‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 144 sur 222 · Lettre du 30 juin · texte numérisé non relu

Lettre du 30 juin

LE SOLITAIRE DE NOCERÀ

actes de rassemblée de Pagani, qu’ Alphonse croyait visés par la lettre de Caraffa aux évêques. Elles sont la pure expression de la vérité, car jamais les députés napolitains n’ont prétendu imposer le règlement à leurs frères des États romains, et, s’ils l’ont accepté pour eux-mêmes afin (^éviter la suppression, ils ne l’ont fait, nous l’avons vu, qu'avec les réserves nécessaires pour sauvegarder la règle de Benoit XIV.

Par leurs fausses dénonciations, François de Paule et Leggio avaient donc réussi à mettre en suspicion le saint fondateur auprès du pape, en telle suspicion que Pie VI avait cru nécessaire de prémunir les maisons des États contre les ordres qui pourraient émaner de lui. C’était un premier pas pour arriver à cette séparation que poursuivaient leurs ambitieux désirs. François de Paule ne tarda pas à démasquer toutes ses batteries. Après avoir reçu de l'évêque de Veroli la défense pontificale de laisser toucher en quoi que ce fût à la règle de Benoit XIV, il adressa au cardinal Caraffa une nouvelle requête, « dictée uniquement, disait-il, par son zèle pour l’observance régulière. Grâces à Dieu, cette observance régnait dans les couvents confiés à sa garde, et il était d’autant plus soucieux de l’y maintenir que Dieu avait daigné se servir de lui pour établir ces deux fondations. Il prenait donc la confiance de représenter à Son Éminence la nécessité absolue, si l’on voulait dans les circonstances présentes éviter les troubles intérieurs que pourraient susciter les sujets ou les supérieurs napolitains, de nommer un président qui, au nom de la sacrée Congrégation, Veillerait sur les perturbateurs et au besoin s’opposerait à toute tentative d’innovation dans les maisons des États. C’était là, ajoutait-il, une mesure urgente entre toutes, et pour laquelle il réclamait avec instance le patronage de Son Éminence1. »

Ainsi, d’après le père de Paule, la défense du pape de ne rien innover et la surveillance des évêques de Veroli et de Bénévent ne suffisaient pas pour préserver les pères des États contre les entreprises criminelles des supérieurs napolitains, de ces perturbateurs qu’on appelle Alphonse de Liguori, Villani, Tannoia! Il faut encore un président qui monte la garde au nom de l’Église, pour les arrêter au besoin! Et naturellement l’homme désigné pour exercer cette présidence ne pouvait être que François de Paule, « l’honune choisi par Dieu pour fonder les deux maisons de la

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