‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 12 sur 222 · Hiflessioni utili ai Vescovi , préface et chap. n, g · texte numérisé non relu

Hiflessioni utili ai Vescovi , préface et chap. n, g

MISSION GÉNÉRALE

De là relâchement universel, oubli du devoir pascal, divertissements licencieux, adultères dans les familles, désordres publics de toute espèce. Le clergé, lumière du monde et sel de la terre y n’exerçant plus sa mission avec assez de zèle , les classes supérieures croupirent dans le vice et les classes populaires dans l'ignorance. La vie païenne se substitua peu à peu à la vie chrétienne , et les peuples glissèrent, sans presque s’en apercevoir, dans l’ablme de la Révolution, qui les dévore depuis un siècle.

Saint Alphonse voyait son troupeau engagé sur cette pente. On conçoit ses appréhensions, à lui qu’un scandale ou le danger que courait une seule âme empêchait de dormir. Aussi ne pouvait-il s’imaginer qu’un homme fût assez téméraire pour briguer l’épiscopat. Un jour qu’un vaniteux personnage lui faisait demander à ce sujet des lettres de recommandation, il lui échappa de s’écrier dans sa stupeur : « 0 mon Dieu, moi qui ne savais que faire pour ne pas être évêque, et voilà que celui-ci ne sait qu’inventer pour le devenir ! Mais il mourra avec ses prétentions, car il n’a ni le zèle ni le désintéressement que requiert une pareille charge. » — « J’insinuai doucement au solliciteur, dit Verzella, que Monseigneur ne le croyait pas appelé à porter la mitre, mais il me répondit : « Monseigneur de Liguori n’est pas prophète. » Toutefois la prophétie se réalisa : l’individu mourut sans être évêque1. »

Mais s’il ne comprenait pas qu’on pût aspirer à l’épiscopat, il comprenait encore moins qu’après avoir accepté cette charge , un pasteur ne se dévouât pas corps et âme au salut de son troupeau. Un prêtre, devenu évêque, lui disait qu’après avoir bien travaillé, il allait dorénavant se reposer : « Vous reposer, Monseigneur! s’écria-t-il hors de lui. Si vous aviez l’intention de vous reposer, il ne fallait pas accepter l’épiscopat. Sachez qu’une fois évêque, c’en est fait du repos. »

Cette parole d’un homme qui n’a jamais connu le repos n'étonnera personne, et nos lecteurs s’attendent à voir l’infatigable missionnaire redoubler d’activité, s’il est possible, pour sauver les trente mille âmes que Dieu vient de placer sous sa houlette. Mais ils se demanderont sans doute comment il va s’y prendre pour reconduire ses ouailles , de la voie large où la plupart paraissent engagées, dans la voie étroite où cheminent les vrais chrétiens. Vat-il entreprendre la réforme des abus graves et nombreux qui entretiennent le mal dans son diocèse? Et, s’il se pose en réformateur,

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