‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 124 sur 222 · Lettre de juillet · texte numérisé non relu

Lettre de juillet

LE SOLITAIRE DE NOCERA

scriptum il promettait d’envoyer prochainement cinq cents ducats que François réclamait pour couvrir ses dettes.

Alphonse se montrait ainsi patient et charitable envers son subordonné, mais cela ne l’empêchait pas de lui tracer une ligne de conduite peu en rapport avec ses goûts bien connus : « Terminez les travaux commencés, disait-il, et n’entreprenez rien de nouveau. Dépensez l’argent qui vous reste pour l’entretien delà maison. N’acceptez ni carêmes ni autres exercices pebdant le carême, au préjudice des prédicateurs attitrés. Défense absolue de tirer du royaume un seul carlin soit par prédications, soit comme aumônes ou honoraires de messe. Dans vos églises, ne faites aucune dépense extraordinaire pour tableaux, ornements sacerdotaux, autels en marbre, sans la permission du recteur majeur. Aux jours de fêtes je ne veux ni décharges de mousqueterie ni feux d’artifices, quand même d’autres s’ofiriraient à en faire les frais. A l’autel, pas de grand apparat ; rien que des cierges et des fleurs : notre pauvreté actuelle l’exige. Ce qu’il conviendra de permettre plus tard, les futurs recteurs majeurs y penseront1. »

Ces règlements sévères n’avaient pas le don de plaire au père de Paule, qui aimait à sortir des chemins battus; mais la prudence commandait au saint, qui était le payeur, de réfréner de trop ambitieux désirs. A de nouvelles plaintes du visiteur sur ces diverses mesures, sur des changements de sujets, sur l’interdiction de tirer de l’argent du royaume, Alphonse répond avec calme sans toutefois céder un pouce de terrain. « Croyez, lui dit-il, que Dieu me conserve la vie pour le bien de la congrégation et pour la gloire de Notre-Seigneur. Quand je fais un changement, je réfléchis cent fois avant d’agir. Si j’ai remplacé le recteur de Scifelli, c’est que les médecins m’ont déclaré qu’il n’y recouvrerait jamais la santé. Voulez-vous que j’attende, pour déplacer un sujet, qu’il ait eu un coup d’apoplexie ? Si j’ai défendu de tirer de l’argent du royaume, c’est que, vous le savez bien, agir autrement serait provoquer la destruction des maisons napolitaines; et sans ces maisons, comment celles de la Romagne pourraient-elles subsister? — Les mesures que je prends, ditesvous, prouvent que je me défie de Votre Révérence. — Je ne me défie pas de Votre Révérence, mais je suis obligé de compter avec ma misère et avec la vôtre. Je ne voudrais pas que ces maisons, où j’espère mettre la règle sur un bon pied, s’en allassent en fumée. Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit après avoir mûrement réfléchi, et je ne

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