‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 2Chapitre 154 sur 222 · Lettre du 28 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du 28 octobre

LE SOLITAIRE DE NOCERA

coupé le nœud gordien, lui écrivit-il. La question des serments est en bonne voie, et cependant tous nos projets échoueront si vous ne nous secondez pas. Venez donc au plus vite à, Nocera, et ordonnez à Leggio de cesser toute action à Rome. Nos pères comptent sur votre parole et ne se défendent plus. Profiter contre eux de leur inaction serait une véritable trahison. » Alphonse ajoutait ses instances à celles de Tannoia : « Venez me trouver, disait-il. Si l’argent vous manque, empruntez-en à mon compte. Votre présence ici est absolument nécessaire pour arranger les choses ex æqtio et bono . Si réellement vous avez l'intention de maintenir l’unité de la congrégation, venez au plus vite. J’espère qu’à moins d’impossibilité absolue, vous ne manquerez pas au rendez-vous que je vous donne, car il s’agit de l’existence même de l’institut *. »

Au lieu de se rendre à Nocera, François de Paule, insensible aux supplications du saint fondateur, alla rejoindre à Rome le père Leggio pour hâter la décision des cardinaux. Il fallait donc agir avec promptitude sur le pape et la sacrée congrégation si Ton voulait éviter une nouvelle surprise. Malgré sa faiblesse et sa douleur, Alphonse composa un long rapport sur la question, qu’il fit apostiller et expédier au souverain pontife par le cardinal Banditi.

« Cette lettre m’a coûté trois jours de travail, écrit-il au père Cajone. Je fais commencer une neuvaine par toute la communauté pour demander à Dieu que mes observations produisent une impression favorable. Je demanderai aussi aux pauvres clarisses de Naples de prier à cette intention. Unissez-vous à notre neuvaine, caria prière seule peut nous sauver. »

Dans ce rapport, dont nous ne pouvons donner qu’une courte analyse, le saint explique au pape quelle a été sa position vis-à-vis du pouvoir civil depuis la fondation de l’institut. Si l’on a toujours observé la régie à l’intérieur, jamais le roi n’a voulu ni la tolérer ni l’approuver. De tout temps on a vécu sous un règlement royal qui proscrivait les vœux, les acquisitions, les rentes, les supérieurs locaux, le noviciat et le studendat. Benoit XIV et Clément XIII ont en vain insisté auprès du roi pour obtenir Xexequatur au bref approbatif de la règle. Cette situation anormale, bien connue des deux pontifes, ne les a pas empêchés de favoriser l’institut. Dans ces dernières années des adversaires acharnés accusèrent le fondateur de violer les édits royaux qui interdisent l’érection de sociétés religieuses non approuvées, ce qui mit la congrégation en danger de

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