Lettre du 30 septembre
CONDAMNATION
comme sujet, je reste le fils très obéissant de M*1, de Liguori, et suis à ses ordres pour tout ce qu'il daignera me commander1. »
Était-il sincère en manifestant ces dispositions? On est presque forcé de le croire , tant les termes de sa lettre sont expressifs , et cependant, cinq jours après, le père Avena écrivait à Tannoia que le président ne tiendrait pas sa promesse. « J'ai fait tout mon possible, disait-il, pour le décider à prendre le chemin de Nocera, mais sans succès. Il me répond qu'il ne peut s’absenter, et que ce voyage est inutile puisqu'il pourra conférer à Rome avec les pères qu'on y enverra du royaume. Il proteste d’ailleurs qu’il est prêt à favoriser tout projet de pacification qui lui paraîtra acceptable2. »
Sans tenir compte de ce renseignement, Tannoia répondit au président qu'il serait le bienvenu à Nocera, qu'Alphonse et tous les pères désiraient sa présence pour s'entendre avec lui sur la grave question de la réunion. Le saint vieillard lui écrivit plusieurs lettres qui auraient dû l’attendrir. « Je ne vous blâme nullement , disait-il, d'avoir accepté la charge de président, puisque c'était la volonté du pape ; seulement je vous prie de faire savoir à Sa Sainteté que si j'ai accepté le règlement, je l'ai fait uniquement pour sauver la congrégation d'une mort certaine. S'il en était convaincu, certainement il ne me condamnerait pas. Du reste, en temps opportun je lui mettrai la vérité sous les yeux, et j’espère qu’il me rendra ses bonnes grâces. U se rappellera l'affection qu'il m’a autrefois témoignée; pour moi, quoi qu’il arrive, je vivrai et mourrai le très fidèle serviteur du pape et de l'Église. Si vous pouvez travailler à l’union, ne manquez pas de le faire 3. »
Dix jours après, Alphonse écrivait de nouveau au président : « Ce qui m'afflige , ce n'est pas la privation d'un vain titre , mais bien la prohibition qui nous est faite d'user des facultés extraordinaires sans lesquelles, dans nos missions, beaucoup d'âmes restent privées de secours. Voilà la blessure qui me fait saigner le cœur. Tâchez d'obtenir que ces facultés nous soient rendues ; autrement je resterais véritablement inconsolable. Dans votre lettre au père Tannoia, vous manifestez le désir que je vous appelle à Nocera. Vous savez bien que je soupire après votre visite pour chercher avec vous les moyens d'arriver à la réunion. Ce serait pour moi une grande consolation de vous voir arriver au plus tôt. Au
t. Lettre do 30 septembre 1780