Lettre du 19 août
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PROCÈS EN COUR DE ROME
Vous me remplaceriez, moi, pauvre infirme qui puis à peine respirer. Recommandez-moi à Jésus-Christ, et faites ce qu’il vous inspirera. Je vous bénis tous et vous prie de demander pour moi une sainte mort. Si vous allez à Naples, c'est au roi qu’il vous faudra parler, et non au grand-aumônier, dont les exigences nous ont perdus. J’ai fait l’impossible pour lui persuader d’abandonner le règlement qu’il a fabriqué avec Majone, mais je n'ai pu rien obtenir de lui. Que dire, sinon répéter toujours : Fiat volun tas tua! Oui, ô mon Dieu, toujours 1 ! »
Au commencement de septembre, sur la nouvelle que François de Paule pressait la sacrée congrégation de donner sa réponse, le saint vieillard supplia M** Bergamo, évêque de Gaëte, d’insister auprès du cardinal préfet pour qu’il attendit, avant d’agir, les deux envoyés. L’évêque intervint en effet dans ce sens, assurant que les représentants du recteur majeur se rendraient à Rome aussitôt que le voyage deviendrait possible. Il affirmait aux cardinaux que les mesures au sujet desquelles on incriminait Mgr de Liguori n’avaient été prises que dans un cas d’extrême nécessité, et pour empêcher la destruction d’un institut de missionnaires qui par leurs travaux évangéliques procuraient chaque année le salut à des milliers d’âmes. »
Or, chose à peine croyable, trois jours avant l’expédition de cette lettre, François de Paule, ayant appris l’intervention prochaine de M*r Bergamo, adressa une nouvelle supplique aux éminentissimes cardinaux à l'effet d’accélérer le jugement. « L’évêque de Gaëte, disait-il, va demander un délai pour Alphonse et les siens. Par ce subterfuge , on veut éluder les ordres du tribunal , chercher les moyens d’obscurcir les faits les plus clairs, et finalement éviter le jugement que les pères napolitains ne peuvent s’empêcher de redouter. » François réclamait donc instamment la nomination immédiate d’un président intérimaire chargé de convoquer le chapitre et de pourvoir aux nécessités de l'institut. On fit remarquer à cet impatient que la sacrée congrégation ne pouvait cependant pas rendre un jugement avant d'avoir reçu les informations demandées quinze jours auparavant à l’internonce de Naples. Leggio répondit effrontément que l’internonce et son auditeur n'entendaient d’autres témoins qu’Alphonse et les pères napolitains, et que, par conséquent, il était nécessaire de confier l'instruction à un mandataire plus impartial. Naturellement la sacrée