Lettre du 21 juin
PROCÈS EN COUR DE ROME
Romagne et qui, en qualité de fondateur, brûle d’y faire régner la plus stricte observance. » Évidemment si la sacrée congrégation ne lui confiait pas cette présidence nécessaire, c’est qu'elle manquait de discernement.
Sept jours après avoir ainsi préparé le terrain, François de Paule adressa une supplique officielle à la sacrée congrégation pour demander formellement la séparation d’avec Naples et la nomination d’un président, qui serait chargé de gouverner les quatre maisons des États. « M*1 de Liguori, disait-il, ayant abandonné la règle de l’institut pour adopter un règlement de provenance royale, est par le fait même déchu de tous ses droits de supérieur général sur les maisons des États. Il en est de même de ses consulteurs. Le poste étant vacant, il est urgent de convoquer un chapitre à l’effet d’élire, selon les prescriptions canoniques, un nouveau supérieur. Or, comme personne n’a qualité pour convoquer le chapitre, le suppliant demande avec larmes à la sacrée Congrégation d’instituer un président intérimaire, revêtu de pouvoirs suffisants pour faire des élections canoniques et rétablir l’ordre dans l’institut1. »
François de Paule proclame donc la déchéance du saint vieillard qui l’a reçu, vingt-cinq ans auparavant, non sans faire de grands sacrifices, dans la congrégation naissante. Et cette déchéance, il la motive sur deux faits qui sont deux faussetés. Saint Alphonse n’a jamais abandonné la règle : il l’a suivie et pratiquée jusqu’au dernier iota et jusqu’à la fin de ses jours, comme l’ont affirmé sous la foi du serment quatorze témoins au procès de canonisation. S’il accepta le règlement royal, il a toujours réservé les points contraires à la règle, et subordonné son acceptation à l’approbation pontificale.
Afin de hâter la sentence de la sacrée congrégation, François de Paule usa de toute son influence sur les supérieurs soumis à sa juridiction pour les décider à présenter aux cardinaux une supplique semblable à la sienne. Ces supérieurs, intrigués de l’ordre que le pape avait donné de ne laisser introduire aucun changement dans la règle, ignorant d’un autre côté les fausses dénonciations qui avaient motivé cet ordre, durent nécessairement croire que la cour de Rome était au courant de quelque machination napolitaine visant à leur imposer le règlement. Us demandèrent en conséquence à la sacrée congrégation de convoquer un chapitre général qui nommerait les autorités d’après les formes régu-