Lettre du 25 octobre
CONDAMNATION
d'autant plus que la promesse unie au serment lie le sujet aussi étroitement que le vœu : l'essentiel de la règle eût été ainsi sauvegardé. Secondement, afin de faire tomber l'accusation basée sur l'irrégularité des élections, les six consulteurs nommés par l'assemblée de Pagani remettraient leur démission entre les mains de Banditi.
Ce plan arrêté, les pères Corrado. et Tannoia se rendirent chez le cardinal de Bénévent pour le lui soumettre et le supplier de prendre en main leur cause. Ils étaient porteurs d'une lettre du saint fondateur pour Son Éminence : « Je me sens irrésistiblement poussé, y disait-il, à vous prendre pour notre avocat près du saint-père. Examinez la question avec mes envoyés, puis décidez d’après votre jugement ce qu’il convient de faire ; votre opinion sera une loi pour nous. Vous ne voudrez pas, j'espère, en me refusant cette grâce, accélérer ma mort. En vous chargeant de cette négociation, vous me rendrez le repos. Si la paix se fait de mon vivant, j’en bénirai Dieu; si je dois quitter ce monde avant la conclusion de cette affaire, je mourrai tranquille en pensant qu’elle est confiée à votre sagesse l. »
Heureux de pouvoir consoler son vénérable ami, le cardinal accepta l’office de médiateur aux conditions proposées. Il s’empressa même de communiquer la bonne nouvelle au cardinal préfet de la congrégation. « Le principal motif, disait-il, qui l'avait porté à prendre en main cette cause, c’était d’obtenir aux pères napolitains le recouvrement des facultés absolument nécessaires pour tirer les pécheurs de l’ablme où ils sont plongés. » En même temps, Tannoia mit au courant de cette négociation le pro-secrétaire Zuccari, avec qui il était particulièrement lié, et lui fit part de ses espérances relativement à la réforme du règlement. « Des personnages influents, disait-il, remuent ciel et terre pour convertir les ministres à cette idée. Le marquis de Sambuca parait favorable. Seulement il faut un peu de patience; ce qu’on n’obtient pas aujourd’hui, on l’obtiendra demain. Je vous prie donc instamment de nous accorder le bénéfice du temps, et d’insister près (le la sacrée congrégation pour qu’elle ajourne toute décision ultérieure. »
Mais il était à craindre que, loin de temporiser, François de Paule et Leggio ne poussassent les cardinaux à brusquer le jugement définitif. Sous cette impression, Tannoia fit un nouvel appel à la conscience du président ; « La démission des consulteurs a