‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 152 sur 222 · Lettre do 8 octobre · texte numérisé non relu

Lettre do 8 octobre

LE SOLITAIRE DE NOCERA

moins, si vous ne pouvez venir, écrivez-moi quelle est, selon vous, la marche à suivre *. »

Tannoia insista sur cette visite en termes très pressants : « Autant votre lettre du 30 septembre nous avait réjouis, écrit-il, autant nous sommes affligés, non seulement de ne pas vous voir, mais même de ne pas recevoir de réponse à nos lettres. Ce matin encore j'envoyai un courrier à la poste de Nocera, espérant toujours recevoir de vos nouvelles. Est-ce que par hasard nos lettres seraient interceptées? Je vous disais que tous nos pères aspirent à la paix et désirent ardemment vous voir pour combiner avec vous nos moyens d'action. J’insistais d’autant plus sur ce désir que des malintentionnés pourraient vous dire le contraire : le démon rôde en tous lieux. Nous avons tous été déçus dans notre attente, et spécialement les pères Corrado et Mazzini, à qui j'avais communiqué votre lettre2. »

François de Paule ne répondit même pas aux lettres de Tannoia. Un premier mouvement l'avait sans doute incliné vers le devoir, puis les « secrètes ambitions » l’auront fait changer d’avis. Les bonnes résolutions durent peu chez les hommes passionnés et violents. D’ailleurs Leggio n’aura pas manqué de lui représenter ce voyage comme un désaveu de sa conduite passée. Peut-être même lui aura-t-il fait peur de tout projet qui tendrait à rendre aux napolitains une autorité dont ils abuseraient contre les pères des États. Le président aura d’autant plus facilement renoncé au voyage de Nocera qu’il devait lui en coûter de se trouver face à face avec des confrères qu'il pouvait croire irrités contre lui, et avec le saint vieillard à qui ses agissements avaient coûté tant de larmes. Quoi qu’il en soit, François de Paule ne se rendit point à Nocera.

Ne pouvant plus compter sur son concours, Alphonse en revint à son idée de prendre pour intermédiaire à Rome le cardinal Banditi, qui était tout dévoué à la congrégation et très aimé de Pie VI. D'accord avec ses consulteurs, il proposa au cardinal de traiter la question sur les deux bases suivantes, destinées à écarter les deux pierres d’achoppement. D’abord, on demanderait au roi d’amender le règlement .par la substitution des serments aux vœux. Un siècle auparavant, Innocent XI avait bien permis aux prêtres de Saint- Joseph de commuer leurs vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance en autant de serments. On pouvait espérer, vu le cas de force majeure, que Pie VI accepterait une commutation analogue,

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