‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 133 sur 222 · Lettre da 16 septembre · texte numérisé non relu

Lettre da 16 septembre

L’ONCLE ET LES NEVEUX

cessairement quitter le monastère. Pour toute réponse, Alphonse lui envoya une image de Y. Addolorata, en lui recommandant d’invoquer la Vierge bénie et d’appliquer en môme temps l’image sur la plaie qui résistait à tous les remèdes. Pleine de confiance dans les paroles du saint, Teresina obéit. Au premier contact de l’image, la douleur disparut, la plaie se cicatrisa, et bientôt il n’en resta aucune trace. Ainsi la fervente novice put être admise à prononcer ses vœux, à l’extrême satisfaction des religieuses désormais rassurées sur sa santé.

Mais il était dit que Dieu l’éprouverait de toutes manières. Douée d’un magnifique organe, elle rendait grand service au chœur. Tout à coup sa voix devint rauque et peu à peu s’éteignit, de manière quelle ne pouvait parler qu’à voix basse. Malgré tous les remèdes employés pour la guérir, le mal devint chronique, et les médecins déclarèrent leur art impuissant. Teresina, désolée, s’adressa de nouveau à son oncle vénéré, et lui représenta quelle douleur c’était pour elle de ne plus pouvoir remplir un des principaux devoirs de la vie religieuse, c’est-à-dire de chanter les louanges du Seigneur. Cette fois le saint eut recours à la Vierge immaculée. Il envoya à sa pieuse nièce des figurines de Ylmmacolata , et lui recommanda d’en prendre une chaque jour après avoir invoqué la Vierge bénie. A peine eut-elle commencé ce traitement, inconnu des médecins, que la voix lui revint subitement, plus forte et plus claire que jamais. Dans sa vieillesse, l’excellente religieuse était la plus assidue au chœur, et sa voix, toujours limpide comme celle d’une jeune fille, dominait toutes les autres, sans subir ni fatigue ni altération.

Teresina vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-six ans, exempte de maladie. « Plusieurs fois, écrit Berruti, son confesseur, elle me raconta, dans les dernières années de sa vie, toutes les circonstances de ce double miracle. Elle n’en parlait jamais sans une profonde émotion et sans verser des larmes au souvenir de son saint oncle. Or, deux mois à peine avant sa mort, j’appris que la plaie de sa jambe, fermée près de soixante-dix ans auparavant, venait de se rouvrir au môme endroit et avec les mêmes symptômes. J’en pronostiquai la mort prochaine de la vénérable religieuse. L’événement confirma mes prévisions : l’humeur cancéreuse, dont les prières d’Alphonse avaient suspendu l’action durant ces soixantedix ans, envahit en peu de jours la masse du sang, et conduisit presque subitement au tombeau celle qui avait été toute sa vie un miroir de santé. »

LE SOLITAIRE DE NOCERA

Ainsi mourut Teresina, fidèle au rendez-vous que le saint lui avait donné au ciel. Ses deux frères, Joseph et Alphonse, n’oublièrent, au milieu du monde, ni les enseignements ni les exemples de celui qui avait pris un si grand soin de leur Ame. C’est ainsi qu’Alphonse aima les siens : il les conduisit en paradis. Quoi qu’en dise le monde , c’est là le véritable amour de la famille , et dans l’éternité païens et chrétiens en tomberont d’accord.

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