Lettre du 5 octobre
EN ROMAGNE
crois pas en cela avoir manqué de sens. Du reste, ayez courage : l’œuvre est de Dieu, et Dieu la protégera. Dites-vous bien qu’il vous a choisi pour soutenir ces fondations de la Ro magne et surtout celle de Frosinone1. »
On ne saurait user de plus de circonspection ni d’affection que ne le fait notre saint, sans néanmoins plier devant son sujet. Celui-ci ne voulut pas comprendre tout ce qu’il y avait de condescendance dans son supérieur. Au lieu de lui écrire chaque semaine, comme Alphonse le lui demandait, il resta des mois entiers sans lui rendre compte de ses actes, même les plus graves. La maison de Frosinone soutenait un procès contre une famille Molella, qui prétendait avoir un droit de patronat sur l’église. A plusieurs reprises, le saint insista pour qu’on le tint au courant du litige, quand il apprit que, de sa propre autorité, François de Paule avait abandonné le recours à Rome, introduit par Blasucci, pour s’en remettre à la décision de l’évêque de Verdi. Cette fois il faillit perdre patience. « J’apprends, dit-il, qu’une transaction se fera par l’intermédiaire de l’évêque de Veroli; mais, selon votre habitude, vous ne m’expliquez ni en quoi consiste la transaction ni la pensée de l’évêque de Veroli. — Laissez-moi faire, dites-vous. Je ne vous ai jamais empêché d’agir, mais jamais je n’ai entendu que vous arrangiez les affaires de la congrégation sans prendre mon avis. Grâces à Dieu, je ne suis ni mort ni tombé en enfance. Comme avocat et comme évêque, j’ai cent fois traité des affaires semblables à celle que vous avez sur les bras, et comme recteur majeur je n’ai pas à m’en occuper! Vous me croyez donc absolument incapable? Mais en voilà assez. Je veux absolument être instruit de tout ce qui se rapporte à cette affaire du patronat. Vous m’avez laissé dans l’ignorance et maintenant j’apprends que vous avez perdu une chapellenie et d’autres ressources encore : je ne voudrais pas apprendre un de ces jours que vous avez perdu l’église. Dites-moi avec qui vous pensez faire un accommodement, quelle transaction l’on vous propose, ce que pense l’évêque de Veroli, et je vous répondrai2. En somme, il n’y a peut-être pas