‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 140 sur 222 · Ex instrumente) electionis Cioran., 28 avril · texte numérisé non relu

Ex instrumente) electionis Cioran., 28 avril

L’ASSEMBLÉE DE P AG AN I

Je ne veux pas scruter les intentions de ce dernier, mais je ne puis appeler œuvre de Dieu cette corruption de notre règle L » Il s’exprimait plus explicitement encore dans une lettre au recteur de Frosinone : « 11 est évident, disait-il, que le père Majone a falsifié notre règle et mis en danger de mort toute la congrégation ; car imposer deux règles différentes, Y une pour Naples, l'autre pour la Romagne, c’est diviser la congrégation, et partant la tuer. Envoyez donc des députés qui nous donnent leur avis sur les articles qu'il faut nécessairement modifier. Pour moi, j'ai quatre-vingt-quatre ans, il ne me reste que peu de jours à vivre. Mon unique désir, c'est de rétablir la paix. Le démon essaie de pêcher en eau trouble, et cependant j'espère remettre le calme dans les esprits. Si après cela Dieu veut que je meure en proie à ces agitations et à ces angoisses, que sa sainte volonté s’accomplisse ! Je veux vivre et mourir en faisant son bon plaisir. Mais, pour le moment, le ciel me parait moins noir, et la Madone, je l’espère, ne laissera pas la victoire à Satan2. »

La victoire finale ne reste jamais à Satan, mais souvent il arrive que Dieu se sert de Satan pour éprouver ses amis et les sanctifier. Pendant qu’Alphonse travaillait à rétablir l’union des esprits, deux de ses enfants, au lieu d’entrer dans ses vues, profitèrent des troubles survenus pour rendre la division irrémédiable. L’un était ce François de Paule que le saint vieillard avait institué son représentant pour les maisons de la Romagne, l'autre un certain père Leggio, qui depuis deux ans habitait, comme François de Paule, la maison de Frosinone. Jeune encore, bien que profès de vingt-cinq ans, homme d’esprit et d’activité, caractère entier et dominateur, audacieux dans ses projets, hardi dans l’exécution, Leggio ne faisait qu'un avec le père de Paule, et fut en ces circonstances son mauvais génie.

Nous avons vu que François ne s'entendait guère avec Alphonse sur la manière de diriger les maisons de la Romagne, souffrait difficilement une observation, et agissait souvent avec une indépendance que le recteur majeur ne pouvait pas admettre. De là des froissements d’orgueil blessé et d'ambition déçue, qui se traduisaient par des récriminations contre les supérieurs. Le 2 janvier 1780, plus d’un mois avant l’apparition du règlement, il exhalait en ces termes son mécontentement et son ressentiment dans une lettre au père Viilani : « Par respect pour le recteur majeur, j’ai supporté

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