de dormir, dit le père de Robertis. Même aux heures.les plus accablantes de la journée, on le voyait, trempé de sueur, accablé de fatigue, courir d’un palais à un autre pour mendier une recommandation. Certains seigneurs lui témoignaient toutes sortes d’égards et l’assuraient de leur protection, mais souvent il avait à dévorer les affronts et les mépris. Un gentilhomme très influent à la cour lui ayant fermé sa porte, il s’adressa au frère de ce seigneur, qui lui fit le même accueil, puis à un archevêque, digne parent de ces deux personnages peu courtois, qui l’éconduisit de la même façon. Un jour qu’il attendait son tour d’audience dans l’antichambre d’un prince , la princesse vint à passer près de lui. Elle le connaissait, mais elle ne put retenir un geste de mépris en voyant ce gentilhomme affublé d’un vrai costume de mendiant : « Oh! le déguenillé! s’écria-t-elle. — Je ne vous comprends pas, répondit humblement Alphonse. — Vous êtes donc Calabrais! » répliqua la grande dame en lui tournant le dos. Alphonse acceptait ces avanies par amour pour Jésus-Christ, bien que sa fierté naturelle eût beaucoup à souffrir. « Je n’en puis plus, écrivait-il à un de ses consulteurs; ces ministres de Naples me font prendre la vie en dégoût. Je me sens tourner en fiel, je voudrais m’enfuir, et il n’y a pas moyen. » Toutefois ses peines ne furent pas infructueuses. Après avoir cinq fois essayé vainement de s’aboucher avec le grand-aumônier, il fut enfin admis à son audience et plaida